mercredi 19 juin 2024

L’ESSENTIEL L’information simple comme bonjour

L’Essentiel, outil d’émancipation

Ce qu’en dit Anne-Marie Andrusyszyn

J’ai connu L’Essentiel à ses débuts. A l’époque, je travaillais à Lire et Ecrire Liège et peu d’outils existaient en français facile.

Former dans le cadre de l’illettrisme relevait dans les années 80-90 de beaucoup de bricolage entre les manuels classiques en français et la volonté d’une alphabétisation respectueuse des adultes. La plupart des formateurs-trices étaient amenés à adapter des méthodologies scolaires traditionnelles vers des démarches innovantes cherchant à mettre l’adulte en confiance dans son apprentissage. Les sources venaient beaucoup du Québec en avance sur l’apprentissage de l’alphabétisation des adultes.

Quand la FUNOC a commencé à éditer ce journal, j’ai pour ma part été conquise par cette audace. Cet outil répondait quelque part à mes attentes sur sa capacité de présenter à des adultes illettrés des informations d’actualité sous forme d’un journal classique tout en amendant les contenus. Et parallèlement développait leur potentiel vers leur émancipation individuelle et collective.
Car L’Essentiel voulait et optait sciemment pour une approche progressiste du traitement de l’actualité. Et cela, pour ma part, était son apport novateur et quelque peu provocateur dans l’hémisphère de la pédagogie classique et des supports pédagogiques habituellement utilisés. Cette initiative
était plus qu’intéressante. Elle proposait un véritable outil d’émancipation à destination des publics en difficulté de lecture en leur offrant un journal où l’actualité sociopolitique et économique voire culturelle était traitée de manière intelligente, progressiste et complète.

Ce journal était aussi et surtout un outil pédagogique car il proposait à la fois un lexique, un questionnaire lié aux différents sujets traités sous forme d’articles de presse sans jamais considérer l’adulte lecteur illettré comme un enfant en situation scolaire. Au-delà d’une utilisation dans le cadre de l’illettrisme, j’ai pu travailler autour de cet outil dans plusieurs formations syndicales car si les informations y étaient présentées dans un langage courant et accessible, il n’en restait pas moins que la qualité du contenu était présente tant dans les éléments donnés que la manière de les analyser.

Ces articles courts permettaient de saisir le problème traité et ses différents enjeux et facilitaient les prises de parole, chacune et chacun ayant compris l’article s’autorisait à en débattre. L’Essentiel fut et est resté un réel outil d’émancipation, lié à la conception de l’éducation populaire, alliant esprit critique, émancipation et apprentissage.

Au fil des années, il a évolué et s’est adapté aux nouvelles technologies. Installé dans le numérique, il se veut en lien avec son époque. Cependant, ce support numérique bien qu’intéressant en soi pousse à une réflexion globale sur le devenir du livre, du journal papier et bien entendu du problème de la fracture numérique pour des publics populaires.


Anne-Marie quand elle travaillait à Lire et Ecrire Liège à l’époque où paraissait le premier numéro de L’Essentiel

Si L’Essentiel s’est positionné dans son époque, dans les débats politiques et idéologiques belges ou internationaux, il aborde aussi les problèmes sociaux, les contextualise pour permettre aux lecteurs une analyse critique, qui aboutit à se créer une opinion.

Il a autorisé et autorise encore des adultes en difficulté de lecture à appréhender des informations socio-politiques et les amène à saisir les débats publics et leurs enjeux et par extension à se saisir de la participation citoyenne à la démocratie.

A ce titre, il est exemplaire dans la dynamique de l’éducation permanente et des voies
qu’il ouvre pour l’émancipation des publics populaires.

L’Essentiel, outil d’émancipation

Il y a 3955 caractères et 633 mots dans ce texte

Ce qu’en dit Anne-Marie Andrusyszyn

J’ai connu L’Essentiel à ses débuts. A l’époque, je travaillais à Lire et Ecrire Liège et peu d’outils existaient en français facile.

Former dans le cadre de l’illettrisme relevait dans les années 80-90 de beaucoup de bricolage entre les manuels classiques en français et la volonté d’une alphabétisation respectueuse des adultes. La plupart des formateurs-trices étaient amenés à adapter des méthodologies scolaires traditionnelles vers des démarches innovantes cherchant à mettre l’adulte en confiance dans son apprentissage. Les sources venaient beaucoup du Québec en avance sur l’apprentissage de l’alphabétisation des adultes.

Quand la FUNOC a commencé à éditer ce journal, j’ai pour ma part été conquise par cette audace. Cet outil répondait quelque part à mes attentes sur sa capacité de présenter à des adultes illettrés des informations d’actualité sous forme d’un journal classique tout en amendant les contenus. Et parallèlement développait leur potentiel vers leur émancipation individuelle et collective.
Car L’Essentiel voulait et optait sciemment pour une approche progressiste du traitement de l’actualité. Et cela, pour ma part, était son apport novateur et quelque peu provocateur dans l’hémisphère de la pédagogie classique et des supports pédagogiques habituellement utilisés. Cette initiative
était plus qu’intéressante. Elle proposait un véritable outil d’émancipation à destination des publics en difficulté de lecture en leur offrant un journal où l’actualité sociopolitique et économique voire culturelle était traitée de manière intelligente, progressiste et complète.

Ce journal était aussi et surtout un outil pédagogique car il proposait à la fois un lexique, un questionnaire lié aux différents sujets traités sous forme d’articles de presse sans jamais considérer l’adulte lecteur illettré comme un enfant en situation scolaire. Au-delà d’une utilisation dans le cadre de l’illettrisme, j’ai pu travailler autour de cet outil dans plusieurs formations syndicales car si les informations y étaient présentées dans un langage courant et accessible, il n’en restait pas moins que la qualité du contenu était présente tant dans les éléments donnés que la manière de les analyser.

Ces articles courts permettaient de saisir le problème traité et ses différents enjeux et facilitaient les prises de parole, chacune et chacun ayant compris l’article s’autorisait à en débattre. L’Essentiel fut et est resté un réel outil d’émancipation, lié à la conception de l’éducation populaire, alliant esprit critique, émancipation et apprentissage.

Au fil des années, il a évolué et s’est adapté aux nouvelles technologies. Installé dans le numérique, il se veut en lien avec son époque. Cependant, ce support numérique bien qu’intéressant en soi pousse à une réflexion globale sur le devenir du livre, du journal papier et bien entendu du problème de la fracture numérique pour des publics populaires.

Anne-Marie quand elle travaillait à Lire et Ecrire Liège à l’époque où paraissait le premier numéro de L’Essentiel

Si L’Essentiel s’est positionné dans son époque, dans les débats politiques et idéologiques belges ou internationaux, il aborde aussi les problèmes sociaux, les contextualise pour permettre aux lecteurs une analyse critique, qui aboutit à se créer une opinion.

Il a autorisé et autorise encore des adultes en difficulté de lecture à appréhender des informations socio-politiques et les amène à saisir les débats publics et leurs enjeux et par extension à se saisir de la participation citoyenne à la démocratie.

A ce titre, il est exemplaire dans la dynamique de l’éducation permanente et des voies
qu’il ouvre pour l’émancipation des publics populaires.

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