Le monde, l’Europe et la commune


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Le 1er mars 2006 |


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et la commune


Photo : Flémal

Impuissants face à la mondialisation de l’économie ? Impuissants
face à certaines décisions de l’Union européenne ?
Et bien, il nous reste la commune. Des centaines de villes de Belgique, d’Europe
et du monde, s’opposent à l’ouverture au marché mondial
de leurs services locaux.

Début février, l’OMC a donné en partie raison aux
Etats-Unis, à l’Argentine et au Canada contre l’Union européenne
et particulièrement contre la France, l’Autriche, l’Allemagne,
la Grèce, l’Italie et le Luxembourg. L’OMC juge que l’Union
s’oppose à la libre commercialisation des OGM sur le territoire
européen. Et si demain, il en allait de même pour les hôpitaux,
l’école ou les bus de nos villes ? Les services communaux rendus à la
population seraient soumis au marché international et à la concurrence.
Pire encore. Les communes ne pourraient pas fausser la libre concurrence concurrence compétition entre entreprises pour être le plus rentable et gagner des marchés en
favorisant une activité, même sociale, qui rend service à la
population de sa ville. Voilà ce qui inquiète de nombreuses villes
de Belgique, d’Europe et du monde.

La commune

A Charleroi, le bourgmestre, Jacques Van Gompel, est inquiet. Lors d’une
journée d’information sur l’OMC, il a rappelé que
la ville s’oppose à la libéralisation des services organisés
ou financés par la commune. Il a même eu cette phrase : « Nous
pensons qu’il est possible de lutter contre le vent de libéralisation
qui souffle de Genève ou de Bruxelles. ». Le vent de libéralisation ?
Cela veut dire : les puissantes forces économiques et politiques qui
poussent à l’ouverture des marchés pour tous les produits
et les services. Le tout aux entreprises privées et au profit contre
les services assurés par l’Etat, les communes, les services publics.
Genève ? C’est le siège de l’OMC, la nouvelle organisation
qui s’occupe et fait les règles du commerce international. Bruxelles ?
C’est la capitale de l’Union et le siège de la Commission
européenne.

En Belgique, plus de 40 villes, comme Mons et Liège, se sont déclarées
non AGCS. En France, il y a aussi un grand mouvement communal contre cet accord
sur les services. Paris, Oxford, Vienne, Vancouver et Toronto au Canada, même
la ville suisse de Genève, ... Toutes ces villes ont peur de l’ouverture
au marché des services locaux. C’est fin 2006 que l’OMC
publiera la liste des services qui doivent s’ouvrir au marché dans
les 148 pays membres. Un service ? C’est une assurance, une banque, les
télécommunications, les services comptables, le tourisme. Rien
d’étonnant à ce que ces services s’ouvrent à la
concurrence mondiale. Et que cela se fasse dans des règles définies
par l’OMC. Mais un service, c’est aussi la santé, la culture,
l’éducation, la distribution d’eau, les restaurants scolaires,
les services sociaux, etc.

L’Europe

Chaque pays doit faire des propositions aux autres pays. Par exemple, je
t’ouvre
mon marché de l’eau, en échange, tu m’ouvres ton
marché à la santé, etc. Une fois qu’un service est
ouvert au marché, personne ne peut fausser la concurrence. Même
pas les pouvoirs publics. Le risque ? Une médecine, une qualité de
l’eau, un enseignement à deux vitesses. Avec aussi, des entreprises
privées qui occupent les secteurs qui rapportent le plus d’argent.
Avec la commune, la Région ou l’Etat qui doivent organiser les
services à la population selon les règles de l’OMC.

C’est pourquoi, Charleroi, comme les autres villes non AGCS, demandent
un débat national et un débat au Parlement sur l’AGCS.
En sachant bien sûr, que la Belgique est membre de l’Union européenne.
Et qu’à l’OMC, ce n’est pas la Belgique qui négocie.
C’est un représentant de l’Union européenne qui parle
au nom des 25 pays membres de l’Union. Un débat communal et même
national ne sont qu’une étape. Il faut aussi un débat européen.

Thierry
Verhoeven


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