Froid et misère dans les camps de réfugiés et migrants

Thierry Verhoeven

 Cahiers  Partir quand même...
Le 15 janvier 2017 |  Lydia Magnoni

Sur des îles grecques, des milliers de réfugiés* et de migrants vivent dans des camps. Depuis début janvier, ils sont exposés au froid, à la neige et aux pluies glaciales. Les associations d’aide humanitaire appellent les dirigeants de l’Union européenne à agir pour améliorer les conditions de vie des réfugiés et migrants. Mais elles ne sont pas entendues.


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Plus de 15 000 réfugiés vivent entassés dans des camps sur 5 îles grecques. Dans ces camps, rien n’est prévu pour passer l’hiver. Or, depuis début janvier, il fait très froid. Un responsable de Médecins sans frontières qui aide les migrants sur place témoigne sur le camp de Moria : « plus de 2.500 personnes vivent sous la tente, sans eau chaude ni chauffage, y compris des enfants, des femmes et des personnes handicapées. »

Des milliers d’autres réfugiés vivent dans des conditions très difficiles sur Lesbos et sur 4 autres îles grecques Samos, Kos, Leros et Chios. Cela fait presque un an que les associations qui aident les migrants alertent les dirigeants européens sur les conditions de vie dans ces camps en Grèce. Mais elles ne sont pas entendues. Pourtant, ce sont bien les dirigeants de l’Union européenne qui ont créé cette situation. Explications.

Emotion

Le 2 septembre 2015, la photo d’Aylan, un enfant syrien de 3 ans mort sur une plage de Turquie, devient le symbole du drame des réfugiés. Ces réfugiés fuient la guerre et la misère. Pour rejoindre l’Europe, ils traversent la Méditerranée sur de vieux bateaux ou des canots. Il y a beaucoup de naufrages : des milliers de réfugiés meurent noyés chaque année. Dans toute l’Europe, la photo d’Aylan crée une grande émotion.

À l’époque, la dirigeante allemande Angela Merkel est la première à réagir : elle facilite l’accueil des migrants en Allemagne et essaie de trouver un accord avec les autres pays européens sur l’accueil des migrants. Beaucoup de pays hésitent et les pays de l’est de l’Union européenne ont peur de ce qu’ils appellent une « invasion » de migrants. La Hongrie et la Slovénie ferment leurs frontières avec des murs et des barbelés pour empêcher les migrants d’entrer dans l’Union européenne.

Accord avec la Turquie

Comme les 28 dirigeants de l’Union européenne ne trouvent pas d’accord, ils négocient début 2016 avec la Turquie, pays qui n’est pas membre de l’Union. En effet, beaucoup de migrants qui veulent entrer en Europe passent par la Turquie et débarquent sur les îles grecques, territoires de l’Union européenne.
L’accord prévoit que ces migrants seront renvoyés en Turquie. En échange, l’Union européenne donne certains avantages à la Turquie. Par exemple, les citoyens turcs ont plus facilement un visa pour entrer dans l’Union européenne et on accepte d’ouvrir de nouvelles discussions sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Des camps prisons

Dans des centres d’accueil, comme sur l’île de Lesbos, on trie donc les migrants. D’un côté, les migrants qui pourraient avoir l’asile en Europe et avoir le statut de réfugié. De l’autre côté, les migrants qui n’auront jamais l’asile : ceux-ci sont alors renvoyés en Turquie. Pour chaque migrant renvoyé en Turquie, la Turquie peut envoyer en Europe un « bon » migrant qui aura sans doute l’asile. Depuis l’accord avec la Turquie, il y a beaucoup moins de traversées de migrants venus de Turquie, mais pour les associations qui aident les migrants, l’accord avec la Turquie est une très mauvaise chose. Pourquoi ?

La guerre et les violences s’étendent en Syrie, en Irak ou encore en Afghanistan. Il y a donc de plus en plus de gens qui fuient ces pays. Et pourtant l’Union européenne ferme de plus en plus ses frontières et empêche de plus en plus l’entrée de migrants sur son territoire. Depuis l’accord avec la Turquie, les frontières sont plus surveillées et les traversées de plus en plus dangereuses pour les réfugiés. Les centres de tri, comme sur l’île de Lesbos, sont insalubres et deviennent des prisons à ciel ouvert pour les réfugiés qui attendent pendant des mois leur statut de réfugié ou le renvoi en Turquie.
En Europe, la situation des réfugiés qui vivent dans des camps est souvent dramatique. C’est sans doute dans les îles grecques que c’est le plus grave. Mais aussi dans les Balkans, par exemple en Serbie. Depuis des mois, les associations qui aident les réfugiés tirent la sonnette d’alarme. Elles appellent les dirigeants de l’Union européenne à améliorer les conditions de vie des réfugiés. Elles ne sont pas entendues.

*Pour appeler les personnes qui vivent dans ces camps, "réfugiés et migrants" sont les mots les plus justes. Pour faciliter la lecture nous n’utilisons dans l’article que le mot "réfugié".

Une vidéo sur les conditions de vie dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos


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