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Des négociations difficiles pour les otages en Colombie


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Le 10 décembre 2007 |


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Mercredi 5 décembre, Nicolas Sarkozy a lancé un message pour la libération d’Ingrid Betancourt. Ingrid Betancourt est de nationalité française et colombienne. Elle est otage en Colombie depuis février 2002, prisonnière des FARC. Les appels à la libération d’Ingrid Betancourt ont été nombreux et sans effet. Mais l’appel de Nicolas Sarkozy est une démarche forte et difficile. Forte? Oui. Nicolas Sarkozy est président de la République française. Et il s’adresse directement au chef des FARC, Manuel Marulanda. Cela donne de l’importance à son appel. Car ce n’est pas banal qu’un président d’un Etat, la France, s’adresse au chef d’un groupe rebelle d’un autre Etat, la Colombie. Dans son appel, Nicolas Sarkozy dit : «Je forme un rêve : celui de voir Ingrid au milieu des siens pour Noël. M. Marulanda, vous pouvez réaliser ce rêve, vous pouvez sauver cette femme, vous pouvez montrer au monde que les FARC comprennent les impératifs humanitaires. M. Marulanda, vous portez une lourde responsabilité.»

Et Nicolas Sarkozy est même allé assez loin. Il s’est engagé à rechercher «une solution humanitaire pour la libération de tous les autres séquestrés ». Il s’agit des autres otages des FARC. Pour certains observateurs, ces «séquestrés» sont aussi les combattants des FARC, prisonniers de l’Etat colombien. La démarche de Nicolas Sarkozy est donc forte, mais elle est difficile.

Sarkozy, Chavez

Par son message, Nicolas Sarkozy répond à l’appel du gouvernement colombien et des FARC. Le gouvernement colombien a proposé aux FARC de négocier la libération des otages et d’associer la France, donc Nicolas Sarkozy dans la négociation. Les FARC ont, eux aussi, demandé que Nicolas Sarkozy intervienne. Ils ont même parlé du «rôle crucial» du président français. Et vendredi 7 décembre, le président de Colombie, Alvaro Uribe, a accepté "une zone de rencontre en zone rurale" pour négocier avec les FARC. Alvaro Uribe propose un échange : les 45 otages politiques des FARC contre 500 guérilleros emprisonnés par l’Etat colombien. Mais Alvaro Uribe ne parle pas de «zone démilitarisée» comme les FARC le demandent. C’est un peut-être un pas vers la libération des otages et d’Ingrid Betancourt. Mais au vu des événements de ces dernières semaines, c’est un petit pas. Car on parle beaucoup d’Ingrid Betancourt ces dernières semaines. D’abord, il y a Nicolas Sarkozy, président de la République française. Déjà avant son élection à la présidence, Sarkozy avait annoncé qu’il s’investirait beaucoup pour aider à la libération d’Ingrid Betancourt. Ensuite, il y a le président du Venezuela, Hugo Chavez. Hugo Chavez est intervenu auprès des FARC pour négocier la libération d’Ingrid Betancourt. Hugo Chavez a rencontré, fin novembre, Nicolas Sarkozy. Lors de cette rencontre, Hugo Chavez avait annoncé que les FARC donneraient des preuves de vie d’Ingrid Betancourt avant la fin de l’année.

Alvaro Uribe

Le 30 novembre, les preuves de vie sont là: une lettre écrite à sa mère, une vidéo et des photos montrent Ingrid Betancourt, épuisée mais en vie. Les FARC et Hugo Chavez ont tenu leurs promesses. Mais le gouvernement colombien et le président Alvaro Uribe n’ont pas du tout apprécié qu’Hugo Chavez joue le rôle d’intermédiaire. D’ailleurs, c’est l’armée colombienne qui a transmis les preuves de vie d’Ingrid Betancourt. Car l’armée a arrêté les messagers des FARC qui portaient les messages. Immédiatement, le président colombien a exclu Hugo Chavez de tout rôle de négociateur dans la libération des otages. Les FARC n’ont pas aimé que leurs messagers soient arrêtés. Et Hugo Chavez se sent «trahi» par les autorités colombiennes. C’est souvent le reproche que l’on peut faire aux autorités colombiennes et au président Alvaro Uribe. Ils déclarent qu’ils veulent la libération des otages. Mais, dans les faits, ils n’ont pas une position claire ou ils empêchent un accord. A certains moments, Alvaro Uribe annonce qu’il ne fera aucun accord avec les FARC. A d’autres moments, il fait un effort pour négocier. Il reste à espérer que cette fois, on est sur la bonne voie.

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