Entre chagrin et colère


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Le 1er mai 2006 |


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Vive émotion en Belgique. Le 12 avril, un jeune garçon
de 17 ans, Joe Van Holsbeeck a été tué, gare centrale,
en pleine heure de pointe, pour son lecteur MP3. 80 000 personnes ont
manifesté pour
plus de sécurité. Et le Premier Ministre, Guy Verhofstadt a
reçu une pétition de 250 000 signatures.


Photo : Belga

12 avril, 16h30. Dans le hall de la Gare centrale à Bruxelles, Joe
Van Holsbeeck, 17 ans, est assis dans un coin du hall avec un copain. Ils écoutent
de la musique. Chacun porte à l’oreille un écouteur d’un MP3.
Ils attendent une copine qui doit arriver en train. Deux inconnus s’approchent
et leur demandent où se situe la rue Neuve à Bruxelles. Ensuite,
l’un des deux veut leur prendre leur MP3. Ils résistent. Un des
inconnus sort alors un couteau et donne cinq coups de couteau à Joe
Van Holsbeeck. Celui-ci est transporté à l’hôpital Saint
Pierre dans un état grave. Il mourra dans la soirée.

Une grande émotion

Ce meurtre pour un MP3 a bouleversé la Belgique. En fait, il arrive
souvent que des jeunes se fassent racketter, à l’école
ou en rue. Tout de suite après le meurtre de Joe, ses amis de Joe ont
lancé une pétition sur Internet pour réclamer plus de
sécurité ainsi qu’un dialogue avec la jeunesse. « Personne
ne peut disposer de la vie et des rêves d’autrui »
, précise
la pétition. La pétition plaide pour « une plus grande
sécurité dans les endroits publics ainsi que dans les transports
en commun ; pour rétablir un dialogue avec les jeunes délinquants
restant
en marge de notre société ».
Une démarche de
prévention qui veut « lutter pour une société meilleure
pour tous
 ».
Cette pétition, ils l’ont remise, début mai au Premier
ministre Guy Verhofstadt. Elle a récolté plus de 250 000 signatures.
C’est dire si l’émotion est grande dans le pays.Cette émotion,
on avait déjà pu la mesurer le dimanche 23 avril. Ce jour-là,
80 000 personnes avaient défilé en une marche silencieuse aux
côtés des parents du jeune garçon assassiné.

Douze jours de doute et de questions

Il aura fallu douze jours pour que les policiers mettent la main sur les agresseurs
de Joe. Au départ, les enquêteurs recherchaient des agresseurs « nord-africains ».
Les films des caméras de surveillance de la gare montraient deux jeunes
qui ressemblaient à des Nord Africains. Les témoins pensaient,
eux aussi, que les agresseurs étaient Nord Africains. D’où le
risque de réactions racistes. Tout de suite, la mère de Joe Van
Holsbeeck a calmé le jeu. « Ceux qui ont tué mon fils
sont des racailles, mais des racailles, il y en a partout. ».
Finalement,
les enquêteurs ont arrêté, le 23 avril, le complice du meurtrier.
C’est un jeune Polonais de 16 ans. Il habite à Saint-Gilles et fréquente
une école à Anderlecht. Ses parents sont en séjour illégal
en Belgique. Ce jeune a été placé en section fermée
de l’Institution publique de protection de la jeunesse de Braine-le-Château.
La police belge a également arrêté le frère du meurtrier présumé.
Celui-ci aurait aidé son frère à s’enfuir en Pologne.
Quelques jours plus tard, la police polonaise a arrêté le meurtrier
présumé, Adam G, un jeune de dix-sept ans. On saura le 31 mai
s’il sera extradé, comme la Belgique le demande.

Des conséquences

Les Belges réclament aujourd’hui plus de sécurité.
Mais le problème de l’insécurité est très
complexe. Elle a des raisons multiples : sociales, économiques, éducatives,
politiques et culturelles. Il faut donc réfléchir à une
réponse globale. Guy Verhofstadt a convoqué une « table
ronde » intergouvernementale sur le sujet. On ne trouvera des réponses
efficaces à l’insécurité qu’en se donnant le temps d’en étudier
toutes les causes. Les mesures qui seront prises pour essayer d’y faire face
ne seront jamais assez efficaces. Elles seront toujours incomplètes.
Et aucun homme politique responsable ne pourra jamais garantir une société sans
violence.

Lydia Magnoni


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