Crise financière et émeutes de la faim


 Articles
Le 14 avril 2008 | |  7 messages


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Réunis en fin de semaine dernière à Washington, capitale des Etats-Unis, les ministres de l’économie et des finances des pays les plus industrialisés et le Fonds monétaire international ont examiné la crise financière mondiale et la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation. Cette analyse n’est évidemment pas très réjouissante. A cause de la crise, la croissance économique croissance économique augmentation de la richesse économique ralentit, les prix augmentent et le pouvoir d’achat de beaucoup de gens diminue fortement. De plus, le problème de la faim s’aggrave dans beaucoup de pays du monde.


Photo : Belga

La crise financière mondiale de ces derniers mois inquiète les ministres des pays les plus industrialisés. La crise financière est partie, l’été dernier, des Etats-Unis. C’était la fameuse crise des « subprime », ces crédits hypothécaires à risque. En quelques mois, cette crise financière a eu des conséquences dans le monde entier. La semaine dernière, le Fonds monétaire international a évalué le coût de cette crise à 600 milliards d’euros.

Chose rare, même les grandes banques ont dû reconnaître leurs erreurs. Ainsi, l’Institut de la finance internationale, qui représente plus de 375 des plus grands établissements de crédit du monde, a reconnu que les banques avaient de mauvaises pratiques et n’avaient pas su gérer les risques financiers de certains investissements. Lors de leur réunion, les ministres de l’économie et des finances des 7 pays les plus industrialisés, ont même donné 100 jours aux banques pour qu’elles disent exactement combien elles avaient perdu à cause des crédits des « subprime ». Mais la crise financière n’est pas le seul sujet d’inquiétude. IL y a aussi la hausse de l’énergie et des produits alimentaires.

Emeutes de la faim

Toutes les populations sont touchées par la hausse des prix et particulièrement par la hausse des prix des denrées élémentaires. Chez nous, la perte de pouvoir d’achat frappe évidemment d’abord les plus pauvres. Dans d’autres pays du monde, la situation est plus dramatique encore. Il y a des manifestations, des grèves et même des émeutes dans certains pays. Dans beaucoup de pays d’Asie, les rizières sont surveillées pour éviter les vols. Au Mexique, en Egypte, au Burkina Faso, il y a eu de grandes manifestations.

A Haïti, une manifestation contre la vie chère a dégénéré. Il y a eu plusieurs morts et plusieurs centaines de blessés. Le Premier ministre a dû démissionner. La crise touche durement plusieurs millions de personnes. Et samedi 12 avril, le gouvernement haïtien a fait un plan d’urgence pour faire baisser le prix du riz d’environ 15%. Le riz est l’alimentation de base de beaucoup de Haïtiens. Ce riz est le plus souvent acheté à l’étranger et notamment aux Etats-Unis, pays voisin. Dans des pays comme Haïti, le prix d’un repas de base a parfois doublé en un an. La hausse est très forte parce que le prix du produit mais aussi le prix de son transport ont augmenté. Et comme les paysans haïtiens ont abandonné leurs terres, on produit de moins en moins de riz dans le pays. Haïti, comme beaucoup d’autres pays pauvres, dépend beaucoup de l’importation et de l’aide humanitaire. Suite aux derniers événements, la Banque mondiale va donner une aide de 10 millions de dollars pour faire face à la crise alimentaire en Haïti. Ce qui s’est passé à Haïti est révélateur de ce qui se passe dans le monde. Et le problème n’est pas nouveau.

Un problème grave

En 1996, lors d’un sommet des Nations Unies, les dirigeants des pays du monde constataient que, sur la planète, 800 millions de personnes souffraient de la faim. Ils avaient pris l’engagement de diminuer ce nombre de moitié (400 millions de personnes) d’ici 2015. Il faut bien reconnaître que l’on n’en prend pas le chemin. La FAO, organisation des Nations Unies pour l’alimentation, avait tiré la sonnette d’alarme, il y a plusieurs mois. La FAO s’inquiète parce que les prix des denrées alimentaires augmentent et que l’aide au développement diminue. La situation actuelle est très grave. Il y a plusieurs causes à cette hausse des prix et cette pénurie alimentaire.

Il y a d’abord l’augmentation naturelle de la population mondiale. Il y a donc de plus en plus de gens à nourrir. La population vit aussi de plus en plus dans les villes : de plus en plus de gens désertent les campagnes. Ensuite, avec la hausse des prix du pétrole, le marché des agrocarburants s’est fortement développé. On cultive donc des plantes pour faire du carburant et plus pour nourrir les populations. Et comme les stocks des denrées alimentaires sont faibles, certains spéculent. En période de crise financière, de l’argent placé dans les denrées alimentaires peut rapporter de gros profits à ceux qui ont de l’argent à placer.

Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, a affirmé : "si les prix de l’alimentation continuent à augmenter, les conséquences seront terribles. Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l’environnement économique."

Thierry Verhoeven


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Vos commentaires

  • Anonyme

    Le 15 juin 2008 à 20:50

    Signes de la fin !

    Répondre à ce message

  • Dominique

    Le 15 juin 2008 à 20:17

    Que les gens qui ont le " POUVOIR" de faire baisser les prix jeûnent pendant quelques jours ... peut-être ils rechercheront d’avoir un autre pouvoir ... Le pouvoir de "sauver" les vies ... Mais Faut pas rêver ... ils vont nous laisser aller jusqu’au boutttttttttttttt ...
    RESTER confiant et ayez la Foi,
    et vous MESSIEURS ... un jour vous comprendrez vos erreurs ...

    Répondre à ce message

  • je t aim moi aussi

    Le 19 avril 2008 à 08:16

    Et dire qu il y a des salauds qui se font du fric sur le dos des pauvres !

    Répondre à ce message

  • jacobs micheline

    Le 18 avril 2008 à 08:23

    Il faudrait envoyer tous nos ministres dans les pays les plus affamés ,ils comprendront peut être ce que veut dire la solidarité.
    Mr MR Mouvement Réformateur  Louis Michel parle d un tsunami de la misère !
    C est laisser mourrir des gens avec prémiditations !

    Répondre à ce message

  • Lilith

    Le 17 avril 2008 à 12:39

    Je pense que tu vas un peu loin, Gérald. Quand même, il y a toutes ces études du GIEC qui prouvent que le réchauffement est bien réel. Pour les biocarburants, c’est vrai que quand on change une donnée, cela a des effets sur le reste. Et produire des biocarburants à partir de produits qui pourraient servir à l’alimentation est une solution que l’on a essayée, mais que l’on abandonne... Mais si on n’essaie rien, on n’avance à rien.

    Répondre à ce message

  • Gerald

    Le 16 avril 2008 à 15:11

    Et si le réchauffement climatique était un grOOOOOOOs prétexte... Pour faire admettre un recul général du pouvoir d’achat
    Curieux. Tout le monde accepte maintenant l’idée que l’énergie doit rester chère pour dissuader les gens de trop en consommer. Mais qui exactement va faire de gros efforts pour consommer moins ? Les conducteurs de 4X4 ?
    Ou les conducteurs de vieilles bagnoles pourries qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture verte ???

    Répondre à ce message

  • Polo

    Le 16 avril 2008 à 07:41

    Et puis il y a le réchauffement climatique. L’Europe veut privilégier les biocarburants. Problème : cela risque de faire augmenter le coût des produits alimentaires. J’ai bien peur qu’à cause que la lutte contre le réchauffement climatique fasse augmenter les prix de manière forte à tous les niveaux. Les pays pauvres vont le payer très chers.

    Répondre à ce message

Un message ?


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sondage


Le 14 octobre, ce sont les élections communales. Pour vous, les élections, c’est :

Clôture du précédent sondage "Vous pensez que Mai 68", pour voir l'analyse cliquez ici

Newsletter

Restez informé, inscrivez-vous à notre newsletter, c'est gratuit et utile !

Facebook

L'Essentiel

Editeur responsable

19, Avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique
Joëlle Van Gasse
19, avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique

Rédactrice en chef : Lydia Magnoni
Secrétaire de rédaction : Thierry Verhoeven
L'ESSENTIEL L'information simple comme bonjour
Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs © Tous droits réservés.
Journalessentiel 2018 .
Squelette et Graphisme par Banlieues asbl

L'Essentiel est une production de la FUNOC.


L'Essentiel est réalisé avec l'appui du SAJ, dans le respect des droits d'auteur.


Avec le soutien de