Garde d’enfants par titres-services ?


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Le 10 mars 2008 | |  3 messages


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8 mars ? Journée de la femme. A cette occasion, les pouvoirs publics, les associations dénoncent les violences et les inégalités dont les femmes sont victimes. Il y a des injustices criantes. Il y a aussi, au quotidien, des contraintes qui empêchent l’égalité homme-femme. Par exemple, la garde de l’enfant qui, pour une raison ou une autre, ne peut pas aller à l’école. Souvent, dans nos sociétés, c’est la femme qui assume. Difficile alors de mener de front une formation ou un travail et une vie de mère. En Belgique, il y a des services extra scolaires de gardes d’enfant. Mais beaucoup reste à faire pour répondre aux demandes. Certains responsables politiques pensent que les titres-services pourraient aider à trouver une solution. Mais cette solution fait réagir plusieurs associations de femmes.

Titres-services

Les titre-services ont un grand succès. Pour nettoyer les vitres, pour porter des encombrants au parc à containers, pour un peu de couture, beaucoup de particuliers font appel aux titres-services. Le principal avantage pour les utilisateurs ? Le prix ! 6,70 euros de l’heure. Et on peut déduire 30% de ce coût des impôts. Et tout le monde paie le même prix, quelque soit le revenu du ménage. Au moment des discussions sur le budget 2008, les ministres avaient parlé d’utiliser les titres-services pour des gardes d’enfants extra scolaires. De telles gardes existent déjà : des gardiennes à domicile, des crèches ou des garderies. Le problème, c’est qu’il n’y en a pas assez pour répondre à toutes les demandes. D’où l’idée d’ouvrir la garde d’enfants aux titres-services. Plusieurs associations avaient réagi contre cette idée. L’idée d’utiliser les titres-services pour garder les enfants semblait abandonnée.

Mais le 27 février, Josly Piette, Ministre de l’Emploi et du Travail, annonce dans La Libre Belgique :"qu’une expérience serait menée pendant un an pour voir si le système des titres-services ne pouvait pas être élargi à la garde d’enfants à domicile entre 16 et 19 heures et le mercredi après-midi."

Vie Féminine a fortement réagi. Pour Vie Féminine, ouvrir les dispositifs de garde d’enfants aux titres-services n’est pas une bonne idée pour plusieurs raisons.

Une inégalité financière 

Le coût des titres-services n’est pas proportionnel aux revenus des parents. Alors que dans le secteur de garde d’enfants, subventionné par les pouvoirs publics, les parents paient selon leur revenu. En plus, la diminution d’impôts prévue pour les utilisateurs des titres-services favorise les personnes qui paient des impôts donc qui ont déjà un certain revenu.

Un certain « amateurisme » 

Les travailleurs en titres-services ne sont pas soumis aux mêmes exigences de qualification que les services professionnels. Le travail en titres-services est souvent vu, par les travailleurs eux-mêmes, comme une expérience et une étape vers un meilleur contrat de travail. Les travailleurs en titres-services ne restent donc pas dans ce statut. Or, pour une garde d’enfants de qualité, il faut un service continu et des professionnels qualifiés.

Une marchandisation

Ouvrir la garde d’enfants aux titres-services, c’est aussi faire de la politique d’accueil de la petite enfance, une marchandise. Pour Vie Féminine : « Elargir les titres-services à la garde des enfants, c’est mépriser non seulement les enfants mais aussi l’ensemble des structures d’accueil qui s’efforcent, avec des moyens trop souvent insuffisants, de garantir un travail de qualité, contrôlé de manière stricte par l’ONE. »

Cette affaire de titres-services pour la garde d’enfants montre bien qu’il n’y a pas assez de services pour accueillir les enfants en dehors de l’école. Pour Vie Féminine, les titres-services ne sont pas la solution. Ce qu’il faut, dit l’association, c’est une véritable politique d’accueil des enfants. Cela doit être une priorité du futur gouvernement.


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Vos commentaires

  • lilou4

    Le 12 novembre 2012 à 18:38

    Moi je suis pour car quand on habite dans un petit village il est clairement impossible de trouver une creche ou une acceuillante agrée par l one pour tenir nos bambins dès 5h30 du matin et c est carrément honteux et oui on a pas tous des horaires de 8h a 16h alors ils n ont qu a se bouger plutot que d empecher ce genre de service qui nous rendrait la vie bien plus simple pour aller travailler. alors ca me fait bondir le fait que les prix soit fixé en fonction du revenus 600 euros par mois pour tenir mon fils desolée je n ai pas les moyens leurs calculs sont mal fait aussi je suis loin d etre aisée financierement

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  • BARRIAT

    Le 2 octobre 2010 à 22:27

    MOI JE PENSE QUE CELA EST TRES BIEN QUAND T ON VIENT D AVOIR UN ENFANT ON N EST PAS DES PROFESSIONELLE N ONT PLUS JE PENSE QU IL FAUT TOUS SIMPLEMENT AIMER CEUX CI POUR FAIRE CELA ET PUIS DANS LES SERVICE DE LA PETITE ENFANCE IL A BIEN EU DES PROBLEME AUSSI GENRE UN GARDIENNE DE CRECHE QUI TAPE UN B2B2 AU MUR DONC VOILA ET C EST DU TRAVAILLE EN PLUS

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  • jacobs micheline

    Le 13 avril 2008 à 11:40

    Les enfants ne sont pas des marchandises !
    Encore une manière pour combler les manques avec des solutions bradées
    On brade le travail des femmes ,les services d aide à la jeunesse ,à la petite enfance et également celle de nos âgés .
    STOP !il y a portant urgence mais on se voilà la face ,un jour il faudra payer !
    Ce ne sera plus avec de l argent mais avec de la souffrance et des larmes et cela n a pas de prix !

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