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L'histoire
- Du premier au centième-

Le numéro 1 de L'Essentiel
de septembre 1990, le journal était alors
entièrement en noir et blanc. La Une était
consacrée à la guerre du Golfe
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L'Essentiel est né en
1990, année internationale de l'alphabétisation,
dans des organismes de formation pour adultes: la
FUNOC et Lire et Ecrire. C'est le Ministère
de l'Education permanente la Communauté française
de Belgique qui a fourni le subside pour le créer.
L'aventure de L'Essentiel a pu commencer.
Avant 1990, en Belgique francophone, il n'existait
aucun journal pédagogique qui s'adresse d'abord
à des adultes.
Pour s'informer, les adultes qui
lisaient difficilement le français pouvaient
lire les pages du Petit Ligueur ou d'Actualquarto.
Mais ces journaux s'adressent plutôt à
des jeunes ou à des enfants. En Belgique néerlandophone,
depuis 1985 déjà, un journal s'adressait
à des adultes peu lecteurs: Wablieft. Et plusieurs
autres journaux en langage facile étaient déjà
édités en Europe du Nord.
Besoin d'un journal simple
Le besoin d'un journal comme L'Essentiel existait
pourtant. En Belgique francophone, 500 000 personnes
ont des difficultés à Lire et à
écrire. Et si on compte les personnes qui ont
du mal à comprendre le langage des journaux
de la presse écrite, le nombre est plus important
encore.
Car lire, ce n'est pas seulement déchiffrer
un mode d'emploi, une recette de cuisine.
Lire, c'est important aussi si on veut être
un citoyen à part entière. En effet,
ne pas pouvoir lire les journaux, c'est être
tenu à l'écart de toutes sortes d'informations
qui nous concernent.
Bien sûr, il y a la télé. Et certains
articles de journaux sont rédigés dans
un langage simple: les faits divers, les scandales.
Mais si on maîtrise mal ou peu le français
écrit, est-on obligé de n'avoir accès
qu'à ce type d'informations?
La liberté que donne l'acte de lire, c'est
la liberté de tirer du sens d'un texte écrit.
Un vrai journal pédagogique
L'option choisie par L'Essentiel a été
de proposer un journal qui s'adresse au plus grand
nombre. Mais un journal qui propose des contenus importants
et considérés comme difficiles. Ce journal
propose des informations dans différentes rubriques:
actualité nationale, internationale, culturelle,
sportive et récréative.
A ses débuts, L'Essentiel comptait huit pages
en noir et blanc. Ce sera le cas jusqu'en septembre
1995. A partir de 1995, L'Essentiel a pris des couleurs
sur une partie de ses pages. Il a aussi étendu
ses rubriques: des rubriques Europe, société,
environnement sont apparues.
La maquette du mensuel est en fait plutôt une
maquette de quotidien. S'il est important d'apprendre
à lire, il est important aussi, pour comprendre
un journal, de maîtriser les clés de
la presse écrite. De s'y retrouver dans l'organisation
díun journal. L'Essentiel a donc adopté
une maquette simplifiée de quotidien. Avec
tout ce qui s'y trouve: les photos de presse, les
titres, les chapeaux. Pour que peu à peu, les
lecteurs de L'Essentiel puissent s'y retrouver dans
d'autres journaux classiques.
Des informations pour tous
L'équipe de L'Essentiel est composée
de journalistes et de formateurs d'adultes. Pour qu'un
événement puisse être compris
il faut le reprendre depuis son début. Le compléter
par des informations qui peuvent l'éclairer:
l'endroit où il se passe, la façon dont
il a commencé, l'histoire, le régime
politique du pays. Il faut ensuite le réécrire
avec des mots simples. Sans être simpliste.
L'Essentiel est distribué par
abonnement depuis ses débuts. Parmi les lecteurs
de L'Essentiel, il y a des personnes qui lisent mal
le français : des débutants en
lecture ou des personnes immigrées qui apprennent
le français. Il y a aussi des professeurs et
leurs classes, des adultes en formation, des personnes
qui n'ont pas le temps de lire un journal tous les
jours.
Lydia Magnoni
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