Carrefour, les travailleurs passent à la casse


 Articles
Le 26 février 2010 | |  1 messages


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Mardi 23 février, la direction des magasins Carrefour a annoncé un plan d’économies. Résultat immédiat du plan : 21 magasins seront fermés en Belgique pour le 30 juin et près de 1 700 emplois seront perdus. D’autres magasins Carrefour seront franchisés. D’autres encore pourraient être repris par le groupe Mestdagh-Champion. Les conditions de travail et les salaires des travailleurs (de ceux qui restent...) seront moins bons. Les travailleurs et les syndicats ont réagi face au plan d’économies.


Photo : Belga

Depuis plusieurs années, les magasins Carrefour de Belgique ne vont pas bien. En 2000, la multinationale française Carrefour achète l’enseigne GB. A l’époque, la direction de Carrefour affirmait qu’il voulait dynamiser les anciens magasins GB. Mais depuis 2000, les choses ne vont pas mieux pour Carrefour-Belgique. Au contraire... En 2007, le groupe annonce la fermeture de 16 magasins et la perte de 900 emplois. Les magasins seront finalement franchisés. Et depuis 2004, le groupe a déjà supprimé 2 400 emplois. Pour beaucoup d’observateurs de la vie économique, le groupe Carrefour a très mal géré sa filiale belge : pas de stratégie   commerciale claire, une mauvaise gestion du personnel, une mauvaise connaissance du marché de la distribution en Belgique,... On savait que le groupe allait « restructurer », « réduire la voilure » comme on dit aujourd’hui. Mais on ne s’attendait quand même pas à autant de fermetures de magasins et de pertes d’emploi.

La « casse »

Pourtant, mardi 23 février, la direction des magasins Carrefour annonce un plan d’économies très dur. Au total, 21 magasins Carrefour vont fermer d’ici au 30 juin 2010. Cela veut dire presque 1 700 emplois perdus. Et ce n’est pas tout. Sept magasins situés en Flandre seront franchisés. En Wallonie, 20 magasins Carrefour devraient être repris par le groupe Mestdagh-Champion. Cela concerne environ 3 000 travailleurs. Il n’est pas du tout certain que tous retrouveront leur emploi dans un magasin franchisé ou repris par le groupe Mestdagh-Champion. Ils ne sont pas licenciés aujourd’hui mais le seront peut-être demain. Et ceux qui auront un emploi dans ces magasins auront sans doute un salaire plus bas et de plus mauvaises conditions de travail qu’aujourd’hui.

Le rabotage

Le plan d’économies du groupe Carrefour en Belgique ne s’arrête pas là. La direction veut faire passer les travailleurs des hypermarchés Carrefour de la Commission paritaire 302 à la 202. Pour l’instant, les travailleurs des hypermarchés Carrefour ont un barème, un salaire si l’on veut, plus élevé que les travailleurs de Colruyt par exemple. Ce barème est garanti par la Commission paritaire 302. S’ils passent en Commission paritaire 202, le barème, donc le salaire si l’on veut, est moins élevé. Les travailleurs ne seraient pas diminués, d’un coup. Mais leur salaire serait « gelé » en attendant qu’il colle au barème moins intéressant de la 202. Les travailleurs des magasins Carrefour ne seront pas les seuls touchés. Les travailleurs des services administratifs de Carrefour pourraient eux aussi passer dans une Commission paritaire moins intéressante.

La colère et la grève

Face à ce plan d’économies, les travailleurs et les syndicats ont évidemment réagi. Des magasins étaient en grève dès le mercredi 24 février. Les responsables politiques appellent à la concertation sociale. La ministre fédérale de l’emploi, Joëlle Milquet, a déclaré mercredi sur Bel-RTL : “Ce n’est pas parce qu’un magasin ferme que l’emploi va disparaître puisque d’autres enseignes de la grande distribution engagent du personnel. » Elle propose donc de replacer ailleurs un maximum de travailleurs licenciés. Mme Milquet a aussi critiqué les erreurs de la direction de Carrefour : « Ce sont des travailleurs qui vont payer des erreurs de gestion et de marketing. » Le ministre wallon de l’Emploi, André Antoine s’est lui aussi interrogé sur la stratégie de Carrefour en Belgique : « Est-ce que, oui ou non, Carrefour veut rester en Belgique ? Et avec quel type de présence et de personnel ? »  

Thierry Verhoeven

Lire aussi :
Les employés ne sont pas à la même enseigne Octobre 2008
Carrefour ferme 16 magasins GB Juin 2007

 


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Dans la même rubrique

Questions de temps
Questions de temps
Le 15 septembre 2017
« A votre avis, combien de temps nous faudra-t-il pour apprendre à lire et à écrire ? ». Formatrice...
Tableau noir et vie en rose
Tableau noir et vie en rose
Le 12 septembre 2016
On dit d’une personne qu’elle est analphabète quand elle ne peut ni lire ni écrire en le comprenant...
Un feu d’artifice pour un nouveau site
Un feu d’artifice pour un nouveau site
Le 21 juillet 2017
Ce feu d’artifice pour fêter le nouveau site de L’Essentiel, en ligne depuis le 21 juillet. Un...
8 septembre 2017, journée internationale de l’alphabétisation
8 septembre 2017, journée internationale de l’alphabétisation
Le 22 septembre 2017
Des adultes qui sont en formation en alphabétisation nous parlent de leurs difficultés dans la...

Vos commentaires

  • Jacques DELOBELLE

    Le 15 mars 2010 à 09:56

    Si les chiffres sont corrects, cela fait 2400 + 1700 emplois, donc 4100 emplois perdus... On ajoute OPEL, VW, Hewlett-Packard, GSK, InBEV, ... je vous laisse compléter la liste, moi j’y renonce.
    Les grandes entreprises n’ont pas de vraie vocation sociale, leur but est le profit à tout prix. Comment les pouvoirs pubics leur donnent-ils des millions de l’argent public, comme pour payer les travailleurs alors qu’il payent aussi les chômeurs ? On prélève des taxes, pour donner aux riches groupes commerciaux et financiers. carrefour ne parle-t-il pas de créer sa propre banque ? Donc, on s’arrange pour payer les travailleurs le moins possible, on les taxe le plus possible, on hausse les prix pour des grands commerces qui, selon eux, ne gagnent jamais assez, on rejette des milliers de travailleurs au chômage, et "on" s’étonne de la montée de la pauvreté et de l’insécurité sociale ! Pour rappel, l’insécurité sociale engendre l’insécurité tout court.
    Les grandes entreprises ne ré-engageront jamais autant de travailleurs qu’ils n’en ont mis dehors. pourquoi ne pas instaurer l’auto-emploi, les micro-entreprises détaxées à concurrence de 33000€ annuels de bénéfice, comme en France (ce qui est peu pour maintenir une entreprise en état de fonctionner) ?
    Actuellement, il est de notoriété publique que de s’installer comme indépendant en Belgique, c’est du suicide ; c’est pour cela que les propositions d’André Antoine ne convaincront personne.
    En plus, les micro-entreprises ne demandent aucune aide pour s’installer, ou alors très peu ; c’est une bonne façon, pour désengorger le chômage et redynamiser le tissu social de proximité que de relancer l’artisanat comme en France. En Belgique, le chiffre de C.A.(!!) est de 5580€ maximum pour la micro-entreprise, et on passe à 2 millions d’euros pour la TPE... Avec un tel ravin, l’auto-emploi est impossible, les chances de survie des travailleurs tout autant... Envie de discuter ? 0496/988216

    Répondre à ce message

Un message ?


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sondage


Dans les pays d’Europe, on accueille trop de réfugiés ?

Newsletter

Restez informé, inscrivez-vous à notre newsletter, c'est gratuit et utile !

Facebook

L'Essentiel

Editeur responsable

19, Avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique
Joëlle Van Gasse
19, avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique

Rédactrice en chef : Lydia Magnoni
Secrétaire de rédaction : Thierry Verhoeven
L'ESSENTIEL L'information simple comme bonjour
Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs © Tous droits réservés.
Journalessentiel 2017 .
Squelette et Graphisme par Banlieues asbl

L'Essentiel est une production de la FUNOC.


L'Essentiel est réalisé avec l'appui du SAJ, dans le respect des droits d'auteur.


Avec le soutien de