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Zimbabwé
Fermiers blancs contre Mugabe
Contradiction? Au Sommet de la terre de Johannesburg,
les "sans-terre" ont manifesté pour avoir des terres et pour
pouvoir les cultiver. Cette réalité est aussi vraie
dans d'autres pays d'Afrique. Ainsi, le Zimbabwe, petit pays, voisin
de l'Afrique du Sud, mais deuxième puissance économique
de la région.
e Zimbabwe est indépendant depuis 1980. Mais aujourdhui
encore, les terres ne sont pas réparties de façon
juste dans ce pays. Au Zimbabwe, les Blancs (dont 30 000 Britanniques)
représentent 1% des 12,5 millions dhabitants. Et les
fermiers blancs possèdent la majorité des meilleures
terres cultivables. Evidemment, il ne roulent pas tous sur l'or.
Mais leur situation est quand même beaucoup plus favorable
que celle des centaines de milliers de Noirs. Pour pouvoir survivre,
ces derniers sont obligés de cultiver clandestinement
aux alentours de villes surpeuplées.
Depuis 2 ans, le gouvernement du Zimbabwe et le président
Mugabe ont lancé une nouvelle politique agricole. Il s'agit
notamment d'exproprier
des gros fermiers blancs pour distribuer la terre aux familles noires.
La communauté internationale, Grande-Bretagne et Etats-Unis
en tête, dénoncent ces expropriations. Elles aggraveraient
les menaces de famine qui pèsent sur des millions de Zimbabwéens.
Une réforme contestée
l est vrai que les grosses fermes industrielles des Blancs produisent
du maïs qui peut nourrir la population. Mais elles produisent
aussi du paprika et du tabac pour les vendre à l'étranger.
Pas vraiment des aliments pour les Zimbabwéens! Il est vrai
aussi que le président Mugabe utilise la redistribution des
terres pour retrouver une popularité. En effet, la misère
grandit dans la population. Les grands progrès réalisés
dans les domaines de la santé et de l'éducation datent
surtout des années 1980. Depuis les années 1990, l'Etat
a diminué les budgets "sociaux" et privatisé
les entreprises publiques. Cette politique de restriction a notamment
été imposée par le FMI, la banque Mondiale.
Bref, par la communauté internationale. Or, cest cette
même communauté qui condamne aujourd'hui la politique
de Mugabe. La baisse des prix de matières premières,
trop de pluie en 2001 et trop de sécheresse début
2002, ont aggravé la situation économique et sociale.
Politiquement, Mugabe veut rester au pouvoir. Il a 78 ans...
Président Mugabe
résident depuis l'indépendance du pays, Robert Mugabe
n'est pas un démocrate à l'européenne. Même
s'il a été réélu pour la quatrième
fois en mars 2002 et sil a obtenu un peu plus de 56% des voix,
un score tout à fait démocratique. Mais on parle de
corruption, d'atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme.
Pourtant au début de l'indépendance, Mugabe était
en quelque sorte un modèle de dirigeant africain. Il a amélioré
les conditions de vie de la population noire. Et les colons blancs
britanniques ou leurs descendants ont pu continuer à profiter
de la terre. Des entreprises britanniques, comme Rio Tinto, peuvent
toujours exploiter les mines de cuivre, d'or et d'amiante du pays.
Mais depuis quelques années, le pays est en crise.
Contradiction?
lors Mugabe a lancé la fameuse "réforme agraire"
qui fait grand bruit. Alors les 2 900 gros fermiers blancs ( nombre
donné par leur syndicat) protestent et font valoir leur bon
droit. On dénonce le racisme anti-blanc de Mugabe et de ses
partisans. C'est un peu vite oublier la période coloniale.
C'est aussi un peu vite oublier que ces 2 900 fermiers blancs occupaient
plus de 230 000 ouvriers noirs. C'est un peu vite oublier aussi
que ces fermiers blancs traitent "leurs" 230 000 ouvriers noirs
comme les seigneurs du Moyen-Age traitaient "leurs" paysans. Ou
qu'ils sont au mieux des "bons patrons bien paternalistes".
Ces fermiers apparaissent aujourd'hui comme les défenseurs
de la démocratie. Contradiction?
Thierry Verhoeven
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