Elio di Rupo formateur, onze mois après les élections


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Le 20 mai 2011 |


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Onze mois après les élections du 13 juin, le Roi Albert II a pour la première fois désigné un formateur. C’est Elio Di Rupo, président du PS qui a été chargé de former un gouvernement. Est-ce enfin le signe de la fin de la crise ? La promesse d’un gouvernement pour bientôt ? Pas sûr…


Photo : Belga

On le sait, depuis les dernières élections du 13 juin, les partis n’ont pas réussi à trouver un accord pour former un gouvernement fédéral. Mais les négociations   pour trouver un gouvernement sont peut-être arrivées à un tournant important, ce 16 mai.

Depuis le 13 juin, c’est en effet la première fois que le Roi désigne un formateur.

C’est Elio Di Rupo, président du PS, le parti socialiste francophone qui devra donc former un gouvernement. Y parviendra-t-il rapidement ? Quels partis seront invités à entrer au gouvernement ? Autour de quel programme ? La Belgique aura-t-elle bientôt un gouvernement ? Avec un premier Ministre francophone ? On devrait y voir plus clair avant l’été en principe. Mais ce ne sera pas simple. Les points de vue des partis vainqueurs au Nord et au Sud du pays restent très éloignés les uns des autres.

Trouver un accord de gouvernement

Comment le Roi en est-il arrivé à désigner Elio Di Rupo comme formateur ? Petit retour en arrière… Après les élections, le Roi avait désigné un préformateur : Elio di Rupo(PS) ; puis deux médiateurs : André Flahaut (PS) et Danny Pieters (NVA  ), un clarificateur : Bart De Wever (NVA), un conciliateur : Johan Vande Lanotte(SPA), un informateur : Didier Reynders (MR  ) et un négociateur : Wouter Beke(CD&V). Mais c’est la première fois qu’il désigne un formateur.

Ce qui empêche la formation du gouvernement depuis onze mois, ce sont surtout les problèmes communautaires. Pour la NVA, parti gagnant des élections au Nord du pays, la réforme institutionnelle de la Belgique est un préalable. Pour ce parti, pas question de former un gouvernement si cette réforme institutionnelle n’est pas réalisée. Ce point de vue, le PS, parti gagnant des élections au Sud du pays ne le partage pas.

Début mars, le Roi chargeait Wouter Beke, le président du CD&V, le parti socio-chrétien flamand, d’une mission de négociateur. Wouter Beke devait préparer un accord sur la réforme de l’Etat. Il a dialogué avec les présidents des partis démocratiques. Elio Di Rupo, pour le PS au Nord du pays et Bart De Wever pour la N-VA pour voir si un accord communautaire était possible. Il a rédigé un rapport final de 140 pages.

Dans ce rapport, dit Wouter Beke, se trouvent les éléments d’un accord communautaire : un transfert de compétences important aux Régions, une nouvelle loi de financement et la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde sont réalisables.

Wouter Beke a remis son rapport au roi le 12 mai. Le Roi a ensuite rencontré les présidents des 9 partis démocratiques. Il fallait ensuite choisir un formateur.

Bart de Wever de la NVA, qui a gagné en Flandre ou Elio di Rupo qui a gagné en Wallonie ? La majorité des présidents de partis préféraient Elio di Rupo pour sa personnalité et pour son projet. Et c’est Elio di Rupo que le Roi a nommé comme formateur.

Une nouvelle manière de travailler

En juillet 2010, juste après les élections du 13 juin, Elio di Rupo avait été désigné comme préformateur par le Roi. Cette mission n’avait pas abouti. Comment peut-il réussir aujourd’hui ? Le PS au Nord et le NVA au Sud du pays ont toujours des positions bien différentes sur la réforme institutionnelle et sur le programme socio-économique. De plus, Bart de Wever et son parti, la NVA sont irrités de ne pas avoir été tenus au courant de la nomination d’Elio di Rupo. Les journalistes flamands estiment que l’on est encore loin d’un accord de gouvernement. Pour la majorité d’entre eux, Elio Di Rupo devra essayer de « concilier l’inconciliable ». Et puis Di Rupo a dit « non »aux notes de Vande Lanotte et de Beke. Celles-ci étaient pourtant le minimum pour la N-VA".

Elio di Rupo s’est mis au travail. Il rencontrera d’abord les présidents de partis en tête-à-tête. Il veut travailler à deux niveaux : le socio-économique d’un côté, l’institutionnel de l’autre, et pas forcément avec les mêmes personnes.

Après ces rencontres, Elio di Rupo devra proposer un accord de gouvernement. Il tiendra compte des textes déjà réalisés par ceux que le Roi a chargés d’une mission au cours de ces 11 mois de négociations. Cette note devra dessiner une nouvelle Belgique avec des entités fédérées plus autonomes, mais aussi un Etat fédéral cohérent et bien financé. Et elle devra vaincre les réticences au Nord et au Sud du pays.

Lydia Magnoni


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