Déchet à la dérive


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Le 1er mars 2006 |


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Triste fin pour le porte-avions français Clemenceau. Mis hors service
depuis 1997, puis désarmé et débarrassé des produits
toxiques qui se trouvaient à son bord, le Clemenceau a été vendu à la
casse à un chantier spécialisé dans ce type de récupération.
L’affaire semblait bien ficelée, mais c’était sans
compter sur la surprise de dernière minute. Selon plusieurs sources, le
Clemenceau contient plus de mille tonnes d’amiante à son bord. Le
gouvernement français a ordonné son retour au port !

Baptisé du nom d’un célèbre homme politique français,
le Clemenceau, ancien fleuron de « la
Royale
 » termine plutôt
mal sa carrière. Mis en service en 1961, cette grosse bête de
33 000 tonnes devait être désossée dans les chantiers de
la baie d’Alang en Inde. Parti du port de Toulon, il faisait route vers
le canal de Suez. Il a d’abord été bloqué par les
autorités égyptiennes. Il y a deux gros problèmes : le
Clemenceau doit-il encore être considéré comme un bâtiment
militaire ou comme un simple déchet destiné à la casse ?
Les autorités françaises ont-elles volontairement caché la
quantité réelle d’amiante que les soutes du navire contenaient ?
Après plusieurs jours de négociation, le navire et son escorte
ont pu reprendre leur route vers les eaux indiennes.

Chercher l’erreur !

Mais le 15 février, après deux ans et demi d’hésitations,
le conseil des ministres français a pris en moins d’une demi-heure
la décision de rapatrier le Clemenceau vers la France. Il faut dire
que quelques jours plus tard, le Président Chirac devait se rendre en
Inde pour un voyage officiel très important. On ne peut pas dire que
l’amiante contenue dans le porte-avion allait aider les relations diplomatiques
avec l’Inde. La preuve. Chirac est rentré de son voyage les poches
remplies de contrats commerciaux concernant Airbus, Dassault Industrie et le
nucléaire civil. Ce n’est tout de même pas quelques tonnes
d’amiante dans un vieux rafiot qui vont mettre à mal l’industrie
française !

Mensonge d’Etat ?

Il y a bel et bien un double discours de la France. Le Conseil
d’Etat
estime que le Clemenceau doit bel et bien être considéré comme
un déchet au sens de la législation européenne. Cela veut
dire qu’il ne peut être exporté vers un pays comme l’Inde
qui n’est pas membre de l’OCDE. D’autre part, le gouvernement
français considère, lui, que le Clemenceau est toujours un navire
de guerre. Donc, il est libre d’en faire ce qu’il veut. Jacques
Chirac a suivi le Conseil d’Etat à la veille de son départ
pour l’Inde. L’obstacle diplomatique est levé. On vire de
bord. Reste encore à savoir, enfin à déterminer, quelle
quantité exacte d’amiante se trouve à bord du navire poubelle.
Selon l’Etat français, le bâtiment contient 45 tonnes d’amiante.
Les experts et les autres spécialistes des chantiers de Saint-Nazaire
parlent de 1250 tonnes ! En tout cas, le Clemenceau a fait demi-tour et va rentrer
dans le port de Brest par le Cap de Bonne Espérance pour éviter
de repasser par le canal de Suez.

Les mauvaises langues disent en blague que ce passage toujours difficile
entre l’Océan indien et l’Atlantique pourrait être une solution
pour se débarrasser définitivement du porte-avion. Il serait
alors perdu corps et biens. Un très haut responsable du gouvernement
français a très sérieusement pensé à couler
le bâtiment en haute mer ! Ben quoi, les Américains le font bien
avec leurs navires encombrants dans le golfe du Mexique !

Capitaine de corvée
Nicolas Simon


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