Un index si moyen


 Cahiers  Le prix fort
Le 1er janvier 2008 | |  3 messages


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Pour adapter les salaires à l’inflation, il y a l’index  . Cet index, ou indice des prix à la consommation mesure-t-il correctement l’évolution du “coût de la vie” ? Et donc l’évolution du pouvoir d’achat des ménages ? Enquête..

Depuis quelques mois, beaucoup de produits du « panier de la ménagère » augmentent : le pain, les pâtes, le lait, le mazout de chauffage. Et on a le sentiment que les salaires ne suivent pas, malgré l’index. Philippe Defeyt a mené l’enquête. Philippe Defeyt est membre du parti Ecolo, président du CPAS   de Namur et aussi président de l’Institut pour un développement durable.

L’Institut a publié une étude en novembre 2007 qui s’appelle « Indice des prix, indexation et pouvoir d’achat des ménages à petits revenus. »

Dans cette étude, Philippe Defeyt affirme que beaucoup de ménages ont effectivement perdu du pouvoir d’achat. Surtout les 10% de ménages les plus pauvres. Pour ces ménages les plus précaires, il évalue une perte de revenus entre 335 euros et 400 euros par an.

Comparer l’index au budget des ménages

Pour établir l’index, on se base sur une enquête sur le budget des ménages. Cette enquête établit un relevé des prix des produits les plus courants. Elle évalue aussi la pondération de ces produits. C’est-à-dire leur poids, leur importance dans le budget des ménages.

Pour prouver que le pouvoir d’achat diminuait, Philippe Defeyt a comparé l’enquête sur le budget des ménages avec l’indice des prix à la consommation. Il a démontré qu’il existe des écarts importants entre l’indice des prix et la consommation réelle des ménages. Ces écarts ont plusieurs causes. D’une part, des causes liées au choix des produits : certains produits ne sont pas dans le panier. D’autre part, des causes liées à la pondération de ces produits : l’importance de certains produits dans le budget réel des ménages est mal évaluée.

Un exemple : le logement

Par exemple, pour toutes les dépenses liées au logement. Ainsi l’indice des prix à la consommation ne tient pas compte des « loyers imputés ». Ce sont les loyers que paierait une personne si elle n’était pas propriétaire de son logement. Or, beaucoup de personnes sont propriétaires. Et il y a la même proportion de locataires et de propriétaires dans toutes les tranches de revenus.
Résultat : l’index sous-estime le poids du logement dans le budget des ménages. Et c’est encore plus vrai pour les ménages les plus pauvres.

En effet, pour 10% des ménages les plus pauvres, les frais de logement, d’eau, d’électricité et de gaz représentent 38,5 % du budget total. C’est beaucoup plus que pour un ménage aux revenus moyens : 26,1%. Et c’est deux fois plus que la pondération retenue dans l’index : 15,7 %.

L’augmentation de l’énergie touche aussi davantage les bas salaires. Le mazout de chauffage a atteint, ces dernières semaines, un prix record : près de 70 centimes. Les autres énergies, gaz et électricité, risquent de suivre. Les ménages les plus pauvres ont donc du mal à se chauffer. Comme on le dit dans l’étude : « le prix des écrans plats est en chute libre mais ça ne fait pas l’affaire des plus pauvres dont la préoccupation immédiate est de se nourrir, de se chauffer et de se loger... »

Autre exemple d’écart par rapport à la réalité des ménages : les dépenses liées aux transports. Elles représentent 13,6 % du budget d’un ménage aux revenus moyens. Et chez les ménages les plus pauvres, les transports ne représentent que 7,5% du budget. Pourtant la pondération moyenne retenue dans l’index est de 15,6% ... Il faut dire que les carburants entrent dans le calcul de l’index, mais pas dans le calcul de l’index-santé. Et c’est cet index-santé qui fait augmenter nos salaires.

Lydia Magnoni


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Vos commentaires

  • R.JUST

    Le 19 avril 2008 à 16:14

    Il ne faut pas généraliser ! Le risque de se faire prendre existe et les profiteurs le savent qui jouent
    sur certaine lacunes de la loi mais celui qui est respectueux des lois ne roule pas sur l’or et je connais un chômeur qui n’a pas de voiture, pas d’argent pour le restaurent, et qui souhaiterait être au boulot rien que pour pouvoir avoir une petite amieet sortir de la muise. Alors,svp, un peu de respect pour les pauvres qui sont honnêtes jusqu’à la bêtise.

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  • Jérôme

    Le 22 janvier 2008 à 12:59

    Bonjour,

    je suis dans la catégorie de Sarah ( du point de vue salaire ) et suis tout à fait de son avis !

    C’est vrai que les premiers touchés par l’augmentation du coût de la vie sont les personnes à bas revenus. Mais ils ne sont pas les seuls ! Nous avions fait le choix, il y a 25 ans, mon épouse et moi de privilégier l’aspect familial par rapport à l’aspect financier. Un seul salaire devait nous permettre de vivre décemment ! Aujourd’hui, nos 2 ados sont à l’université...minerval’s + syllabii ( coût annuel : 2400 euros ), abonnements bus à oublier ( horaires totalement inadaptés ! donc voiture pour 50 kms par jour : les cours de l’un ne correspondent pas avec les cours de l’autre ! ), bourses d’études ? ( salaire beaucoup trop élevé ! )...

    Je connais un couple d’ " assistés " qui vivent nettement mieux que la plupart d’entre nous ! Appartement fourni par le CPAS  , gaz, eau, électricité à volonté...nouvelle Peugeot 207 pour les promenades, ...j’oubliais les cigarettes et l’alcool...NO travail, NO problem, NO stress ! ( point positif, ils sont très sympas et disent bonjour à tout le monde ! )

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  • Sarah

    Le 21 janvier 2008 à 22:34

    Il n’y a pas que les petits salaires qui en prennent plein la figure

    Et les salaires dit moyens, on en fait quoi ?

    On fait comment seule avec de grands enfants ?

    Même avec un salaire, moyen ?

    Et il n’y a pas vraiment de mesures qui corrigent...

    Le fonds mazout ? Pas le droit : trop haut salaire

    Les bourses d’études ? Pas le droit : trop haut salaire

    Les augmentations d’allocations familiales...Devinez

    En quelques années, il a fondu le pouvoir d’achat, même des revenus

    moyens..

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