De la couleur sur les murs

Lydia Magnoni

 Cahiers  Allez, culture pour tous !
Le 23 novembre 2014 |  Lydia Magnoni

Entre mai et octobre, des musiciens, des danseurs, des sculpteurs et des grapheurs ont pris possession du centre-ville de Charleroi. C’était le projet Asphalte, biennale   d’arts urbains  . Les oeuvres de ces artistes sont toujours là. Vous pouvez les découvrir un peu partout dans la ville.


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Le centre de la ville de Charleroi est en pleine transformation depuis un moment : il y a des travaux partout : des maisons détruites et des rues éventrées. Pas très gai… Mais récemment, on a vu apparaître des collages, des fresques, des œuvres sur des bâtiments rénovés, ou sur des façades qui seront bientôt détruites. Car le B.P.S.22, un espace de création contemporaine de la Province   de Hainaut, a demandé à des artistes du monde entier de venir « se lâcher » dans le centre-ville en plein changement.

L’art urbain   c’est quoi ?

L’art urbain est apparu dans les années 1960. Des artistes refusent alors le système habituel des expositions. Ils s’expriment dans la rue. Ils se manifestent dans la rue par des graffiti, des pochoirs, des affiches collées, de la danse, de la musique. Ainsi, le mouvement hip hop né dans les années 70 à New York, dans le Bronx. Le hip hop parle des espoirs des plus pauvres qui veulent se faire entendre. Les artistes hip hop s’expriment par le break dance, le rap, le DJing et…. le graffiti. Le graffiti, c’est d’abord un tag   : une lettre, un mot, une phrase. Et finalement, on arrive à de vrais tableaux et fresques murales. Les artistes emploient de nouveaux produits (des aérosols colorés, des feutres indélébiles). Ils emploient de nouvelles techniques : la mosaïque, l’affiche, le pochoir ou encore l’autocollant. Ils créent aussi sur toutes sortes de supports. En Europe, le graffiti apparaît début des années 80. Le « mouvement Street Art   » est lancé et n’est plus vraiment lié à la culture hip hop. Aujourd’hui, le Street Art est moins lié à des revendications. Il est plus un jeu de l’artiste avec la ville, un clin d’œil qui s’adresse à ses habitants, et… à tout le monde.

L’art urbain à Charleroi

A Charleroi, le B.P.S.22 a fait appel à des artistes d’art urbain du Nord ou du Sud de l’Europe, de Belgique et même de New York. Beaucoup de ces artistes sont considérés comme des maîtres du Street Art dans le monde. Parmi ces artistes, il y a notamment Invader, Todd James, Sixe Paredes, Poch, Steve Powers, Boris Tellegen, Parra, Escif , Sozyone Gonzalez, Maya Hayuk, HuskMitNavn, Hell’O Monsters. Il y a aussi des artistes locaux Sara Conti & Laurent Lacotte, le Collectif ARTURBAIN, Vill3 et This Land.
Une réalisation particulièrement réussie ? Le graffiti géant « Bisous, m’chou » que l’on peut voir sur la façade de Charleroi Expo, depuis le ring ou la rue de l’Ancre. Steve Powers a imaginé et créé cette fresque   murale. Son but ? Montrer un trait de caractère positif des habitants. Ici, c’est montrer que les Carolos   sont accueillants et ouverts. Steve Powers fait un portrait intime de la population sur les murs. Et l’architecture en devient plus humaine. Ce tableau peut devenir une sorte de blason pour les habitants de Charleroi.

Le guide du visiteur reste d’actualité puisque les oeuvres sont toujours là. Vous pouvez le trouver à la Maison du Tourisme, Place Charles II ou sur simple demande. Plus d’infos : +32 71 27 29 71

Vous pouvez aussi le télécharger ici

En savoir plus sur le projet Asphalte en visionnant un documentaire

En savoir plus sur le projet Asphalte en visitant le site

En savoir plus sur les intervenants du volet Art Urbain du projet Asphalte

Une organisation de Asphalte ASBL avec le soutien de la Ville de Charleroi et de son Centre Public d’Action Sociale, la Fédération Wallonie- Bruxelles, la Région wallonne, la Province de Hainaut, B4C-Business For Charleroi, la RTBF, et la Loterie Nationale.

Visite guidée

Il y a quelque temps, deux animateurs du BPS22 ont guidé des participants de la FUNOC dans le centre de Charleroi, de la ville basse à la ville haute. Ils sont partis à la découverte de ces fresques, ces graffitis, ces collages, ces peintures qui s’adressent à tous les citoyens. Les animateurs ont dévoilé les différents codes des graffeurs   et des collagistes. Ils leur ont aussi montré les signes que les graffeurs laissent pour être reconnus.
Les visiteurs ont ainsi posé les yeux sur des endroits ou des coins de ville, secrets ou peu connus. Ils ont mesuré le fossé entre les œuvres d’art urbain et les graffiti qui abîment parfois les murs et les mobiliers de la ville. Ils ont été touchés par les oeuvres des graffeurs, épatés par leur travail très soigné, leur technique, leur expérience…

Ils ont été surpris, parfois choqués par ces œuvres. Car ces œuvres nous invitent aussi à réfléchir. Comme l’écrit Escif, un des artistes : « Je conçois la peinture comme un exercice de réflexion qui peut être partagé avec les autres. Je ne cherche pas à faire de la peinture décorative, j’essaie de réveiller la pensée du public. »

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