Crise de succession


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Le 1er mars 2005 | |  1 messages


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de succession


Le peuple togolais a résisté à la prise de pouvoir de Faure Gnassingbé - Photo : Belga

Au lendemain de la mort du président togolais, c’est son fils qui
a pris le relais à la tête du pays. Cette prise de pouvoir est fort
peu démocratique. La Constitution prévoit l’organisation
d’élections pour désigner le nouveau président. Cette
succession n’a pas laissé sans réaction les pays africains
et la communauté internationale. Le président autoproclamé a
d’ailleurs été obligé de faire marche arrière.

Il était le doyen des
chefs d’Etats africains. Le président
du Togo, Etienne Gnassingbé Eyadema, est décédé début
février d’une crise cardiaque à l’âge de 69
ans. Il avait régné pendant 38 ans sur son pays. C’est
un coup d’Etat qui l’avait mené à la tête du
Togo. Des élections très peu démocratiques et une modification
de la Constitution lui ont permis de se maintenir au pouvoir et de diriger
le pays d’une main de fer pendant toutes ces années.

Suite à la mort de Gnassingbé Eyadema, la question de sa succession
s’est posée... très brièvement. En effet, son fils,
Faure Gnassingbé, a très vite pris le pouvoir, sans même
consulter la population togolaise.

Prise de pouvoir contestée

La Constitution togolaise prévoit que lorsque la fonction de président
est libre pour une raison ou une autre, c’est le président de l’assemblée
nationale qui assure l’intérim, le temps d’organiser des élections
dans un délai de 60 jours. Il est donc stipulé que c’est
au peuple togolais lui-même de choisir son président via un scrutin
démocratique. Mais voilà qu’au lendemain de la mort d’Etienne
Gnassingbé Eyadema, les événements se sont déroulés
tout autrement.

L’entourage du défunt président, et surtout les députés
de son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RTP), se sont empressés
de modifier la Constitution. Toute révision de la Constitution est pourtant
interdite en période d’intérim. Le président de l’assemblée
nationale a été mis à la porte. En fait la Constitution
togolaise a été changée pour que Faure Gnassingbé puisse
achever le mandat de son père sans organiser d’élections.
Ces élections avaient pourtant été promises pour mars ou
avril 2005 par Etienne Gnassingbé Eyadema lui-même.

Marche arrière

Alors que le pouvoir togolais pensait jouer ce tour de passe-passe sans trop
de difficultés, il en a été tout autrement. L’ensemble
de la communauté internationale, à commencer par l’Union
africaine (UA), a haussé le ton. Le peuple togolais a lui aussi manifesté son
mécontentement. Le nouvel homme fort du pouvoir a alors été obligé de
faire marche arrière : il a démissionné de son poste de
président autoproclamé du Togo. Après la désignation
d’un nouveau président de l’assemblée nationale pour
se charger de l’interim à la tête du pays, l’organisation
de l’élection présidentielle s’est mise en place. Une élection à laquelle
Faure Gnassingbé est candidat pour son parti et celui de son père,
le Rassemblement du peuple togolais.

Faure Gnassinghé a souligné qu’il souhaitait « vivement
que la communauté ouest-africaine et la communauté internationale
soient à nos côtés pour garantir l’organisation d’élections
libres, transparentes et honnêtes ». Reste à voir si après
ces belles paroles, le Togo marchera sur la voie de la démocratie. Une
démocratie que le peuple togolais attend de pied ferme.

Céline Teret


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