Alors, pas politique le sport ?


 Articles |  Trop pleine, la Coupe ? >  Cahiers Le 12 décembre 2022 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven
Auteur : Thierry Verhoeven

Le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Il ne faut pas politiser le sport. » A partir de cette phrase, on peut philosopher sans fin. Mais Macron a dit cette phrase à propos des débats sur la Coupe du monde au Qatar. Et on se dit : « Ne pas politiser le sport ? En tout cas, cette Coupe montre bien que le sport est politique. »


« Il ne faut pas politiser le sport » a dit Emmanuel Marcon, président de la France. Cette phrase, on peut en discuter et philosopher à n’en plus finir si l’on ne tient pas compte des réalités ici et maintenant. Car Emmanuel Macron sort cette phrase à propos de la Coupe du monde de football au Qatar. Or, l’histoire de la Coupe du monde est depuis longtemps liée aux questions politiques. Et celle du Qatar plus peut-être que les autres. Commençons par des exemples concrets, sur le terrain.

Iraniens solidaires

Avant de jouer contre l’Angleterre, les joueurs iraniens n’ont pas chanté l’hymne national d’Iran. Ce qui ne se fait pas dans une Coupe du monde. Ils ont fait cela pour montrer leur solidarité avec les femmes iraniennes qui manifestent pour leurs droits et plus de démocratie en Iran et qui ont lancé un mouvement d’opposition au pouvoir. Ces joueurs et leur famille risquent d’être inquiétés par ce pouvoir iranien.
Les joueurs iraniens ont politisé le sport et ils ont bien fait. Des joueurs d’autres équipes nationales devaient aussi politiser le sport en portant un brassard One love pour montrer leur désaccord avec les discriminations discriminations faire des discriminations, c’est traiter différemment (et plus mal) une personne ou un groupe par rapport aux autres personnes ou au reste de la collectivité. qui frappent les femmes et les homosexuels et homosexuelles. Devant les menaces de la Fédération internationale de football, les joueurs ont renoncé à le porter. Ils ont aussi politisé le sport, mais dans le mauvais sens.

Coupe politique

Car qu’on le veuille ou non, jouer la Coupe du monde au Qatar, c’est accepter aussi d’être accueilli par un pays qui ne respecte ni les droits humains ni les droits sociaux des individus, ni l’environnement. C’est accepter aussi d’être accueilli par un pays qui fonctionne par la corruption. La Coupe du monde au Qatar est politique. Les victoires sont aussi politiques. Voyons les victoires du Maroc, par exemple.

Peuples fraternels

On en parle peu dans les médias occidentaux Occidentaux Etats-Unis(+Canada) et les pays d’Europe de l’Ouest , mais les victoires de l’équipe du Maroc sont très politiques. Les peuples des pays arabes et africains manifestent leur enthousiasme pour cette équipe. Dans le journal en ligne Mediapart, Raouf Farrah, chercheur algérien en géopolitique dit : « Ces peuples partagent un héritage historique, celui de la colonisation, et un héritage culturel qui les unit. Ils sont animés par un sentiment du “nous” qui, plus qu’une solidarité, est une fraternité. »

Avec la Palestine

Cette fraternité se marque aussi avec le peuple palestinien. Rappelons que l’Etat d’Israël occupe une partie de la Palestine ; les Palestiniens luttent pour leurs droits et leur liberté. Interrogé par Mediapart, le journaliste algérien Akram Belkaïd remarque que : « C’est à ma connaissance la première fois que dans une grande compétition internationale, il y a autant de drapeaux, de keffiehs, de références à la Palestine. » Et dans le même journal, Khadija Mohsen-Finan, enseignante à l’université de Paris-Sorbonne déclare : « Les joueurs et supporters marocains participent à une solidarité entre peuples qui relève d’une forme de panarabisme panarabisme mouvement pour unir les peuples de langue et de civilisation arabes nouveau qui se tient à l’écart des dirigeants. »

Une bonne politique

Comme le dit Raouf Farrah : « Les citoyens ne veulent pas tomber dans le piège de la division (entre les peuples) et savent qu’elle ne servira que les intérêts des régimes au pouvoir. » Et malgré tout ça, il ne faudrait pas politiser le sport comme dit Emmanuel Macron. Soyons juste avec Macron, il termine sa déclaration en disant : « Pour des athlètes de tous pays, c’est une façon de trouver par le sport des manières de discuter là où des gens n’arrivent plus à se parler. » La fraternité, c’est aussi une manière pour les peuples de se parler. Et c’est quand même une vraie et bonne politique.


Auteur : Thierry Verhoeven

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