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Ventes darmes
Rentrée inattendue du gouvernement
Tout le monde pensait que le gouvernement allait
avoir une rentrée difficile à cause du budget et des
élections qui approchent. Le contrat de vente darmes
au Népal est venu changer le programme.

Le contrat de la vente d'armes de la FN
au Népal a fait beaucoup de bruits (photo: Jean-Luc Flémal) |
e 11 juillet, le conseil
des ministres restreint donne son accord à lentreprise
de fabrication darmes FN de vendre 5 500 mitrailleuses "Minimi".
Le nom du pays acheteur nest pas révélé.
Ces mitrailleuses sont très performantes: elles tirent 800
coups à la minute. A lépoque, la décision
passe inaperçue. Et cest une très bonne affaire
pour la FN, située à Herstal. Le montant du contrat
nest pas connu non plus. Mais selon une estimation, il varierait
entre 25 et 30 millions deuros.
En Belgique, une loi de 1991 veut que le gouvernement donne son
accord sur les ventes darmes. Il doit notamment vérifier
que les armes ne sont pas destinées à des pays ou
des acheteurs qui violent
les droits de lhomme. Si les conditions fixées par
la loi ne sont pas respectées, le gouvernement doit interdire
la vente.
Une mini-crise gouvernementale
n principe, laffaire devait en rester là. Mais elle
refait parler delle vers la mi-août. Le député
européen Agalev
Bart Staes obtient le nom du pays acheteur: le Népal. Or,
le Népal connaît une guérilla maoïste très
violente à qui larmée livre une guerre sans
pitié. Mais il y a un an, ce pays a aussi connu ses premières
élections démocratiques. Son Premier ministre actuel,
M. Deuba, a dailleurs passé dix ans en prison avant
le retour à la démocratie. Aujourdhui, la démocratie
népalaise est fragile et est notamment menacée par
la guérilla maoïste.
Du côté des Verts flamands, cest la révolte:
on soppose à la vente. Magda Aelvoet (Agalev), la vice-Première
ministre et ministre de la Santé, est interrogée afin
de savoir pourquoi elle a accepté la vente darmes le
11 juillet dernier. La ministre sexplique de manière
très confuse. Elle affirme que la chose lui a échappé
parce quelle était sans arrêt appelée
au téléphone. Louis Michel, le vice-Premier ministre
(libéral francophone) et ministre des Affaires étrangères,
défend sa position jusquau bout. Cest lui qui
a préparé le dossier. Il répète
que la vente respecte les conditions de la loi de 1991 et que le
Népal est une jeune démocratie quil faut aider.
Les Ecolos francophones sont eux aussi daccord.
Mais Magda Aelvoet prend la décision de démissionner.
Elle dit ne plus être daccord, mais à titre personnel
seulement car elle refuse dengager son parti. Elle est remplacée
par Jef Tavernier, Agalev lui aussi. Laffaire provoque de
larges débats à la Chambre tandis que des députés
et sénateurs vont rencontrer le Premier ministre népalais,
en visite en Belgique. Après cette visite et ces débats,
il est convenu que la vente aura bien lieu. Les autorités
belges sengagent à vérifier que les armes ne
seront pas utilisées pour violer les droits de lhomme.
Chez Ecolo et Agalev, on réclame un débat en profondeur
sur les ventes darmes afin de modifier la loi de 1991.
En attendant, le gouvernement est sauvé! Mais, au passage,
cette tempête
dans un verre deau annonce une rentrée gouvernementale
plutôt chaude. Car il ne faut pas oublier que les élections
législatives auront lieu au plus tard en juin prochain. Et
que, dans tous les partis, on prépare
ses armes pour
attirer lattention et les faveurs des électeurs. Par
ailleurs, le gouvernement doit aussi élaborer le budget 2003.
Or, avec la crise économique, toutes les prévisions
sont revues en forte baisse. Et ça, cest bien plus
dangereux pour la majorité au pouvoir.
Marc Vandermeir
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