L’eau de vie


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Le 1er avril 2006 |


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Photo : Flémal

Pas de vie sans eau. Les êtres vivants peuvent se nourrir de très
peu mais ils ne peuvent pas se passer d’un strict minimum de liquide contenant
de l’eau essentielle à la vie. Or l’eau potable devient de
plus en plus rare au fil du temps. A Mexico, s’est tenu le 4e forum mondial
de l’eau. La manifestation est organisée sous la tutelle du Conseil
mondial de l’eau qui a son siège à Marseille. Le bilan
est sec.

Peu importe l’endroit où nous habitons, nous dépendons tous
de l’eau. Ici, en Occident Occident les pays à l’Ouest , nous tournons le robinet, l’eau coule à flot
et nous trouvons cela tout à fait normal. Nous lavons les voitures, remplissons
piscines et baignoires sans trop nous poser de questions sur l’origine
du précieux liquide. Qui n’a pas un jour râlé pour
une coupure d’eau momentanée suite à une réparation
sur le réseau de distribution ?

Certains sont plus égaux que d’autres !

En 1950, on évaluait les réserves d’eau de la planète à 16
800 m3 par habitant. En 2000 elles passaient à 7 000 m3. On estime qu’elles
seront de 4 800 m3 en 2025. Le forum de Mexico, qui réunit techniciens,
experts, entreprises, et organisations non gouvernementales, tire des conclusions
alarmantes et publie des chiffres tout aussi alarmants. Ainsi, en Amérique
latine, en Afrique et en Asie, plus d’un milliard de personnes ne disposent
pas d’une eau saine. Les points d’approvisionnement sont le plus
souvent loin de chez eux. De plus, deux tiers de ces populations vivent dans
les bidonvilles des mégalopoles qui s’étendent sans arrêt.
2,6 milliards de personnes ne disposent pas d’une évacuation des
eaux usées. Chaque année, huit millions d’êtres humains
meurent ainsi à cause des problèmes liés à la consommation
d’eau souillée. Mexico accueillait l’organisation du 4e Forum
de l’eau. La situation de Mexico illustre bien le problème de l’inégalité face à l’eau.
Cette mégalopole compte 21 millions d’habitants soit un tiers de
la population de la France. A Mexico, l’eau coûte plus ou plus moins
11 centimes d’euro. Mais seuls les plus riches payent l’eau 11 centimes
d’euro le m3. Les plus pauvres, eux, n’ont pas accès à un
réseau de distribution. Ils sont donc obligés d’acheter des
bidons d’eau de 20 litres. Ces bidons coûtent un minimum de 50 centimes
d’euro. Soit 2, 5 euro le m3. Et 20 litres d’eau pour préparer
la nourriture et se laver, ce n’est vraiment pas beaucoup.

L’eau, premier facteur de développement


Photo : Flémal

Parce qu’ils doivent aller chercher l’eau potable bien loin, les
femmes et enfants qui sont chargés de cette tâche tâche un certain type de travail n’ont souvent
pas accès à l’éducation et au développement.
Les Nations Unies voudraient multiplier par deux l’accès et l’assainissement
de l’eau potable d’ici 2015. Vaste projet ! En effet, le problème
de l’eau est surtout un manque d’infrastructures. Il faut créer
des réseaux d’adduction et de distribution. Et aussi des installations
pour l’assainissement.

Sans eau, aucune activité humaine n’est possible. On sait qu’il
fait de l’eau pour boire, préparer la nourriture, se laver. Mais
on sait moins qu’il faut aussi 10 litres d’eau pour produire un litre
d’essence, 30 litres pour un litre de bière, 300 litres pour un
kilo de pâte à papier ou de laine, 1 500 litres pour produire un
kilo de blé, 4.500 pour un kilo de riz et, 100 000 litres d’eau
pour un kilo d’aluminium. L’usage domestique, c’est-à-dire
l’eau utilisée par vous et moi, ne représente que 6% de la
consommation d’eau douce. La part de l’industrie est de 21% pour
et celle de l’agriculture, de 73%…

En bref, l’eau, que l’on appelle l’or bleu doit être
une préoccupation majeure dans les années à venir. Il faut
répartir l’eau de manière plus juste et développer
l’accès à l’eau. Les organisations internationales
doivent prendre leurs responsabilités et ne pas se contenter de déclarations
de bonnes intentions. Pour que demain, on puisse encore se voir dans l’eau
dans laquelle on se lave !

Nicolas Simon


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