Les médias, les arts et la satire

Philippe Luckx Lydia Magnoni

 Cahiers  Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Le 15 novembre 2015 |  Lydia Magnoni

Le Centre d’action laïque de Charleroi organise sa quatrième quinzaine des médias. Cette année, cette quinzaine est consacrée à la satire. Plusieurs événements sont organisés à Charleroi dans des locaux d’associations partenaires du projet. Une occasion de découvrir plusieurs facettes de ce mode d’expression pas toujours bien connu.


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En janvier, il y a eu les attentats parisiens contre Charlie Hebdo. Dans les jours qui ont suivi, le Centre d’Action Laïque de Charleroi a organisé une exposition. Cette expo présentait différentes unes du journal satirique  . ( voir nos articles)
En marge de cette expo et pendant presque deux mois, le CAL a aussi proposé des animations autour de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, de la caricature…
Beaucoup de professeurs ont visité cette expo avec leurs élèves. Ils ont participé aux discussions organisées par le CAL. Un succès car c’était compliqué de réunir, dans ces circonstances, des personnes qui ont des opinions différentes et de les faire discuter ensemble dans le respect de chacun. Ces discussions riches ont permis à chacun de dire son avis et d’entendre celui des autres. Car c’est là un des buts du CAL : proposer des moments de rencontre où chacun est libre d’exprimer ce qu’il pense.

Poursuivre la réflexion sur la satire

Chaque année, le CAL de Charleroi organise une quinzaine des médias. On y réfléchit aux médias contemporains. Lors de la quinzaine de cette année, le CAL a voulu poursuivre la réflexion commencée en janvier.
La quinzaine s’intéressera aux raisons pour lesquelles on utilise la satire dans les médias.
Car la satire, c’est une méthode. C’est une manière d’exprimer certaines idées par des voies détournées. On utilise l’humour, la critique moqueuse pour aborder un sujet particulier, un sujet grave.
Les journaux satiriques illustrent leurs propos par des dessins humoristiques qui tournent en ridicule des comportements ou des problèmes de nos sociétés.
Mais des médias classiques utilisent aussi la caricature, la satire pour faire passer des idées, des opinions. Il est parfois plus facile d’exprimer une critique de manière absurde que de le faire ouvertement.
La satire décrit une réalité choquante, comme les dessins autour de la mort du petit Aylan, réfugié syrien sur une plage turque. On se surprend à rire d’une caricature qui pourtant nous choque. Et c’est là le but de la staire. La satire s’éloigne du politiquement correct : elle fait appel à l’humour pour dédramatiser une réalité insupportable. La satire agresse avec ses armes :l’humour, l’ironie, le sarcasme, le comique, la caricature,… Elle est la liberté à l’état pur, bête et méchante.
Lors de la quinzaine, le CAL propose, à travers de 6 activités différentes, de l’approcher et de s’en faire sa propre expérience.

Satire et art

Depuis toujours des artistes, des auteurs, des écrivains ont utilisé la satire pour exprimer des idées ou dénoncer des choses. Dans le cadre de la quinzaine des médias, on découvre l’expression satirique à travers différents médias. L’objectif, c’est que les spectateurs puissent faire l’expérience de la satire, qu’ils puissent la vivre plutôt que de simplement en parler.
La satire dans la presse, la satire au cinéma, la satire en littérature, la satire en télévision, la satire dans les arts plastiques, la satire au théâtre… Chacun des événements proposés montre comment la satire peut exprimer certaines choses.

Pour ou contre ?

Faut-il défendre ou condamner l’expression satirique ? Généralement, personne ne s’oppose clairement à l’utilisation de l’humour pour dénoncer ou pour faire réfléchir. Mais tout peut changer si le sujet tourné en dérision, ridiculisé est proche de nous, de nos valeurs. On est parfois tenté de refuser aux médias le droit de caricaturer quand leur humour s’exprime à l’encontre des valeurs que l’on défend.
Depuis les événements dramatiques de Charlie Hebdo, on s’est aussi rappelé que l’on pouvait mourir d’utiliser la satire.

On a aussi remarqué qu’il y a aussi souvent une confusion sur ce que la satire veut réellement exprimer. La caricature dénonce des comportements mais se moque-t-elle des personnes ? Quand considère-t-on qu’elle peut inciter à la haine ? La frontière est mince et les réponses à ces questions dépendent des différents points de vue.
Certains estiment qu’il faudrait limiter l’ usage de la satire. D’autres estiment , au contraire, que si la satire choque, c’est la preuve qu’elle est utile.

Le Centre d’Action Laïque défend la liberté d’expression. Cette liberté doit pouvoir s’exercer de manière classique   : chacun doit pouvoir dire ce qu’il pense. Mais cette liberté doit aussi pouvoir s’exercer par la satire et même par le blasphème. Encore faut-il que chacun puisse y réagir et faire valoir son opinion.
Les événements de cette quinzaine ont été pensés pour que chacun puisse se positionner à l’égard de la satire en connaissance de cause.

Se faire sa propre opinion

Pendant cette quinzaine des médias, tout le monde aura en effet l’occasion de faire l’expérience de la satire. Pendant cette quinzaine des médias, tout le monde pourra exprimer sa manière de penser et défendre son opinion.
À voir, écouter, discuter, partager, ressentir durant la Quinzaine : expo « Têtes de l’Art », théâtre « Une assiette formidable », marathon « Black Mirror », table ronde « presse satirique », Desproges lu par De Staercke, Bye Bye Belgium et la satire dans le journalisme.
Toutes les activités proposées sont gratuites. Elles se déroulent dans divers lieux de Charleroi
Car que nous l’appréciions ou que nous la détestions, la satire a des choses à dire. Avant de la condamner ou de la défendre, le CAL propose d’écouter ce qu’elle a à dire et d’en discuter !

Un aperçu du menu de la quinzaine

Exposition du collectif "Têtes de l’Art"
Le Collectif « Têtes de l’Art » rassemble des artistes qui ne se revendiquent d’aucun manifeste. A l’occasion de la Quinzaine, l’exposition propose des oeuvres diverses : sculpture, peinture, ferronnerie et dessin. Elle sera essentiellement orientée sur la satire religieuse.
CAL Charleroi - rue de France, 31 - 6000 Charleroi
Du 9 novembre au 4 décembre –du lundi au vendredi de 9h à 17h au CAL Charleroi

Représentation théâtrale « Une assiette formidable »

Une assiette formidable ! spectacle court et accessible à tous, exprime l’inquiétude de plus en plus grande des agriculteurs et des consommateurs à propos de l’alimentation. On y parle des OGM bien sûr, mais surtout de la main mise de multinationales. Notamment, Monsanto, très critiquée pour ses pratiques pour le moins douteuses.
La Ruche Théâtre - Avenue marius Meurée, 1 - 6001 Charleroi
10 novembre – à 14 heures et 20h30

Marathon « Black Mirror »

Black Mirror est une série télévisée anglaise. Elle pousse à bout certaines dérives actuelles pour montrer les conséquences que cela pourrait avoir sur le monde de demain.
Le Vecteur - rue de Marcinelle, 30 - 6000 Charleroi
11 novembre – à 20 heures

Table ronde presse satirique

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, la liberté d’expression est mise à mal quand elle se manifeste de manière satirique. Jean-Jacques Jespers, Serge Poliart, Jean-Philippe Querton, Philippe Decressac et Luca Piddiu expliquent pourquoi les journalistes utilisent la satire pour communiquer.
Charleroi danses - boulevard Pierre Mayence, 65 - 6000 Charleroi
16 novembre – de 9 heures à 13 heures

Lecture satirique // Pierre Desproges lu par Eric De Staercke

Une heure durant, Eric De Staercke sera la voix de Pierre Desproges. Diverses thématiques seront abordées comme la manière dont l’information est filtrée dans les médias, les préjugés à l’égard des étrangers, etc. A la suite de cette lecture, un débat vous sera proposé afin de comparer la perception des textes proposés
Université du Travail de Charleroi - boulevard Gustave Roullier, 1 - 6000 Charleroi
19 novembre – à 10 heures à l’auditorium de l’UT

Journalisme et satire : Bye-Bye Belgium

On reviendra sur ce faux JT de la RTBF du 13 décembre 2006 : Bye-Bye Belgium. François De Brigode y annonçait la fin de la Belgique. Il expliquera les raisons qui l’ont poussé à créer et diffuser ce reportage. Qu’en est-il du journalisme aujourd’hui ? Serait-il encore possible, maintenant, de faire ce qu’il avait fait à l’époque ?
Maison de la Presse - rue Tumelaire, 15 - 6000 Charleroi
20 novembre – 20 heures à la Maison de la Presse

Le programme complet de la quinzaine des médias


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