Catastrophe de Hal, de l’émotion et des questions


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Le 19 février 2010 |


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Lundi 15 février, deux trains sont entrés en collision à Buizingen près de Hal. Une collision frontale. Le choc a été terrible. Les trains ont déraillé. Il y a 18 morts et 95 blessés. Cette catastrophe ferroviaire est la plus importante en Belgique depuis celle de Pécrot, en 2001.


Photo : Belga

Les noms de Buizingen et de Hal vont tristement rejoindre dans les mémoires, ceux de Luttre et de Pécrot. Hal-Buizingen, une autre tragédie historique du rail. La Belgique est sous le choc. La catastrophe laisse un pays ému, perturbé et surtout inquiet. Car au-delà de la catastrophe de Hal, on se pose des questions sur la sécurité de notre réseau ferroviaire.

Emu

Tout de suite après la catastrophe de Buizingen, le Roi et les responsables politiques se sont rendus sur place. Jeudi, à midi, on observait une minute de silence dans tous les trains, les gares et les bureaux de la SNCB. On a aussi ouvert des registres de condoléances dans les gares des chefs-lieux de provinces, et les gares de Hal et de Bruxelles-Midi. Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Buizingen en mémoire des victimes de la catastrophe.
Le gouvernement a annoncé une commémoration commémoration Cérémonie officielle pour rappeler un événement, une date importante de l’histoire nationale en hommage hommage geste de respect aux victimes.

Perturbé

Depuis la collision de Buizingen, le trafic des trains a dû être adapté aux circonstances exceptionnelles. Il faut du temps pour dégager les trains accidentés. Des voies sont bloquées. Des équipements sont détruits. Beaucoup de trains sont en retard, supprimés ou remplacés par des bus. Même certains trains internationaux ne circulent pas.

Inquiet

On ne connaît pas encore les causes exactes de la catastrophe de Hal. Une enquête est en cours. On pense à un feu rouge brûlé, mais le machiniste survivant aurait dit que le feu était bien vert.
Même si l’enquête n’est pas finie, on s’aperçoit que les mesures de sécurité des chemins de fer belges laissent à désirer. On se pose pas mal de questions sur la sécurité des trains.
Chaque jour, les chemins de fer belges transportent 700 000 voyageurs. Et ce nombre augmente sans arrêt depuis dix ans. Les moyens financiers qui sont consacrés au rail n’augmentent pas de la même manière.

Une vraie sécurité lente à venir

Lors de la catastrophe de Pécrot, en 2001, on avait mis le doigt sur des points de sécurité à améliorer. Par exemple, la SNCB avait décidé de mettre en place un système de freinage automatique si le train brûlait un feu rouge. Or, neuf ans plus tard, ce système de freinage automatique n’est appliqué que sur très peu de trains. Et tous les trains ne seront équipés de ce système qu’en 2015 au plus tôt.
Le nombre de feux rouges brûlés augmente. Il y a eu 59 feux brûlés en 2001, année du drame de Pécrot, 64 en 2004, 68 en 2007 et 78 en 2008. Et selon le journal La Libre, il y aurait eu entre 70 et 80 feux brûlés en 2009. Pourquoi ?
En Belgique, la sécurité d’un train dépend beaucoup du conducteur du train. Or, beaucoup de jeunes conducteurs ont été recrutés récemment. Ils n’ont pas beaucoup d’expérience. Le conducteur du train de Louvain impliqué dans la catastrophe ferroviaire de Buizingen de lundi avait 31 ans. Il avait sa licence depuis novembre 2008. Et comme si cela ne suffisait pas, récemment, par mesure d’économie, la SNCB a décidé de raccourcir la formation des conducteurs de trains : de 15 mois, elle passe à 12 mois.
Il y a aussi les cadences de plus en plus lourdes imposées aux conducteurs.
On parle d’une commission d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur les causes et les responsabilités de cette catastrophe. Et de vérifier si tout a été fait pour la sécurité sur le réseau ferroviaire. Mais tous les partis ne sont pas d’accord. En tout cas, le 22 février, les 3 patrons actuels de la SNCB devront s’expliquer devant la commission infrastructure de la Chambre.

Lydia Magnoni

 

Info
Un numéro gratuit d’aide aux victimes est accessible 24h/24h : 0800/87410

La SNCB a aussi ouvert un numéro de téléphone pour les victimes : 02/528 28 60. Elle invite les victimes à se faire connaître à ce numéro pour demander à être indemnisées.

 


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