La Grèce souffre, la construction européenne aussi…


 Cahiers  Crise économique et financière
Le 15 février 2012 | |  1 messages


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Les Grecs vont devoir faire de plus en plus de sacrifices pour que l’Europe aide financièrement leur pays. Le gouvernement grec a voté un nouveau plan d’économies malgré les grèves et les manifestations. Dimanche 12 février, à Athènes, une grande manifestation s’est terminée en émeute dans plusieurs quartiers de la ville. La crise grecque n’en finit pas. Et ce n’est pas seulement la population grecque qui souffre… C’est aussi une vraie construction européenne, une vraie politique européenne et une vraie solidarité européenne qui sont mises à mal.


Photo : Belga

Dimanche 12 février, les Grecs ont manifesté dans plusieurs villes du pays après 2 jours de grève générale. A Athènes, la capitale, au moins 80 000 personnes ont manifesté dimanche. A la fin de la manifestation, les violences ont commencé. Selon les manifestants, les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Selon la police, les tirs de gaz lacrymogène répondaient à des cocktails explosifs lancés par les manifestants. Beaucoup de manifestants étaient pacifiques. Mais la police est intervenue durement et n’a pas su contrôler certains groupes de manifestants. Dans plusieurs quartiers d’Athènes, il y a eu des affrontements entre des jeunes manifestants et la police. Une vingtaine d’immeubles ont été incendiés. 54 personnes ont été blessées. Violences, casse de magasins, incendies, émeutes…

Désespoir et désordre

Le désordre social régnait dans les rues d’Athènes. Le même jour, 199 députés grecs sur 300 ont voté un nouveau plan d’économies pour le pays. Car si les Grecs ont fait grève une nouvelle fois, s’ils ont manifesté une nouvelle fois, ce n’est pas pour le plaisir d’occuper les rues et de lancer des cocktails Molotov. C’est parce que ce plan d’économies est le 7e en 2 ans ! Et à chaque plan, c’est la même chose. On baisse les salaires, les retraites. On supprime des emplois dans les ministères et dans les services de l’Etat. On vend au privé les entreprises publiques. On augmente les impôts et les taxes. Et, à chaque fois, les dirigeants grecs ont le même discours.
Le premier ministre a demandé aux députés de voter le plan d’économies pour la Grèce "la misère, la banqueroute, la marginalisation et l’exclusion de l’euro". Depuis fin 2009, la Grèce est menacée. Car on découvre, fin 2009, que le budget de la Grèce est en grand déficit déficit ce qui manque pour qu’un budget soit en équilibre et que la dette est énorme. La Grèce est un pays de l’euro. Au point de se demander si le pays pourra rembourser, s’il n’est pas « au bord de la faillite ». La Grèce devient donc un « mauvais client » pour les banques. Comme à n’importe quel « mauvais client », on veut bien encore lui prêter de l’argent mais à des taux taux pourcentage, partie d’un ensemble plus élevés. Ce qui augmente encore la dette.

Un pays sous pression

Depuis 2 ans, les banques, les marchés financiers mettent donc la Grèce sous pression. Et ils ne sont pas les seuls. Car la Grèce est un pays de la zone euro. Le problème de la dette grecque est aussi le problème des pays de la zone euro. Depuis 2 ans, les dirigeants européens font donc aussi pression sur la Grèce. Les dirigeants européens veulent bien sauver la Grèce de la faillite. Mais pour cela, les Grecs doivent faire des efforts pour diminuer les dépenses. C’est comme cela depuis 2 ans. Pour avoir une nouvelle aide européenne de 130 milliards d’euros, la Grèce a donc voté un nouveau plan d’économies. En plus, le gouvernement grec doit s’engager à appliquer ce plan malgré les prochaines élections. Tout cela pour satisfaire les dirigeants européens et calmer les marchés financiers. Cela peut marcher mais pour combien de temps ? La population grecque souffre de cette crise depuis 2 ans. Et elle a l’impression que ce 7e plan d’économies n’est peut-être pas le dernier. Pas étonnant que les Grecs manifestent et fassent grève.

Plans d’économies, la solution ?

Ces plans d’économies ne sont pas seulement durs pour la population. Ces plans déstabilisent la Grèce et l’Europe économiquement et politiquement. Economiquement, les plans d’économie enlèvent du pouvoir d’achat à la population. La reprise économique est donc encore plus difficile. Les pays de la zone euro ont mis beaucoup de temps à réagir à la crise grecque. Ils n’ont pas été assez solidaires avec la Grèce. Et ils ne le sont toujours pas. Ils accordent des aides financières à la Grèce. Mais à chaque fois, c’est un peu plus dur socialement et un peu plus humiliant pour la population grecque. Politiquement, la crise grecque est très grave pour les pays de la zone euro. La crise a montré les défauts d’une vraie politique européenne. Et au-delà, la crise grecque est très grave pour l’idée d’Europe et la construction de l’Europe. Depuis la crise, le système politique grec est menacé. Par exemple, depuis dimanche, après le vote des députés grecs, plus aucun parti n’a la majorité absolue en Grèce. Ce n’est plus arrivé depuis 1993. La plupart des députés des deux grands partis, le Pasok (socialiste) et Nouvelle Démocratie (droite), ont voté le plan. Mais d’autres députés de ces partis ont refusé. Par exemple, depuis la crise, l’extrême-droite a participé au gouvernement grec. Et les élections ont été avancées au mois d’avril 2012.
Cette grave crise politique et sociale n’a pas l’air de beaucoup inquiéter les dirigeants européens. Et parmi eux, ceux qui apparaissent comme les vrais dirigeants de l’Europe : la chancelière allemande et le président de la République française. Allemagne et France, les 2 premières puissances économiques européennes. Evidemment, la Grèce ne pèse pas lourd dans la richesse des pays de la zone euro. C’était d’ailleurs une raison de plus pour l’aider. Cela n’aurait pas fait un gros trou dans les caisses des pays de la zone euro. Les dirigeants européens croient sauver leur pays et leur Europe d’une crise à la grecque en refusant une aide rapide et massive à l’Etat grec, en humiliant la population grecque par un nouveau plan d’austérité austérité le fait de baisser les dépenses de l’Etat, les dépenses sociales, de limiter les salaires … Alors qu’ils accélèrent peut-être une grave crise politique, économique et sociale de l’Europe toute entière.

Thierry VERHOEVEN

Quelques mesures du 7e plan d’économies :

  • le salaire minimum baisse de 22 % du (ramené à 586 euros brut)
  • les salaires baissent dans les entreprises d’intérêt public
  • 15 000 emplois publics seront supprimés dans l’année
  • les retraites complémentaires seront diminuées de 15 %
  • le budget de la sécurité sociale sera réduit
  • le budget de l’armée sera réduit (peut-être la seule bonne nouvelle)
  • quatre entreprises d’État seront vendues au privé

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Vos commentaires

  • Juju

    Le 16 mai 2012 à 01:27

    Hollande doit agir et vite
    On ne peut pas être solidaire avec un pays qui a triché ,c’est triste pour les citoyens grecs mais on ne peut pas fouttre toute une communauté Européenne par terre pour un pays qui ferait mieux de trouver des solutions au lieu de pleurer et de faire pitié.Les grecs sont en colère et on les comprend mais ils auraient dû se poser des questions.On ne peut pas être aussi inconscient.
    Il est question ici de l’équilibre de la monnaie de toute l’Europe,il faut arrêter l’hémoragie et installer des spécialistes sachant gérer le budget de ce pays.Il y a de l’argent en Grèce ,il suffit d’aller le débloquer et de l’utiliser pour rétablir d’abord la solidarité entre les Grecs eux même.
    Si on n’est pas sévère avec l’un que va t’on faire pour ceux qui sont sur la même pente ,on aurait dû établir des règles avant d’agrandir cette union qui n’en est pas une si chacun fait comme il l’entend.
    C’est la base de toutes sociétés,c’est ce qu’on nous apprend dès la maternelle.C’est incroyable ce qui arrive !On est tous responsable de cette état des choses,on a trop fait confiance !On nous débite tellement d’informations par tous ces médias qui nous envahissent que notre cerveau n’est plus capable de voir l’essentiel.On arrive plus à synthétiser tellement nous devons absorber des chari vari de nouvelles plus terribles les uns que les autres qu’on en oublie que la vie est un cadeau du ciel.
    Les Chinois et les Indiens doivent rire de nous et en plus de çà, ils nous envahissent avec leurs produits bon marchés
    On est en train de vider l’Europe de son économie tout cela parce que nous n’avons pas la mentalité à savoir dire ""NON".
    Tout çà c’est la faute à certains pays qui se disent démocratiques alors qu’ils n’en respectent pas les valeurs..et ce sont les plus démunis qui en souffrent comme toujours !
    Si tout cela n’était pas vrai ,on pourrait en rire et se dire :"ils nous ont fait une grosse blague comme bye bye Belgium "mais ici c’est un Bye Bye Europe ,c’est un bye solidarité,justice et égalité.

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