L’argent du pétrole d’abord pour le peuple


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Le 1er juin 2006 |


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peuple


Evo Morales, Président de la Bolivie - Photo : Belga

Le président Evo Morales a donc tenu sa promesse électorale.
Il a nationalisé les secteurs du gaz et du
pétrole
pour lutter contre la pauvreté de son pays. Cela fait peur aux compagnies
internationales.

Le 1er mai, le président bolivien, Evo Morales, a nationalisé le
secteur des hydrocarbures de son pays. Evo Morales a été élu
président de ce pays d’Amérique latine il y a quelques
mois, grâce à un programme très social. Ainsi lors de la
campagne électorale, il avait promis de nationaliser le gaz et le pétrole.
Promesse tenue. L’armée bolivienne a même occupé un
moment les lieux de production et les bureaux des entreprises. Les compagnies
pétrolières multinationales ont donc compris qu’il n’était
pas question de s’opposer à la nationalisation.

Ce n’est
pas un hasard si Morales a décidé de nationaliser
le pétrole et le gaz. La Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique
latine. Sept Boliviens sur dix vivent dans une grande pauvreté. Et parmi
les pauvres, il y a beaucoup d’Indiens. Evo Morales a un programme très
social et, en plus, il est d’origine indienne. Pourtant, la Bolivie a
beaucoup de gaz et de pétrole. Mais ce sont des entreprises multinationales
qui exploitent ce secteur et qui font du profit. Avant la nationalisation,
l’Etat bolivien ne touchait que la moitié des revenus des hydrocarbures.
Avec la nationalisation, la part de l’Etat monte à 82%.

« Le pillage par des compagnies étrangères est terminé »,
a dit le président bolivien. Il a expliqué que son but n’était
pas de s’opposer aux multinationales et au reste du monde. Il a déclaré qu’il
voulait utiliser cet argent pour lutter contre la pauvreté et créer
de l’emploi.
Les multinationales doivent donc maintenant remettre leur production à une
société d’Etat, qui doit la commercialiser. Si une entreprise
refuse le nouveau système, elle a 6 mois pour quitter le pays.

Entrer dans l’OPEP

Les compagnies multinationales, mais aussi beaucoup de pays et la Commission
européenne ont critiqué la décision de la Bolivie. Le
président de la Commission européenne a dit qu’il avait
espéré qu’il y aurait d’abord des discussions. Dans
un premier temps, le président Morales avait affirmé que les
compagnies étrangères ne seraient indemnisées que si elle
n’avaient pas encore récupéré l’argent de
leurs investissements. Un peu après, mis sous la pression internationale,
il a assuré qu’aucune entreprise ne serait spoliée.
Le Brésil, énorme pays voisin, par exemple, avait très
peur. La Bolivie est son principal fournisseur de gaz. Finalement, les deux
pays se sont mis d’accord pour négocier des prix « qui
bénéficient au Brésil comme à la Bolivie ».
Un peu après, à la mi-mai, il y avait à Vienne le quatrième
sommet entre l’Europe et l’Amérique latine. Là, tous
les pays européens ont mis Morales sous pression pour qu’il négocie
ou même pour qu’il revienne sur sa décision . C’est
là que le président bolivien a assuré la sécurité juridique
des compagnies. Il a aussi annoncé que son pays veut entrer dans l’OPEP.

Grande peur

La décision de nationaliser le secteur des hydrocarbures, fait peur
aux multinationales et aux autres pays. D’autres pays producteurs pourraient
faire la même chose que la Bolivie. En plus, Morales n’est pas
le premier en Amérique latine. Le Venezuela, gros producteur de pétrole,
avait déjà nationalisé le secteur. Et le président
vénézuélien, Chavez, n’avait pas hésité a
saisir les puits de pétrole de deux compagnies qui s’y opposaient :
Total, société française et ENI, société italienne.
Beaucoup ont donc peur que les nationalisations s’étendent. Cela
priverait les compagnies multinationales d’une partie importante de leurs énormes
revenus. Mais ce risque pour les compagnies est en réalité assez
limité. En effet, peu d’Etats dans le monde sont assez indépendants
pour prendre des décisions aussi fortes dans un secteur aussi important
que le pétrole.

Marc Vandermeir


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