Grève générale et austérité


 Cahiers  L’effet papillon
Le 25 janvier 2012 | |  2 messages


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On peut reprocher beaucoup de choses au gouvernement Di Rupo. Mais on ne peut pas dire qu’il est facile de gouverner la Belgique en 2012. Comme dans les autres pays européens, le gouvernement belge doit faire face à la crise économique, limiter la dette de l’Etat, faire un budget qui tient la route… Avec en plus, en Belgique, des difficultés bien « belges ». Reste que le gouvernement a fait le budget 2012 du pays et a commencé à appliquer l’accord gouvernemental. Mais en Belgique, comme dans les autres pays, les syndicats protestent contre des mesures qu’ils trouvent antisociales.


Photo : Belga

Ce n’est un secret pour personne : les pays de l’Union européenne vivent une grave crise. Partie de la crise financière de 2008, la crise est devenue aussi une crise économique, une crise de la dette des Etats, une crise politique dans beaucoup de pays et une crise politique de l’Union européenne.
Depuis plusieurs mois, la dette parfois énorme de certains Etats européens fait peur. Peur aux agences de notation, peur aux marchés financiers, peur aux dirigeants de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne. Peur aux gouvernements des Etats membres. Chaque gouvernement veut montrer qu’il fait ce qu’il faut pour éviter une catastrophe économique et financière comme en Grèce, en Italie ou en Espagne… Et faire ce qu’il faut, c’est diminuer les dépenses et augmenter les recettes. Dans beaucoup de pays, cela s’est fait en prenant des mesures dites « d’austérité austérité le fait de baisser les dépenses de l’Etat, les dépenses sociales, de limiter les salaires  ». Les syndicats trouvent ces mesures antisociales.

Un nouveau gouvernement

En Belgique, comme on était sans gouvernement, on ne se rendait pas vraiment compte de ce qui nous attendait. Depuis l’accord du nouveau gouvernement de décembre 2011, on en sait un peu plus sur les nouvelles mesures. Malgré quelques difficultés, entre autres avec la Commission européenne, le budget 2012 est bouclé. Les mesures d’économies sont programmées, les réformes sont en route. Le Premier ministre Elio Di Rupo a d’ailleurs fait un petit tour d’Europe pour rassurer les autres dirigeants européens. Il a montré aussi que, malgré sa petite taille, la Belgique reste au cœur de l’Union européenne et de son projet malgré la crise.

Sous pression communautaire

En plus de la crise, le gouvernement Di Rupo doit surmonter des difficultés bien belges. La menace de division communautaire est toujours là malgré l’accord gouvernemental sur les compétences données aux Régions et une solution pour BHV. Le parti nationaliste flamand de Bart De Wever attaque d’ailleurs sans relâche le gouvernement Di Rupo. Le célèbre « compromis compromis décision après une discussion où chacun a fait un effort pour trouver un accord à la belge » a pris du retard. Il a fallulus de 500 jours pour avoir un nouveau gouvernement. Le gouvernement doit donc aller très vite.
Devant tant de difficultés européennes et bien « belges », il n’est pas étonnant que le gouvernement Di Rupo commette quelques erreurs de communication. Les journaux, la radio, la télé n’ont pas manqué de souligner ces erreurs. Par exemple, les changements dans le crédit hypothécaire. En Belgique, quand vous empruntez pour acheter votre logement, vous avez une réduction d’impôt. Le 18 janvier, un membre du gouvernement annonce sur une télé flamande qu’en 2014, le gouvernement fédéral n’accordera plus cette réduction d’impôts. Ce sont les régions qui feront cette réduction. Panique en Belgique ! Cette réduction concerne 2 700 000 personnes qui ont acheté un logement. Et même les gouvernements régionaux concernés, ont été très surpris par cette annonce. Le transfert aux régions est bien prévu mais personne ne s’attendait à ce que l’annonce soit faite si vite et sur une chaîne de télévision… Finalement, tout rentre dans l’ordre.

Et sous pression syndicale

Mais le plus dur pour le gouvernement Di Rupo est peut-être à venir. Le budget 2012 et les mesures annoncées ne plaisent pas aux syndicats. Les partis du gouvernement ont beau rassurer. Rassurer en disant que l’on a préservé l’index index Abréviation pour "indexation", c’est-à-dire une augmentation automatique de 2% des salaires et des allocations sociales quand les prix des marchandises et des services augmentent. . C’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires et des allocations sociales quand il y a hausse des prix. Rassurer en disant que la sécurité sociale est préservée. On garde la solidarité entre travailleurs flamands et francophones, on maintient en gros le système des pensions, etc. Rien n’y fait ! Les syndicats protestent. Il y a eu une grande manifestation en décembre. Puis la grève générale du 30 janvier. Pour les syndicats, on s’attaque trop aux revenus du travail et pas assez aux revenus du capital capital ensemble des moyens financiers des entreprises et des actionnaires . Il faudrait taxer davantage les grosses entreprises (Electrabel, par exemple), les banques, etc. En plus, disent-ils, ces mesures ne vont pas relancer l’économie mais au contraire aggraver la crise économique.

Thierry Verhoeven


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Vos commentaires

  • Emotion

    Le 6 mai 2012 à 20:21

    Sarko est out,Hollande est là !
    Il aura un travail immense mais je suis sûre qu’il sera plus compétent,plus calme,plus à l’écoute ,plus intelligent.
    Il faut remercier Eva Joly ,Mélanchon,Poutou et Bayrou et à présent se mobiliser contre la marée noire.
    Que L’ump se reconstruise et que celui ci se relie aux autres partis pour travailler ensemble tout en respectant les idées de chacun.
    Le changement,c’est la reconstruction de la France et de tous les pays Européens.
    Une pensée au peuple grec qui a peur mais qui comme l’Italie a besoin de rigueur comme tous les pays Européens.
    Après la joie ,ce sera le boulot comme un jeune qui à réussi ses humanités mais pour qui le vrai boulot commence .
    Le vie ,c’est du boulot ,c’est se remettre en question pour l’amour de tous.
    Vivre la france !
    Vive la Belgique !

    Vive la vie et vive la liberté et le respect des autres.
    Tendons nous la main et arrêtons cette politique de polichinelle.Nous avons besoin de gens bien
    Sarko aura fait de son mieux mais il n’a rien compris.La diversité ce n’est pas aimer tout le monde pour faire des voix ,c’est aimer la différence le mieux vivre ensemble.L’union fait la force !

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  • Bohnen

    Le 12 mars 2012 à 12:23

    Jean-Pierre Bouchard dit :Alors voile0 ! Moody’s vient de sugge9rer aux USA d’ enlever carre9ment le pfonald de la dette. c7a tombe sous le sens. Je l’ ai dit avant dans ce blogue : le cre9dit est ce qui fait avancer les individus et les socie9te9s de la plane8te. Les individus n’ ont pas le choix que d’ avoir des finances saines, sinon ils peuvent perdre leurs acquis. Mais les pays eux, ne peuvent pas perdre leurs acquis car ils font les lois et peuvent faire ce qu’ ils veulent avec les de9ficits. De plus, ils sont tous dans la meame situation. Alors quel pays va pouvoir ble2mer les autres ??? Aucun !!! Donc ils vont tous continuer e0 emprunter sur les abmarche9sbb et ne se soucierons pas du remboursement de leur dette c0 condition d’ eatre capables de faire le abpaiement minimumbb. Citoyens, je vous le dis : Jamais les dettes des gouvernements ne seront rembourse9es. Pas plus que nous n’ avons rembourse9 les dettes des de9cennies pre9ce9dentes. Et nous ne nous en portons pas plus mal. Oubliez ces histoires de dettes. c0 la place cre9ons les contrf4les qu’ il faut pour rendre les gouvernements plus efficaces dans la gestion de l’ argent qu’ il soutire e0 l’ e9conomie. Si l’ argent emprunte9 est bien utilise9 et que les peuples y trouvent leurs comptes, c’ est tout ce qui importe. Au diable les de9ficits Mais assurez-vous de faire votre paiement minimum. Moody’s l’ a dit : plus de pfonald sur les de9ficits !!! C’ est une nouvelle e8re qui s’ annonce La fin d’ un monde Le rapport de la plane8te avec l’ argent est sur le point de changer radicalement. La droite et la gauche n’ y peuvent plus rien. Les e9conomistes vont devoir accepter cette nouvelle donne et faire preuve de cre9ativite9 afin de faire de ce cre9dit ine9puisable une force de de9vellopement formidable pour tous les pays du globe.

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