Rois sur nos terres


 Cahiers  Nord/Sud
Le 1er mars 2007 | |  1 messages


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Aujourd’hui encore, près de 900 millions de personnes dans le monde ont faim. Pourtant, environ 70% d’entre eux sont des agriculteurs. En d’autres termes, beaucoup de ceux qui produisent de quoi manger ont faim et vivent dans l’extrême pauvreté. De plus en plus d’organisations réagissent à cette situation. Elles défendent le droit à la souveraineté alimentaire. Pour en finir avec la faim. Pour développer l’agriculture et diminuer la misère.


Photo : Belga

La souveraineté alimentaire : un droit pour tous !

L’idée de souveraineté alimentaire est apparue il y a environ dix ans. Et c’est même devenu un droit international. Selon ce droit, un pays peut faire une politique agricole pour répondre aux besoins de sa population mais sans nuire aux populations des autres pays. La souveraineté alimentaire n’est pas la sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire c’est le fait que chacun puisse avoir une alimentation suffisante et saine. Dans la sécurité alimentaire, on s’intéresse surtout aux quantités d’aliments disponibles.

Dans la souveraineté alimentaire, on s’intéresse aussi aux conditions dans lesquelles les aliments sont produits. La femme doit avoir une place et un rôle dans l’agriculture. Il faut produire les aliments en respectant l’environnement. On encourage un partage juste des moyens de production entre les paysans en redistribuant, par exemple, les terres. On favorise aussi l’agriculture familiale, on maintient une agriculture qui produit en priorité des aliments pour la région. On utilise surtout des techniques agricoles qui permettent aux paysans de se débrouiller seuls. Enfin, on préfère bien entendu l’agriculture biologique et on refuse d’utiliser les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).

Faim et pauvreté : pas une fatalité !

Pourquoi parle-t-on de souveraineté alimentaire ? Parce que nous, nous croulons sous la nourriture mais que, chaque jour, 25.000 personnes meurent de faim ou de malnutrition dans le monde. Ces chiffres font frémir. Et pourtant, les gouvernements ne mènent pas actuellement des politiques qui vont dans le sens de a souveraineté alimentaire. Et la politique de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) risque même d’aggraver les choses ! L’OMC veut fixer les politiques agricoles et alimentaires. Elle pousse à la libéralisation du commerce mondial. Elle élimine les protections aux frontières et encourage la concurrence concurrence compétition entre entreprises pour être le plus rentable et gagner des marchés mondiale. On fixe donc les prix des produits agricoles selon une moyenne internationale. Les prix payés ne tiennent donc pas compte de ce que cela coûte réellement aux producteurs locaux. Pour lutter contre la concurrence mondiale, les prix locaux baissent. Résultat : des agriculteurs pauvres et exploités sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Pour échapper à la faim, ils finissent par quitter ces terres.

La politique de l’OMC recherche la compétitivité agricole. Cela profite aux multinationales, aux grosses exploitations et aux grandes surfaces. Cela ne profite pas à ceux qui travaillent la terre. C’est-à-dire, ne l’oublions pas, près de la moitié de l’humanité.

Les agriculteurs ne produisent plus pour leurs marchés locaux. Ils produisent pour une agriculture industrielle qui s’accapare ses ressources, comme la terre et l’eau. Or, les pays du Sud vivent surtout de l’exportation de matières premières agricoles. Résultat : ils s’appauvrissent, ils produisent moins et des milliers d’agriculteurs familiaux dans le monde disparaissent.

Des solutions existent…

Sortir de ce « schéma » est possible. Mais il faut agir à tous les niveaux, du local à l’international ! Pour assurer cette souveraineté alimentaire, il faut fixer des prix agricoles qui permettent aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail. Il faut permettre aux Etats de favoriser l’agriculture familiale et d’assurer à tout sa population une alimentation de qualité. Pour changer les choses, de nombreuses organisations se mobilisent et font des campagnes d’information. Soulignons ainsi l’action d’ « Oxfam Solidarité » et du CNCD (Centre National de Coopération au Développement) qui basent tout deux leurs campagnes sur cette question alimentaire. Leurs slogans nous interpellent : « Nourrir la planète n’a pas de prix » ou « La pauvreté, c’est nos oignons ! ». Ces organisations soulignent que, nous aussi, nous pouvons agir pour défendre la souveraineté alimentaire : privilégions les produits locaux, achetons des biens issus du commerce équitable, consommons des fruits et légumes de saison, etc. Ce sont des gestes simples mais qui peuvent concrètement faire changer les choses, alors agissons dès maintenant !

Aurélie Clarembaux

 


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Vos commentaires

  • Nathalie

    Le 16 avril 2007 à 21:07

    C’est vraiment grave qu’aujourd’hui autant de persones dans le monde meurent de faim. Il faudrait que nos sicétés changent complètement pour que cela n’arrive plus.

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