27 migrants noyés dans la Manche


 Articles |  Le fil de l’année 2021 >  Le fil de l’année >  Articles  Fuir à tout prix >  Cahiers Le 7 décembre 2021 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Céline Teret
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Mariam, Khazal, Hasti, Mubin, Hadia... Une trentaine de personnes avaient fui leur pays dans l'espoir d’une vie meilleure. En novembre dernier, elles ont embarqué sur un canot. Elles ont tenté de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni. Leur bateau a chaviré. 27 de ces personnes sont mortes noyées.

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Elle s’appelait Mariam Nouri Hamadameen. Cette étudiante de 24 ans vivait dans le nord de l’Irak, au Kurdistan irakien. Elle rêvait d’une vie meilleure et voulait rejoindre son fiancé parti au Royaume-Uni. Mariam avait obtenu un visa pour l’Italie, mais pas pour le Royaume-Uni. Depuis l’Italie, elle est passée par l’Allemagne pour rejoindre le nord de la France. Elle a ensuite payé un passeur pour traverser la Manche, ce bras de mer séparant la France et le Royaume-Uni.

Elle s’appelait Khazal Ahmad. Elle avait 45 ans et trois enfants, Hasti, 7 ans, Mubin, 16 ans, et Hadia, 22 ans. Ils avaient fui le Kurdistan irakien pour une vie meilleure. « Comme nous tous, ils avaient des rêves. Mubin souhaitait devenir coiffeur. Hadia avait étudié le dessin et voulait devenir professeure d’art », explique un photojournaliste afghan qui les a rencontrés dans un camp de réfugié à Dunkerque, au nord de la France. Khazal voulait aller au Royaume-Uni. Son mari devait les rejoindre là-bas plus tard. Par l’intermédiaire d’un passeur, la maman et ses trois enfants ont embarqué sur un canot qui devait les mener de l’autre côté de la Manche.

Un rêve commun

Mariam, Khazal, Hasti, Mubin, Hadia et 22 autres personnes ont perdu la vie dans la nuit du 23 novembre 2021. Tous étaient à bord d’un canot gonflable, qui s’est échoué dans la Manche. Une trentaine de personnes avaient embarqué, près de Calais en France, pour rejoindre les côtes britanniques. 27 personnes ont péri, noyées, dans les eaux mouvementées et glaciales. Des hommes et des femmes, âgées entre 19 et 46 ans et un adolescent et une fillette. Seuls 2 hommes ont survécu, un Kurde irakien et un Somalien.

Ces personnes avaient fui leur pays. La plupart étaient Kurdes, provenant de la région du Kurdistan irakien et iranien. Les autres venaient d’Éthiopie, de Somalie, d’Afghanistan, d’Égypte ou encore du Vietnam. Des « migrants »... Derrière cette façon de nommer les personnes qui quittent leur pays pour en rejoindre un autre, il y a des êtres humains, des hommes, des femmes, des enfants, comme vous et moi, comme nos parents, nos enfants, nos amis... Derrière ce mot « migrants », il y a des êtres humains qui ont un rêve commun : rejoindre le Royaume-Uni. Là, ils auraient retrouvé de la famille, des amis... Là, ils voulaient trouver un travail, poursuivre des études, être soignés... Là, ils aspiraient à construire un avenir meilleur.

Circonstances floues

Les circonstances du naufrage restent floues. Selon les témoignages des rescapés et des familles des victimes, une personne anglophone à bord du canot aurait téléphoné aux secours français et britanniques quand le canot a commencé à prendre l’eau et à couler. Mais ni les Français ni les Britanniques ne sont venus les aider. Les corps des victimes ont été retrouvés le lendemain par un pêcheur près des côtes françaises.
Utopia 56, une association française d’aide aux exilés, a porté plainte. Elle dénonce les négligences des services de secours en mer français et britanniques.

Responsabilité des passeurs... et des états !

Suite à ce drame humain, la tension est montée entre les Chefs d’Etat britannique et français. Chacun s’est rejeté la faute. Une réunion européenne s’est également tenue afin de renforcer la lutte contre les réseaux de passeurs. Les passeurs profitent en effet de la détresse des personnes exilées. Ils leur font payer cher une traversée très dangereuse, dans des canots pas du tout adaptés.
De nombreuses associations rappellent cependant que si les migrants se tournent vers des réseaux illégaux de passeurs, c’est parce qu’il n’existe pas de voies sûres et légales de migration. Les États et l’Union européenne sont donc aussi responsables de cette situation. Les frontières maritimes et terrestres sont de plus en plus sécurisées et militarisées. Face à des frontières renforcées, les personnes en exil doivent prendre des risques inimaginables. Des risques qui, parfois, leur coûtent la vie...
Pourtant, les pays européens ont signé la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’article 13 de cette déclaration dit : « Toute personne a le droit de quitter tout pays »


Auteur : Céline Teret
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Vos commentaires

  • italo

    Le 10 janvier à 07:03

    J’entends toujours depuis des années des réfugiés qui meurent pour venir en Europe. Je ne comprends pas qu’on ne sache pas mettre fin à cela. Il faudrait accepter plus de gens et essayer d’améliorer la situation dans les pays d’Afrique et d’ailleurs. Mais j’ai l’impression qu’on s’occupe de ces pays seulement pour faire la guerre ou envoyer des armes pas pour les aider vraiment.

    Italo

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