Bonne nuit, les petits


 Articles
Le 1er février 2006 |


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

les petits

« 
Bonne nuit et bonne chance » est le dernier film de George Clooney. Un film
sur l’Amérique des années 1950. Un film sur le pouvoir de la télévision,
la liberté et l’engagement. Les images sont en noir et blanc mais montrent
une réalité moins tranchée.

« Certains m’accuseront de cracher dans la soupe. Mais après ma
déclaration, la structure des chaînes de télévision
et de la publicité n’en sera pas bouleversée », déclare
le journaliste Murrow. Début de l’histoire. A gauche, Murrow, journaliste
célèbre de la grande chaîne de télé CBS.
A droite, Mc Carthy qui accuse, en direct devant les caméras de télévision,
des célébrités ou de simples citoyens d’être communistes.
A travers les communistes, ce sont toutes les libertés individuelles
qui sont menacées.

Par ses émissions, Murrow met Mc Carthy KO ! A travers Murrow, c’est
le journalisme de talent et de liberté, le journalisme qui prend parti
qui a gagné. Après cette victoire, la direction de la chaîne
décidera de réduire le temps d’antenne de Murrow. Il comprend
que c’est une manière élégante de le virer. Le système
est sans pitié pour ceux qui crachent dans la soupe. La liberté a
gagné mais pas sans dommage.

Presque tout le film se passe dans les locaux de CBS. Les personnages y sont
comme enfermés. On sent toute l’atmosphère pesante de l’Amérique
des années 1950. De belles images en noir et blanc avec, presque à chaque
plan, les nuages de fumée de cigarette. Pour ces journalistes de l’époque,
la bouffée de tabac semble être une bouffée de vraie liberté devenue
rare

Le film de Clooney va au-delà de l’image d’une société en
noir et blanc. Car le héros Murrow ose s’attaquer à Mc Carthy.
Mais Murrow n’ose pas tout. Murrow présente aussi une autre émission
où il interviewe des célébrités. Une émission « people »,comme
on dit aujourd’hui. Non, Murrow n’ose pas tout et doit choisir. Ainsi, il refusera
d’aider un ami journaliste, Hollenbeck, présentateur vedette de la chaîne
et accusé de communisme. Murrow le protège à CBS. Mais
il ne veut pas faire une émission contre un journaliste qui, dans ses
articles, attaque Hollenbeck et détruit sa vie.

« 
Ou bien la télévision ne sert qu’à amuser, distraire,
tromper, isoler, refusant de nous donner, spectateurs riches et gras, une information
déplaisante. Ou bien, elle fait des émissions sur l’enseignement
aux Etats-Unis ou sur les problèmes du Proche-Orient. Si elle ne fait
pas cela, la télévision n’est qu’une boîte de fils et de
lumières », déclare Murrow à la fin du film. « Bonne
nuit et bonne chance » !

Thierry Verhoeven


La Chasse aux sorcières

C’était il y a un peu plus de 50 ans. C’était le début
de la « guerre froide ». L’Union soviétique, venait d’avoir
la bombe atomique. Les communistes, avec Mao Tse Toung, venaient de faire la
Révolution en Chine. Les Etats-Unis se sentaient menacés à l’extérieur
mais aussi à l’intérieur du pays. Il y avait les bons et les
méchants. Pas seulement dans les westerns et les films de gangsters.
Aussi, dans la société. Les bons ? Les citoyens américains,
blancs de préférence et surtout anti-communistes. Les méchants
 ? Les progressistes et surtout le méchant absolu : le communiste.

Mc Carthy, un sénateur américain inconnu, profite de ce climat
de méfiance et de soupçon soupçon idée négative sur quelqu’un . Il dit avoir une liste de plus de
200 noms de communistes infiltrés dans les ministères américains.
La peur du « rouge » gagne tous les milieux de la société :
dans l’Etat bien sûr, aussi dans les usines, les entreprises, la presse,
le cinéma d’Hollywood, la télévision. Une commission officielle
enquête sur les citoyens américains accusés d’être
ou d’avoir été communistes. Avoir participé à une
manifestation pour la paix, être abonné à un journal, suffit
pour être dénoncé comme espion soviétique. Comme
sénateur, Mc Carthy est intouchable. Il accuse sans preuve. Les accusés
ne peuvent pas se défendre. Des semblants de procès se déroulent
devant les caméras de télévision. Des milliers de simples
citoyens perdent leur emploi, certains se suicident. Des acteurs ne peuvent
plus tourner. Mais Mc Carthy commet l’erreur de s’attaquer à l’armée
américaine, soupçonnant des officiers d’être des communistes.
C’est alors le Sénat qui enquête sur le sénateur. En 1954,
c’est la fin officielle de la « chasse aux sorcières ». C’est
une des périodes les plus noires des Etats-Unis. Rappelons que pendant
cette période, les communistes Julius et Ethel Rosenberg, un couple
américain, ont été condamnés à mort pour
espionnage en faveur de l’Union soviétique. Malgré une protestation
internationale, une intervention du Pape et de la Reine d’Angleterre, ils ont été exécutés
sur la chaise électrique en 1953.

 


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Un message ?


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sondage


Le 14 octobre, ce sont les élections communales. Pour vous, les élections, c’est :

Clôture du précédent sondage "Vous pensez que Mai 68", pour voir l'analyse cliquez ici

Newsletter

Restez informé, inscrivez-vous à notre newsletter, c'est gratuit et utile !

Facebook

L'Essentiel

Editeur responsable

19, Avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique
Joëlle Van Gasse
19, avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique

Rédactrice en chef : Lydia Magnoni
Secrétaire de rédaction : Thierry Verhoeven
L'ESSENTIEL L'information simple comme bonjour
Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs © Tous droits réservés.
Journalessentiel 2018 .
Squelette et Graphisme par Banlieues asbl

L'Essentiel est une production de la FUNOC.


L'Essentiel est réalisé avec l'appui du SAJ, dans le respect des droits d'auteur.


Avec le soutien de