Le Francken n’est pas (encore) tombé


Le 23 janvier 2018 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Thierry Verhoeven

Dimanche 21 janvier, une chaine de 2 500 personnes s’est formée à Bruxelles pour empêcher une action de police contre les migrants qui vivent près de la gare du Nord. Ces personnes veulent aussi que le secrétaire d’État à l’asile et aux migrations Théo Francken démissionne. Plus largement, elles réclament du gouvernement belge une politique d’accueil des migrants plus humaine.


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Ces dernières semaines, des pétitions sur Facebook et des manifestations demandent la démission de Théo Francken. Théo Francken est le secrétaire d’État à l’asile et aux migrations du gouvernement de Charles Michel. Les personnes qui demandent la démission de Francken lui reprochent d’avoir menti et surtout d’avoir une politique inhumaine envers les réfugiés.

Mensonge

Fin décembre, on apprend par la presse que des réfugiés soudanais renvoyés par la Belgique au Soudan ont été arrêtés et même torturés à leur retour au pays. Le premier ministre Charles Michel annonce que l’on va faire une enquête sur cette affaire. Il annonce aussi qu’il n’y aura pas de rapatriement de Soudanais au mois de janvier.
Théo Francken déclare « absurde » la décision de Charles Michel parce que, dit-il, il n’y a de toute façon aucun rapatriement de Soudanais prévu en janvier. On apprend ensuite que c’est faux et qu’il y avait bien un rapatriement prévu. Il n’a heureusement pas eu lieu. Théo Francken, secrétaire d’État, avait donc menti au premier ministre, menti aux députés belges et menti à la population. Mais il n’y a pas que le mensonge. Au-delà de ses paroles, les pratiques de Théo Francken posent certains problèmes.

Collaboration avec une dictature dictature pouvoir qui ne donne aucune liberté à la population

En octobre, Théo Francken avait été prévenu que de larges catégories de Soudanais pouvaient être considérées comme en danger en cas de retour au pays. Théo Francken et son administration ont ignoré cet avertissement et renvoyé quand même des Soudanais. Et ce n’est pas tout. En septembre 2017, Théo Francken avait fait appel à des agents de l’État du Soudan pour identifier les migrants soudanais qui se trouvaient à Bruxelles. Des associations de défense des droits humains, comme La Ligue des droits de l’homme ou Amnesty, avaient fortement protesté à l’époque.
En effet, le Soudan est un régime autoritaire. Le président du Soudan est un certain Omar Hassan Ahmad el Béchir. La Cour pénale internationale a lancé des poursuites contre ce président pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Selon la Cour, Bachir est responsable de massacres et de génocide. La Belgique, un état démocratique, a donc demandé l’aide d’agents d’une dictature pour identifier des migrants sur le sol belge. La France a demandé aussi la collaboration du Soudan, dit-on au gouvernement belge. D’accord, mais est-ce une bonne raison ?

Solidarité avec les migrants

C’est une simple « collaboration technique » ont répondu Théo Francken et le gouvernement de Charles Michel. Selon Amnesty, cette collaboration était un moyen pour « empêcher ces fuyards de demander l’asile, par peur de représailles. Voilà qui n’est pas un moyen très joli de diminuer le nombre de demandeurs d’asile. » Les opérations policières contre les migrants sont un autre moyen de montrer la fermeté de l’État belge et donc de faire pression sur les migrants pour essayer de diminuer les arrivées.
Il y a régulièrement des descentes de police dans le parc Maximilien près de la gare du Nord à Bruxelles. Environ 500 migrants vivent aux alentours de cette gare. Dimanche 21 janvier, une grande opération policière était prévue, mais il y a eu une « fuite » d’information. Des bénévoles ont d’abord évacué les migrants puis une chaine humaine de 2 500 personnes s’est formée pour empêcher l’action de la police. Cette action n’a finalement pas eu lieu. De plus en plus de personnes aident les migrants. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont membres de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Plusieurs milliers d’entre elles aident les migrants en les hébergeant ou en les soutenant au quotidien.


Auteur : Thierry Verhoeven
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