Mittal attaque Arcelor


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Le 1er mars 2006 |


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Lakshmi est la troisième fortune de la planète - Photo : Belga

Le 27 janvier dernier, Mittal Steel lançait une OPA sur Arcelor. Le premier
groupe sidérurgique mondial veut acheter Arcelor, le numéro deux
du secteur, pour 18,6 milliards d’euros. Arcelor réagit. Le bras
de fer devrait durer plusieurs mois.

Lakshmi Mittal, roi de l’acier, est la troisième fortune de la
planète. Il contrôle Mittal Steel, le premier producteur d’acier
au monde. Le 27 janvier, Mittal annonce qu’il veut acheter Arcelor, le
numéro deux du secteur. Il propose 28,21 euros par action d’Arcelor.
Soit 18,6 milliards d’euros au total. Un prix intéressant : ceux
qui possèdent des titres Arcelor pourraient faire un bénéfice
de 27% (par rapport au cours du jour de l’annonce de l’OPA). De
quoi en faire saliver plus d’un. De quoi aussi alarmer Arcelor, que l’on
voudrait marier de force. Arcelor est né en 2002 de la fusion d’Arbed,
d’Usinor et d’Aceralia. Son président, le Luxembourgeois
Guy Dollé (deuxième actionnaire avec 4% du capital capital ensemble des moyens financiers des entreprises et des actionnaires ) repousse
l’offre. Ses raisons ? Les deux groupes ont des visions industrielles
et des cultures tout à fait différentes. Arcelor fabrique des
produits de grande qualité, à haute valeur ajoutée. Mittal
Steel fait davantage dans le bas de gamme. Ce secteur est beaucoup plus sensible à une
guerre des prix. Arcelor s’appauvrirait si elle était absorbée
par Mittal Steel.

La Wallonie veut des garanties sociales

Le principal actionnaire, l’Etat luxembourgeois (5,6% du capital) est
d’accord avec le président d’Arcelor : Mittal, c’est
non. Les Espagnols d’Aristrain (3,5% du capital) sont du même avis.
La Région Wallonne (2,4% du capital) se montre, elle, plus réservée.
Mais elle exige, par la voix de son président Elio di Rupo, que les
industriels respectent leurs engagements vis-à-vis des syndicats et
maintiennent l’activité. Arcelor occupe 13 000 personnes en Belgique.
Les syndicats, justement, font corps avec leurs patrons actuels. Ils voient
d’un très mauvais l’œil l’arrivée de Mittal
Steel. Sa réputation en matière sociale n’est pas très
bonne. Mittal a annoncé, début 2005, que ses travailleurs passeraient
de 150 000 à 110 000 avant 2010. Les syndicats ont leur mot à dire.
Les salariés d’Arcelor sont le cinquième actionnaire de
référence. Ils possèdent 2% du capital.

L’affaire devient très politique avec le cri d’alarme lancé par
le gouvernement français. Le premier ministre Dominique de Villepin
en appelle, une nouvelle fois, au « patriotisme économique ».
Lakshmi Mittal est de nationalité indienne. Il habite au Royaume-Uni
et sa société est basée à Rotterdam. Appelée
au secours d’Arcelor, la Commission européenne remet les pendules à l’heure.
Elle vérifiera que les règles de concurrence concurrence compétition entre entreprises pour être le plus rentable et gagner des marchés sont respectées.
Et c’est tout. Inutile de défendre un quelconque protectionnisme.
C’est le marché qui décidera.

Le profit comme arbitre

Arcelor est fragile. La famille Mittal a plus de 85% de l’entreprise
Mittal Steel. Arcelor a un capital extrêmement dispersé. Cela
la rend fragile face à une OPA. En effet, les actionnaires qui sont
opposés à l’OPA de Mittal ont moins de 20% des actions.
Le reste est aux mains de nombreux actionnaires. Pour ceux-là, seul
le profit qu’ils pourront tirer de leurs placements est important. Mais
attention, l’offre de Mittal, ce n’est pas du cash à 100%.
Loin de là. Le groupe anglo-néerlandais a annoncé, le
jour de son OPA, qu’il ne débourserait pas plus de 4,7 milliards
en cash. Les 13,9 milliards restants seront couverts par l’échange
avec des titres Mittal. Autrement dit, Mittal offrira quatre de ses actions
et 35,25 euros en cash contre cinq actions Arcelor. Echanger de l’Arcelor
contre du Mittal, c’est donc faire un pari sur les futurs bénéfices
de Mittal.

Une bataille qui ne fait que commencer

C’est sur ce terrain que porte réellement la bataille. Mittal
et Arcelor essaient de démontrer que c’est leur projet industriel
qui est le meilleur et le plus rentable. Pour Arcelor, il s’agit essentiellement
de faire monter le cours de son action pour décourager Mittal. Si Mittal
doit débourser trop d’argent, Arcelor espère que Mittal
renoncera. Mi-février, les résultats annuels des deux groupes
ont été publiés. Cela a plutôt joué en faveur
d’Arcelor. En effet le groupe basé au Luxembourg a augmenté son
bénéfice net de 66% en 2005. Le bénéfice de Mittal
a, quant à lui, baissé de 28,4%. Une première victoire
d’Arcelor dans une longue bataille qui ne fait que commencer.


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