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Enfants malades
Où sont les pères ?
Le Ministre-Président de la Communauté
française de Belgique, ayant en charge de légalité
des chances a cofinancé une recherche sur le partage de la
garde des enfants malades.

Photo: Jean-Luc Flémal |
ette recherche a été proposée par des chercheurs
de trois départements de lUniversité Libre de
Bruxelles. Le domaine est très précis. Il sagit
détudier la manière dont les parents sorganisent
pour faire garder leurs enfants malades.
Lenquête sest déroulée en juin
2001. On a interrogé 588 parents qui avaient un enfant en
milieu daccueil (crèche, gardienne
). 92 % de
ces parents travaillaient. Et les trois quarts de ces parents étaient
dun milieu assez aisé.
Au cours du mois de mai, plus de la moitié des enfants (56%)
ont été malades. Et suite à cette maladie,
35% de ces enfants nont pas pu être accueillis à
la crèche, chez la gardienne
La maladie infantile est
donc assez fréquente. Et les parents doivent donc souvent
faire face au problème de faire garder leur enfant malade.
Une garde inégalement répartie
cause de la maladie des enfants, lhoraire des parents a
été bouleversé. En effet, 23% des enfants ont
été absents du milieu daccueil pendant six jours
et plus. Weekends et semaines confondus, la mère a gardé
seule lenfant dans 58 % des cas. Elle a partagé la
garde avec le père dans 34% des cas . Et le père na
gardé son enfant seul que dans 8% des cas.
Si lenfant était malade pendant les jours ouvrables,
les mères se sont absentées de leur travail bien plus
souvent et bien plus longtemps que les pères. (26 % des mères
et seulement 14 % des pères).
Et la situation est encore pire dans les familles monoparentales.
Là, 38 % des mères ont dû prendre congé
pour garder leur enfant.
Une garde pas toujours facile
our garder leur enfant malade, les parents ont fait appel à
dautres solutions: la famille, les amis, les gardiennes des
mutuelles ou encore des services payants de garde à domicile.
Peu de parents ont fait appel à ces services. (1,8%)
53% des parents ont dit quils éprouvaient parfois
des difficultés pour faire garder leur enfant malade. Et
10% quils en éprouvaient toujours. Trois mères
isolées sur dix nont personne à qui faire appel
si leur enfant est malade. Une mère seule sur trois a dû
sabsenter de son travail au cours du mois, contre une sur
quatre des mères qui vivent en couple. Et quand on sait que
cela coûte en moyenne 21 euros par jour pour faire garder
son enfant à domicile, on comprend mieux que là aussi,
ce sont les femmes, les femmes seules et plus encore les femmes
moins qualifiées qui sont le plus démunies
face à cette situation.
Partage inégal
es poblèmes quotidiens créent des inégalités
entre les hommes et les femmes dans leur carrière professionnelle.
Près de la moitié des femmes réduisent leur
horaire de travail à la naissance dun enfant. Mais
seulement un quart des hommes. A diplôme égal, 60%
des pères et seulement 20% des mères consacrent à
leur carrière professionnelle 40 heures par semaine. 38%
des mères et seulement 8% des pères travaillent à
temps partiel (moins de 36 heures par semaine). La moitié
des mères déclarent quelles ont choisi de travailler
à temps partiel pour soccuper de leur enfant. Mais
si lon observe la répartition des tâches ménagères
au sein des ménages, on se rend compte que les femmes assument
seules la majorité des tâches ménagères.
Cest le plus souvent la femme qui soccupe seule de la
cuisine, (62%) des lessives (80%), du nettoyage (50%), des paiements (40%),
mais aussi des soins à lenfant et de ses visites chez
le médecin.
Le travail à temps partiel rend le statut professionnel
de la femme plus fragile. Cette situation devient parfois dramatique
quand le couple se sépare.
Quelles solutions ?
omment faire pour améliorer la situation? On pourrait obtenir
des mutuelles un nombre de jours de garde gratuits avec la même
gardienne, si possible. On pourrait aussi créer des services
de garde pour enfants malades. Enfin, on pourrait augmenter le nombre
de jours de congé légaux pour les parents de jeunes
enfants.
Une autre solution, indépendante des autres serait que le
couple partage de façon plus juste les tâches prefessionnelles,
ménagères et les soins aux enfants.
Ce nest pas gagné.
Thomas Deraux
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