Dette et matières premières


 Cahiers  Nord/Sud
Le 1er janvier 2007 |


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Le poids de la dette

2.500 milliards de dollars ! C’est le montant estimé de la dette des pays du Sud. Cet argent a été prêté par les banques publiques et privées du Nord de la planète depuis plusieurs dizaines d’années. Il n’a généralement pas servi aux populations des pays du Sud. On a construit des grands équipements dans les pays du Sud mais souvent pour les grandes entreprises du Nord de la planète (pour transporter le pétrole ou pour exploiter les richesses naturelles, par exemple). De grosses sommes d’argent ont également servi à acheter des produits fabriqués au Nord (les armes, par exemple). Certains dirigeants des pays du Sud, souvent des dictateurs, ont aussi détourné une partie de cet argent. Notamment Mobutu au Zaïre. En plus, les prix des matières premières vendues par les pays du Sud sont généralement très bas. Les pays du Sud sont en retard de paiement. C’est pourquoi depuis 20 ans, le FMI et la Banque mondiale leur imposent une politique économique. Les pays surendettés doivent réduire leurs dépenses publiques, privatiser les entreprises et laisser faire le marché. Cela aggrave encore la pauvreté de la population. Depuis quelques années, on parle de « bonne gouvernance ». Il s’agit d’aider les pays du Sud à gérer l’argent de manière efficace et honnête. Selon les estimations, les pays du Sud ont remboursé, à cause des intérêts, entre 6 et 10 fois leur dette !

Matières premières

Pour développer les pays du Sud, il faudrait des échanges commerciaux plus justes. Les pays du Sud vendent surtout des produits de base : les minerais (cuivre, or, aluminium, etc), le café, le cacao, le sucre, la banane, le coton, les huiles etc. Souvent, les pays du Sud vendent ces matières premières aux entreprises du Nord. Celles-ci les transforment, les vendent et font de gros bénéfices.

Les matières premières sont la base de la richesse du Nord. Pourtant elles ne servent pas les populations et le développement des pays du Sud. Ce système est un héritage de la colonisation.

De plus, quand les prix de ces matières premières baissent trop, le pays vendeur est au bord de la faillite. En 2001, par exemple, le prix du coton a chuté de 35%. Les pays du Sud qui ont du gaz et du pétrole s’en sortent mieux que les autres mais, malgré tout, ils n’échappent pas à ces lois du marché mondial.

Où est l’Etat ?

Pour assurer le développement économique et social, le marché ne suffit pas. Il faut aussi un Etat. Un Etat qui mène une politique indépendante, voulue par la population. Un Etat qui assure un équilibre et, au moins, la paix dans le pays. Cinquante ans après leur indépendance, beaucoup de pays du Sud n’ont pas d’Etat stable. C’est surtout le cas en Afrique. Certains dirigeants et fonctionnaires   sont corrompus. Certains pays sont dirigés par un pouvoir militaire fort. Il y a des guerres et des tensions entre les populations. Leurs causes : la pauvreté, les frontières artificielles créées par la colonisation, les intérêts des anciens pays colonisateurs ou des grandes entreprises du Nord.

En Asie et en Amérique latine, les Etats sont plus solides. Mais les pays qui veulent échapper au système imposé par le marché mondial sont rares. Les Etats-Unis ne les voient pas d’un bon oeil . C’est le cas du Venezuela du président Chavez ou de la Colombie de Morales. Sans parler du blocus économique de l’île de Cuba.


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