Déchets nucléaires, le dernier train



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Fin novembre 2011, des milliers de militants anti-nucléaires ont manifesté sur le trajet d’un train de déchets nucléaires traités en France et qui vont être stockés en Allemagne. L’énergie nucléaire produit en effet des déchets qui restent radioactifs pendant des milliers d’années. Ces déchets très dangereux sont traités, protégés. Leur stockage est très sécurisé. Mais est-ce totalement sûr et durable ? A chaque fois qu’il y a un transport de déchets nucléaires, la question fait débat.

Il est arrivé dans le nord de l’Allemagne, le 28 novembre, le dernier train de déchets radioactifs parti de La Hague en France. C’était un fameux convoi. Deux locomotives diesel pour 11 wagons de déchets. Selon l’entreprise Areva, sur les 11 wagons, 301 conteneurs de déchets vitrifiés. Au total, 120 tonnes de bloc de verre emprisonnant environ 17 tonnes de déchets radioactifs. En plus, 3 voitures de voyageurs pour 2 compagnies de policiers. La longueur totale du convoi : 450 mètres. Son poids : 2000 tonnes. Ce sont des déchets nucléaires allemands. Toujours selon Areva, ces 17 tonnes de déchets correspondent au recyclage de 500 tonnes d’uranium qui ont permis d’alimenter 25 millions d’Allemands pendant 1 an. Ils ont été recyclés, traités, en France. Ils sont maintenant en Allemagne pour être stockés dans une ancienne mine de sel. Ce n’est pas le seul convoi du genre.

Convois nucléaires

Les pays qui produisent de l’énergie nucléaire font traiter leurs déchets nucléaires dans des centres spécialisés. La France a une usine de traitement des déchets nucléaires, à la Hague dans la Manche. Il existe une autre usine à Sellafield, en Grande-Bretagne. Ces usines sont les seules en Europe et presque les seules au monde. Depuis 1995, l’Allemagne a un contrat avec Areva, une entreprise française spécialisée dans le traitement des déchets radioactifs. L’Allemagne envoie donc les déchets de ses centrales nucléaires à La Hague. Après traitement, la France renvoie les déchets en Allemagne pour qu’ils soient stockés. Ces transports de déchets radioactifs sont très dangereux. Ils montrent que l’énergie nucléaire n’est pas aussi « propre » que certains le disent. Même si les mesures de sécurité sont impressionnantes, la radioactivité fait peur. Et, à chaque transport, des milliers de militants anti-nucléaires manifestent tout au long du trajet.

Voix anti-nucléaires

C’est encore ce qui s’est passé pour le train parti de la Hague le 23 novembre et arrivé le 28 novembre dans le nord de l’Allemagne. Le train a mis 109 heures pour faire 1 200 kilomètres. Il a donc roulé à une moyenne de 11 km/h. C’est un record de lenteur. Evidemment, un train de déchets radioactifs ne roule pas à la vitesse d’un TGV. Mais le train a été bloqué et ralenti plusieurs fois par des militants anti-nucléaires en France et en Allemagne. Il y a eu quelques violences entre manifestants et policiers. Mais la plupart des nombreuses manifestations ont été pacifiques.

S’il y a eu plus de manifestations que d’habitude, c’est que ce train de déchets radioactifs est plus que les autres un symbole symbole Personne ou chose qui représente bien un sentiment, une idée, qui sert d’exemple . Dans le contrat signé en 1995 entre l’Allemagne et Areva, c’est le 12e et dernier train de déchets radioactifs de France vers l’Allemagne. A l’avenir, l’Allemagne devra rapatrier, entre 2014 et 2017, 21 conteneurs de déchets radioactifs de l’usine de traitement de Sellafield, en Grande-Bretagne.

Déchets et sortie du nucléaire

Ce train est aussi un symbole car l’Allemagne a décidé d’arrêter de produire de l’énergie par le nucléaire en 2022. Cela donne du « tonus » aux militants anti-nucléaires européens. Il y a donc eu plus de manifestations que d’habitude pour ce dernier train de déchets. En France d’abord. La France n’a pas décidé de sortir du nucléaire. Les responsables politiques débattent de la question, mais l’arrêt du nucléaire en France n’est pas pour demain. En Allemagne, ensuite. Pour les militants anti-nucléaires, arrêter les centrales n’est pas tout. Il y a la question du stockage des déchets radioactifs. Selon leur radioactivité, les déchets peuvent rester dangereux des centaines ou des milliers d’années. Il faut donc les stocker dans des endroits sûrs. Les 14 tonnes de déchets du dernier train venu de La Hague vont être stockés dans une ancienne mine de sel. Il y a évidemment toute une série de protections et de mesures de sécurité pour éviter les fuites de radioactivité. Mais pour les militants anti-nucléaires, il n’existe à ce jour pas de solution assez sûre et durable pour stocker les déchets radioactifs. Ils critiquent aussi les autorités qui ne donnent pas assez d’informations sur les contrôles faits dans et autour des lieux de stockage des déchets.

Thierry Verhoeven

Liens
Une vidéo militante mais très pédagogique sur Youtube

 

Mouvement anti-nucléaire Sortir du nucléaire
http://groupes.sortirdunucleaire.org/Informations-sur-le-convoi

Entreprise de traitement des déchets Areva
http://www.areva.com/FR/actualites-9062/
12eme-transport-de-dechets-vitrifies-vers-l-allemagne.html


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