Une place dans l’administration


 Cahiers  Pauvre de nous !
Le 1er mars 2009 | |  2 messages


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Le Plan fédéral de Lutte contre la Pauvreté s’appuie sur la participation des personnes précarisées elles-mêmes. Les faire participer, c’est garantir que les mesures seront adaptées aux problèmes qu’elles vivent. C’est aussi le rôle des experts du vécu. Nous avons rencontré quatre de ces experts. Quatre expertes, plus précisément. Ces femmes nous ont expliqué le rôle qu’elles jouent dans le Plan fédéral de Lutte contre la Pauvreté. Un rôle essentiel.

Dès le début du Plan, ces expertes du vécu ont été engagées dans différentes administrations fédérales. Leur mission : servir de lien entre les pauvres et l’administration. Faire prendre en compte le point de vue, la réalité des personnes démunies. Faire entendre leur voix. Et s’assurer que les solutions proposées soient bien adaptées à leur réalité.

Les expertes du vécu sont des fonctionnaires   fédérales. Leur travail au quotidien est très différent, selon les administrations qui les emploient. Elles luttent contre la pauvreté mais elles ne considèrent pas qu’elles militent.

Leur boulot, disent-elles, ce n’est pas de descendre dans la rue avec des banderoles. C’est autre chose. Sur base de leur vécu, de leur parcours difficile, de « leur galère », elles favorisent l’accès des citoyens à l’administration. Entre les citoyens précarisés et les administrations, la communication n’est pas facile.

Les expertes du vécu travaillent aussi à changer les idées reçues des deux côtés.

Eclairer les pavés sous la plage

Comment ? Le rôle de certaines de ces expertes du vécu est de veiller à ce que l’information des administrations soit accessible à tous. Pour cela, elles combattent le jargon des textes. Elles formulent aussi des avis sur les sites Internet. Sont-ils lisibles ? Sont-ils accessibles au public en grande difficulté ?

Certaines de ces expertes accueillent les personnes au guichet. Elles les accompagnent individuellement, physiquement, dans leurs démarches.

Pour les personnes surendettées, par exemple. L’experte du vécu va informer la personne de ses droits et de ses devoirs. Son rôle, c’est parfois de faire de la réinsertion   administrative. Pour remettre tous les papiers en ordre. En fonction de la situation de la personne et avec elle, elle l’oriente, la conseille sur les meilleures « portes de sortie » de la spirale du surendettement. Elle pense que l’administration doit aller vers l’usager  , qu’elle doit s’adapter à ses difficultés, donc « être proactive ».

D’autres expertes ne sont pas en contact direct avec le public. Et pourtant, elles sont l’œil et la voix des peu qualifiés dans l’administration qui les emploie… Un exemple ? Elles défendent l’idée de numéros verts, gratuits dans les services d’information. En effet, elles ont trop bien connu l’angoisse de la carte GSM qui se vide, pendant que l’on essaie d’obtenir un renseignement auprès d’une administration. Elles ont connu aussi le téléphone gratuit situé au beau milieu d’une salle d’attente bondée, où l’on doit parler en étant entendu de tous. Ou encore les listes de questions que l’on note sur un papier avant de payer pour se déplacer. Car un ticket de bus cela coûte cher. Autant que l’investissement soit rentable… Cette réalité-là, elles la connaissent. Leur rôle dans le Plan, c’est d’y être attentives. C’est important. Elles le savent.


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Vos commentaires

  • dupont

    Le 14 avril 2012 à 01:59

    Basculer dans la pauvreté,cela peut arriver très vite.
    Il suffit d’un chagrin ,d’un divorce,d’un abandon,de pension alimentaire non réglée,de chômage et le plus triste c’est quand la maladie s’en mêle.
    Le chagrin mène parfois à la dépression ,c’est une maladie mal perçue par la société.La mère de famille qui reste à la maison pour élever ses enfants n’est pas suffisemment considérée.

    Répondre à ce message

  • Nathalie Crabbé

    Le 19 juin 2011 à 18:58

    Et la Belgique contribue au fait d’augmenter ce seuil étant donné qu’une personne en couple n’a droit à aucun revenu de remplacement et si la personne avec qui elle vit ne gagne que 1150€ par mois et bien faudra s’en contenter pour deux !!! A MEDITER...

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