L’Algérie contre le terrorisme


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Le 10 septembre 2007 |


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Encore une fois, l’Algérie a été frappée par deux attentats terroristes. Le premier attentat a touché le cortège d’Abdelaziz Bouteflika, le président de la République, en visite à Batna. Deux jours plus tard, un deuxième attentat touchait une caserne de garde-côtes à Dellys. Le bilan est lourd. Ce dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les principales villes d’Algérie. Contre les attentats et en soutien au président Bouteflika…


Photo : Belga

Jeudi 6 septembre, un attentat-suicide a fait 22 morts et plus de 100 blessés à Batna. Cet attentat visait le cortège du président Abdelaziz Bouteflika. Le président algérien faisait depuis plusieurs jours une tournée dans l’Est du pays. Un des buts de cette tournée était de faire taire les rumeurs alarmistes au sujet de son état de santé. Jeudi, le président Bouteflika était attendu à Batna, une ville à 400 km d’Alger.

Une foule attendait l’arrivée du chef de l’Etat, habitué à serrer les mains des gens qui viennent le saluer lors de ses déplacements. Selon des témoins, un homme de 30-35 ans avait attiré l’attention sur lui parce qu’il était très nerveux. Plusieurs personnes ont alerté les services de sécurité. Et le suspect a jeté sa bombe, cachée dans un sac en plastique, au milieu de la foule rassemblée dans le centre de la ville, au niveau de la mosquée Al-Atik. Puis, il est parti en courant. On ne sait pas s’il a été tué dans l’attentat ou s’il a pu s’enfuir.

Après Batna, Dellys

Deux jours plus tard, le samedi 8 septembre, une caserne de garde-côtes a été attaquée à Dellys, une ville située sur la côte méditerranéenne algérienne. Cette fois, c’est un attentat à la voiture piégée. Cet attentat-suicide a fait au moins 28 morts et plus d’une soixantaine de blessés. Les victimes sont principalement des marins.

Après ces attentats, l’Algérie est en état d’alerte. Les policiers auraient empêché d’autres attentats. Ils auraient arrêté deux hommes soupçonnés de préparer des attentats à Médéa, une ville au sud d’Alger. Les policiers auraient également arrêté un islamiste   armé, en Kabylie.

Les attentats de Batna et de Dellys ont été revendiqués par le GSPC, l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Le GSPC est la branche d’Al-Qaida, l’organisation d’Oussama Ben Laden, au Maghreb. Le salafisme est un mouvement sunnite  . Il réclame un retour à l’islam des origines. Selon Mohamed Sifaoui, un journaliste algérien auteur de "Combattre le terrorisme islamiste" (éditions Grasset), Al-Qaida est parvenu à rassembler plusieurs mouvements salafistes violents du Maghreb. Cette nouvelle branche d’Al Qaida vise en priorité les régimes en place au Maghreb. Mais elle risque aussi de commettre des attentats en Europe.

Suite d’attentats

Ce n’est pas le premier attentat en Algérie. On se rappelle le triple attentat qui avait touché, le 11 avril, le palais du gouvernement et un commissariat de la banlieue   d’Alger. Ces attaques à la voiture piégée avaient fait au moins 30 morts et plus de 200 blessés. De nombreux attentats kamikazes   ont eu lieu en Algérie depuis le 11 avril. Le 11 juillet, une caserne de l’armée à Lakhadaria avait été attaquée par un kamikaze   à bord d’un véhicule frigorifique piégé. L’attaque avait fait 10 morts et 35 blessés parmi les militaires.

Les autorités algériennes ont durci le ton contre les islamistes armés depuis quelques mois. Le ministre de l’intérieur   algérien a déclaré, vendredi, que les islamistes armés n’avaient plus qu’une alternative : "se rendre ou mourir".

Le président Bouteflika a parlé en direct à la télévision. Il a dénoncé les "criminels qui tentent de saborder le processus de paix et de réconciliation nationale". Le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé que le terrorisme islamiste était "en déclin" en Algérie. Et que les auteurs d’attentats "n’ont pas réussi, depuis dix-sept ans, et ne réussiront jamais dans leur besogne désespérée de frapper la stabilité du pays".

Pour le processus de réconciliation nationale

Les autorités algériennes sont soutenues par une large partie de la population. Dimanche, à l’appel de plusieurs partis politiques et de syndicats, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées, dans plusieurs grandes villes du pays. Ils voulaient dénoncer le terrorisme et réaffirmer l’unité du pays. Leurs mots d’ordre : "Non au terrorisme, halte à l’instabilité, ne touche pas à mon Algérie".

Nicolas Simon


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