Non, nee, no, niet…


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Le 1er juin 2005 | |  1 messages


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Oui à la Constitution européenne, disaient les dirigeants politiques
européens, de France et des Pays-Bas, les présentateurs de télé et
beaucoup de personnalités. Non à la Constitution européenne,
ont dit les peuples français et néerlandais. Est-ce la fin de la
Constitution européenne ? Sans doute. Est-ce la mort de l’Union européenne ?
Non, ne dramatisons pas et essayons de traduire ce non.


Photo : Belga

« La langue de l’Europe, c’est la traduction », a dit
un écrivain. Comme il a raison. L’Union européenne, c’est
25 pays. C’est aussi 20 langues officielles. Mais il n’y a pas
que le problème des langues : français, anglais, italien, lituanien
ou maltais... Il y a aussi le langage politique. Celui-là est encore
plus compliqué. On peut parler la même langue et ne pas comprendre
le langage politique. Il en va ainsi du non français à la Constitution
européenne. Comment le traduire ? Comment le rendre compréhensible ?

Acte 1

En France, le Président Chirac avait organisé un référendum sur la Constitution européenne. Il a dit au peuple de voter oui. Tout
un monde était d’accord avec lui. Les grandes chaînes de
télévision, les présentateurs vedette ont fait campagne
pour le oui. Même les animateurs de la « Ferme des célébrités » sur
TF1 ont fait une allusion à leur vote oui, à la veille du référendum référendum consultation des citoyens qui doivent répondre par « oui » ou par « non » à une question posée par l’Etat .
De grands dirigeants de gauche et de droite ont fait campagne ensemble pour
le oui. François Hollande, premier dirigeant socialiste et Nicolas Sarkhozy,
premier dirigeant de la droite, ont posé ensemble en couverture de Paris
Match. Bref, les télés, les grands journaux, beaucoup d’hommes
politiques étaient pour le oui.

Mais il y avait un monde du non. Le monde du non, comme le monde du oui,
rassemblait des dirigeants de gauche et de droite : l’extrême gauche et l’extrême
droite étaient pour le non pour des raisons très différentes.
Laurent Fabius, grand dirigeant socialiste, était pour le non. A droite,
des hommes politiques qui veulent que la France garde son pouvoir étaient
pour le non. Le monde du oui se moquait du monde du non. Ils disaient à celles
et ceux du non : « vous n’avez rien compris, vous êtes des
imbéciles, vous n’avez pas lu la constitution européenne ».
Ou encore : « si vous êtes pour le non, c’est que vous avez
peur des étrangers, des autres pays européens. Vous ne pensez
qu’à vous. ». Malgré la grande campagne politique
et médiatique pour le oui, les sondages d’opinion donnaient le
plus souvent le non gagnant.

Acte 2

Et c’est le non qui a gagné. Le 29 mai, plus de 7 électeurs
français sur 10 ont voté. Et ils ont voté à presque
56% non. Le peuple français a osé dire non à sa classe
dirigeante et à la Constitution européenne. « Mais quel
peuple ? », disent ceux qui étaient pour le oui : les racistes d’extrême
droite, les illuminés d’extrême gauche et ceux qui n’ont
rien compris ? Le peuple, tout simplement, pourrait-on répondre. Dans
les grandes villes, c’est plutôt le oui qui a gagné. A Paris,
66% des électeurs ont voté oui. Mais le centre de Paris, ce sont
plutôt les beaux quartiers. Par contre, 70% de la classe ouvrière
a voté non comme beaucoup de jeunes et de paysans. Les raisons du non,
au fond ? La Constitution était trop compliquée. Elle mélangeait
textes sur le commerce et textes sur le fonctionnement politique de l’Union
européenne. Et surtout, la Constitution n’était pas assez
sociale, a dit le peuple de gauche.

Acte 3

Le non marque le divorce entre le peuple et la classe dirigeante française.
Le non français marque aussi sans doute la fin de la Constitution européenne.
En plus, le 1er juin, les citoyens des Pays-Bas ont, eux aussi, massivement
voté non. Et, eux aussi, contre l’avis de beaucoup de dirigeants
politiques. Le non français a réussi au moins une chose : imposer
le débat politique européen en France et dans toute l’Union
européenne. Mais ce débat risque de mettre fin à la Constitution
européenne. La fin de la constitution européenne, est-ce aussi
la fin de l’Union européenne ? Non, nee, niet, no,.... !

Thierry Verhoeven


Les oui

Sur les 25 pays de l’Union européenne, 10 pays ont dit oui et
2 pays ont dit non. En Belgique, tous les parlements (fédéral,
communautaires et régionaux) doivent voter pour le traité (la
Chambre et le Sénat ont déjà dit oui). Le non de la France
et le non des Pays-Bas font douter de l’avenir du traité constitutionnel.
Depuis le 1er juin, beaucoup d’Etats hésitent à demander
l’avis de leur population ou même de leurs parlementaires sur un
texte considéré comme « mort et enterré ».

Les non

La France et les Pays-Bas par référendum.

Les pays
qui ont déjà dit oui

Neuf pays par vote parlementaire : Lituanie, Hongrie, Slovénie, Italie,
Grèce, Slovaquie, Autriche, Allemagne , Lettonie.

Un pays par référendum : Espagne.

Ceux qui doivent encore
dire oui ou non

Par vote parlementaire : Estonie et Chypre (en juin) ; Malte en juillet ; Suède
en décembre ; Finlande fin 2005-début 2006. Et la Belgique, bien
entendu.

Par référendum : Luxembourg, le 10 juillet ; Danemark, le 27 septembre ;
Portugal en octobre ; Irlande début 2006 ; le Royaume-Uni, la Pologne
et la République tchèque.


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Vos commentaires

  • Van den Eynde Henri

    Le 17 juin 2005 à 00:22

    Ce débat est tronqué de l’essentiel.
    Ce qui différencie les oui et les non de gauche, c’est la possibilité ou non de modifier la constitution une fois signée, mais tous sont pour garder, reconquérir ou développer des avantages sociaux. Autrement dit, ils veulent développer leur pouvoir d’achat pour pouvoir consommer comme ceux de droite. Ils ne sortent donc pas de la logique consumeriste néo-libérale qui nous mène dans le mur par destruction de la nature et exploitation du Tiers-Monde.
    Rares ont été ceux qui ont eu le courage d’avancer l’argument écologique de la sauvegarde du patrimoine naturel et de l’entente des peuples. Argument à lui seul suffisant pour remettre en cause le système néolibéral qui est suicidaire.
    Certains parlent de "développement durable", mais ce sont là deux termes contradictoires. Il n’existe pas de développement à l’infini. Tout développement doit inévitablement trouver ses limites et nous sommes tout près de les atteindre.
    L’obstacle à cette réflexion est qu’elle porte sur le moyen ou long terme alors que les hommes, et surtout les politiques, ne réfléchissent qu’à court terme. Après nous, les mouches !
    Malheureusement, dans une Europe majoritairement de droite, il n’est pas sûr que la gauche (consumériste) puisse s’imposer... a fortiori ceux qui voient plus loin.
    Nous voguons dans l’utopie que peut-être seule la nature imposera à l’homme. Espérons que guerres, famines et épidémies réduiront le nombre de ces superprédateurs et feront faire un bond qualitatif de leur Conscience afin de rétablir une harmonie perdue.

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