Une fois par an, ce n’est pas assez


 Articles
Le 1er septembre 2004 | |  1 messages


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Chaque
année, partout dans le monde, on célèbre, le 8 septembre,
la journée de lutte contre l’analphabétisme. En Belgique
francophone, c’est une occasion, pour des organismes de formation comme
Lire et Ecrire, de rappeler leur action et l’importance de celle-ci.

D’après l’Unesco, 862 millions d’adultes
de plus de 15 ans dans le monde ne savent ni lire ni écrire. Ils ne sont
pas capables de lire ni d’écrire en le comprenant un texte simple
en rapport avec leur vie quotidienne. Ces adultes analphabètes sont 20%
de la population adulte mondiale. Soit un adulte sur 5.

Les plus mal
lotis
sont les femmes et les habitants du Tiers-monde. 2/3 des analphabètes
sont des femmes. Et 2/3 des adultes analphabètes vivent aujourd’hui
en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et en Asie du Sud et de l’Ouest.

Mais l’illettrisme
dépasse de loin ces régions. En Belgique, en 2004, 10% des adultes
ne savent ni lire ni écrire. Soit un adulte sur 10 !

Une prise de conscience politique

L’analphabétisme, dans des pays riches comme la Belgique a quelque
chose d’incompréhensible. En effet, on a du mal à se rendre
comment, dans des pays riches, où la scolarité est obligatoire,
il peut encore exister des adultes analphabètes. Le problème a
donc été longtemps mal connu, ignoré ou minimisé.
Les responsables politiques n’en avaient souvent que très peu conscience.
Mais depuis une vingtaine d’années, les choses ont changé
peu à peu. Et, dans les déclarations politiques des nouveaux gouvernements
wallon, bruxellois et communautaire, l’alphabétisation est une
“priorité incontournable“.

On y promet de “développer un vaste plan pluriannuel de lutte
contre l’analphabétisme“, dans le cadre de l’accord
de coopération conclu entre la Communauté, la Région wallonne,
la Région de Bruxelles-Capitale et la Commission communautaire française.
Avec la collaboration “de tous les acteurs susceptibles d’y contribuer“.
On peut se réjouir que les politiques d’alphabétisation
se développent dans notre pays, Mais l’analphabétisme est
un phénomène mondial. Il faudra donc y trouver des réponses
dans chaque coin de la planète et particulièrement au Sud. La
coopération
au développement
doit soutenir des programmes éducatifs et
culturels.

Un vaste plan pour l’alphabétisation

Ce qui est grave, c’est que les personnes analphabètes sont privées
du droit élémentaire à une éducation de base. Ce
droit a pourtant été reconnu, il y a 50 ans, dans la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme. Lutter pour le droit à l’alphabétisation,
c’est se battre pour le droit de tous à participer à la
vie sociale, économique, culturelle et politique.

Lire et Ecrire réclame un vaste plan pour l’alphabétisation
en trois points.

Il faut attaquer l’analphabétisme à son origine. L’école
primaire doit permettre à tous les enfants de maîtriser les compétences
de base (lire, écrire, calculer). Pour qu’aucun enfant ne sorte
de l’école sans savoir lire, il faut notamment employer des méthodes
actives, faire une place aux savoirs des familles dans l’école,
former des enseignants, respecter la diversité des enfants...

Il faut aussi développer l’offre de formation. Chaque adulte qui
le souhaite doit pouvoir apprendre à lire près de chez lui. Dès
que la demande existe, une association, une entreprise, une maison de quartier,
ou encore un CPAS CPAS Centre public d’action sociale doit pouvoir “ouvrir “ un cours d’alphabétisation.

Il faut considérer les personnes analphabètes avant tout comme
des citoyens, des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des patients,
des clients... Chaque service public, chaque association, chaque entreprise,
doit prendre conscience que son interlocuteur ne sait peut-être pas lire
ou écrire. Et adapter son comportement à cette situation.

Lydia Magnoni


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Vos commentaires

  • bananecosmik

    Le 21 février 2005 à 17:34

    cet article est très bien réalisé à l’exeption que vous ne parler absolument pas de l’illtrisme chez les enfants.
    Personnellement je pense qu’on se rende compte de l’importance de l’analphabetisme chez les jeunes car le monde sera entre leurs mains un jour où l’autre.
    Merci
    Bananecosmik.

    Répondre à ce message

Un message ?


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sondage


Selon vous, les grèves et les manifestations syndicales sont :

Clôture du précédent sondage "Pour vous, accueillir des réfugiés, c’est avant tout :", pour voir l'analyse cliquez ici

Newsletter

Restez informé, inscrivez-vous à notre newsletter, c'est gratuit et utile !

Facebook

L'Essentiel

Editeur responsable

19, Avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique
Joëlle Van Gasse
19, avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique

Rédactrice en chef : Lydia Magnoni
Secrétaire de rédaction : Thierry Verhoeven
L'ESSENTIEL L'information simple comme bonjour
Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs © Tous droits réservés.
Journalessentiel 2018 .
Squelette et Graphisme par Banlieues asbl

L'Essentiel est une production de la FUNOC.


L'Essentiel est réalisé avec l'appui du SAJ, dans le respect des droits d'auteur.


Avec le soutien de