Bruxelles et la Belgique sous tension

Lydia Magnoni

 Cahiers  Attentats : la tension, et l’attente
Le 26 novembre 2015 |  Lydia Magnoni

Depuis le 21 novembre, la Belgique est au niveau 3 d’alerte terroriste. Et la région de Bruxelles est au niveau 4. Des policiers et des militaires partout dans les rues. Et en plus, tout ou presque était fermé les 21, 22 et 23 novembre : métro, écoles, crèches, musées… Pas de fêtes, pas de concerts. Bruxelles était ville morte. On n’avait jamais vu ça.


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Après les attentats de vendredi 13 novembre à Paris, les policiers ont mené l’enquête. Ils ont identifié plusieurs des auteurs présumés. Beaucoup de ces personnes avaient un lien avec Belgique.

Pourquoi la Belgique est-elle en alerte ?

Plusieurs pistes suivies par les enquêteurs mènent vers la Belgique et plus particulièrement vers une commune de Bruxelles : Molenbeek-Saint-Jean.
La police recherche toujours Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir joué un rôle important dans les attentats de Paris. On sait qu’après les attentats, il a été déposé à Bruxelles.
Les enquêteurs craignent que lui ou d’autres djihadistes   du même réseau commettent des attentats sur le sol belge.

D’après leurs informations, la menace terroriste est sérieuse et imminente. Bruxelles est particulièrement visé. Selon leurs informations, les commerces, les transports publics et les lieux où les personnes se rassemblent sont des cibles possibles. Le gouvernement fédéral et le gouvernement de la région de Bruxelles ont même décidé de fermer beaucoup de bâtiments et d’interdire beaucoup d’activités le week-end des 21 et 22 et le lundi 23 novembre : crèches, écoles, métro, musées, marchés, fêtes, etc. En Wallonie, les grandes activités, comme les grands marchés, ont été supprimées dimanche.
Depuis le début de l’alerte, les enquêteurs ont arrêté plusieurs personnes en Belgique. Mais la plupart de ces personnes ont ensuite été relâchées.

Et ça sert vraiment à quelque chose ?

Beaucoup de personnes se posent des questions sur l’utilité de ces mesures de sécurité. Les décisions prises dépendent en effet de beaucoup d’éléments différents. Elles dépendent aussi des responsables politiques qui les prennent. Tous les partis, tous les hommes politiques ne donnent pas les mêmes réponses aux questions de sécurité.
Ce qui complique encore les choses, ce sont les nombreux niveaux de pouvoir en Belgique. Aucune réponse à la menace n’est facile. Par exemple, la population se demanderait pourquoi il n’y a aucune arrestation de terroristes ou aucun attentat déjoué alors que le niveau de menace est à 4 depuis plusieurs jours.

Un exemple : les crèches, les écoles et les universités n’ont été fermées qu’à Bruxelles. L’Université libre de Bruxelles était fermée et à quelques dizaines de kilomètres de là, l’Université catholique de Louvain restait ouverte. Parce qu’elle n’est pas située dans la Région de Bruxelles-Capitale. Beaucoup se sont demandé si l’on s’attendait à ce que les terroristes tiennent compte des frontières régionales.

Et comment va-t-on pouvoir me dire tout à coup qu’il n’y a plus de danger ?

On ne peut jamais évaluer tout à fait un danger. Même si des experts de l’OCAM évaluent régulièrement la situation et avertissent les responsables politiques du niveau de la menace. Pour le moment, le niveau d’alerte est resté le même : niveau 4 à Bruxelles et 3 ailleurs en Belgique. Pourtant, le gouvernement fédéral a décidé de faire rouvrir mardi les écoles, les universités, les crèches et une partie du métro et de les sécuriser avec des policiers et des militaires.
On ferme puis on rouvre alors que le niveau de menace reste le même. Certains disent que nous ne pouvons que faire confiance aux responsables politiques.
D’autres pensent qu’il ne faut pas prendre des décisions trop extrêmes comme on l’a fait le week-end des 21 et 22 et le lundi 23 novembre. Pour eux, faire d’une ville comme Bruxelles, une ville morte, c’est un peu ce que veulent les terroristes, c’est « entrer dans leur jeu ».


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