Un président ou une présidente pour l’Europe ?


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Le 27 mai 2008 | |  1 messages


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Pour l’instant, qui représente l’Union européenne ? Pas facile de répondre à cette question. L’Union européenne, ce sont des députés européens, des chefs d’Etat et de gouvernement, une Commission européenne. Tous les membres de ces institutions représentent les 27 pays membres. Et l’Union européenne…

Mais un nouveau Traité est sur les rails. C’est le Traité de Lisbonne. Il changera un peu les choses. Tous les parlements nationaux n’ont pas encore ratifié le traité et les Irlandais doivent le voter en juin par référendum. Mais ce traité est en bonne voie. Il devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2009.

Avec le Traité de Lisbonne, 2 postes importants pour l’Union européenne vont être créés : un président du Conseil de l’Union et un Haut représentant pour les Affaires étrangères (sorte de ministre des Affaires étrangères). Ces 2 postes viendront s’ajouter à celui de Président de la Commission européenne. Et c’est un événement. Depuis ses débuts en 1957, l’Europe communautaire n’a jamais créé des postes de dirigeants si importants. Ces dirigeants incarneront l’Europe pour les citoyens européens et pour le monde. Qui occupera ces postes ? Il y aura sans doute des batailles politiques et des heures de négociations  . On cite déjà des noms : l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Danois Anders Fogh Rasmussen ? Ces hommes politiques de talent ont fait leurs preuves.

Des hommes ? Et pourquoi pas des femmes pour représenter l’Europe au plus haut niveau ? L’Union européenne ne fait-elle pas de l’égalité homme-femme une valeur fondamentale ?

Une femme, Margot Wallström, lance le débat. Margot Wallström est vice-présidente de la Commission européenne. Avant d’être commissaire européen, elle a été plusieurs fois ministre dans le gouvernement de son pays, la Suède. La semaine dernière, Margot Wallström a donné son opinion dans plusieurs journaux européens. Notamment dans le quotidien belge Le Soir et dans le journal français Le Monde. Une opinion, sans langue de bois et qui ne manque pas d’humour. C’est pourquoi nous reproduisons ici la carte blanche parue dans Le Soir de Madame la Commissaire.

Pourquoi trois hommes pour l’Europe ?
par Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne

Pourquoi les trois personnalités qui s’installeront autour du Rond-Point Schumann, à la tête de la Commission européenne, du Conseil de l’Union ainsi qu’au poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères et qui pourront légitimement prétendre à incarner l’Europe sur la scène internationale, devraient-elles nécessairement être « trois hommes », comme l’a trop souvent écrit la presse européenne ces temps-ci ? Seule femme parmi les vice-présidents de la Commission européenne, cet éternel raccourci de l’esprit, n’en finit plus de me heurter.« Trois hommes » : c’est loin d’être une simple image. Réminiscence inconsciente des rois mages, cela nous rappelle aussi un grand succès du cinéma français d’il y a une vingtaine d’années… Mais l’Europe n’est pas un couffin. Elle mérite bien mieux que cela !J’en veux pour preuve qu’ils courent, ils courent, tels des furets, les noms des candidats, déclarés ou non, à ces postes prestigieux. Et chacun, d’analyser chances et handicaps respectifs de ces prétendants, certes tous différents (expérience, appartenance politique, nationalité, grand pays, petit pays, Sud, Nord, est, ouest, zone euro ou pas) mais tous masculins.
Angela Merkel, Emma Bonino, Mary Robinson, Tarja Halonen, Dora Bakoyiannis et bien d’autres femmes ont, en Europe, tout autant de qualités et d’expérience que les heureux nominés candidats. Elles apportent, partout où elles s’engagent, des attitudes et des expériences qui enrichissent considérablement les débats et les agendas politiques.Les femmes représentent cinquante pour cent de la population de l’Union. Pourtant, année après année, les photos officielles des rencontres gouvernementales comportent toujours autant de cravates.L’explication est simple. Elle n’a rien à voir avec des supposés défauts d’ambition, d’intérêt ou d’aptitudes de la part des femmes.
Elle est pour une large part le résultat d’une habitude prise par les hommes. Les hommes choisissent des hommes. Un mauvais pli qui s’autoperpétue en quelque sorte.
C’est pourquoi je voudrais appeler les femmes européennes et les organisations de femmes à réagir.
Ces trois postes, qui sont d’ailleurs au nombre de quatre si on y ajoute le Président du Parlement européen, cumulent également la difficulté supplémentaire de relever de modes d’investitures plus proches de la cooptation que de l’élection.
Il nous appartient de lancer dans l’arène des noms de candidates féminines. Aucun homme ne le fera spontanément pour nous. La question n’est pas de savoir si ces femmes feraient mieux que ceux dont les noms circulent aujourd’hui.
Elles feront certainement aussi bien, mais surtout elles feraient différemment.
C’est une question de démocratie et de représentativité. Une question que le pays hôte des institutions européennes, la Belgique, connaît bien.
J’ose espérer que bientôt, la place des femmes à la tête de l’Union sera à l’agenda de tous ceux qui s’intéressent à l’Union et à son avenir.
Les élections européennes ont lieu dans un an. Il est temps de se mobiliser !


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Vos commentaires

  • Jean-Marie

    Le 29 mai 2008 à 11:50

    Ces femmes vont décidément tout nous prendre. Maintenant, voilà qu’elles s’attaquent à la présidence de l’Europe. Elles vont faire de nous des pauvres choses soumises... Des choses tout juste bonnes à les admirer et à tenir la maison propre...
    Comme elles, il n’y a pas si longtemps...
    Enfin si c’est ça qu’elles veulent...

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