Les mots pour le dire (3)

Le groupe RN-APP3 Elizabeth Cruquenaire

 Cahiers  Le pouvoir des mots
Le 15 juin 2018 | Mise en ligne : Lydia Magnoni

Des textes créés lors d’ateliers d’écriture à partir du film « Une Saison en France » dans un groupe de stagiaires en formation d’adultes.


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Je parle à la place d’un personnage : Abbas

Latifa

J’ai quitté mon pays, en Centre Afrique, pour une vie meilleure pour ma famille. Pendant le trajet, j’ai perdu ma femme et avec sa mort, j’ai perdu aussi mon âme.
J’ai été confronté à des tas de difficultés pour venir ici. A Bangai, j’étais professeur de français. J’enseignais aux autres personnes les valeurs de la civilisation française et tous les sacrifices qu’avaient faits les Français pour leur liberté. La devise de leur pays, « Liberté, égalité, fraternité », m’a beaucoup inspiré.
Mais j’ai découvert une autre réalité : la haine, le racisme et la phobie des citoyens envers les migrants…

Je me sens faible, sans valeur, une personne qui ne vaut rien.

J’ai appris une bonne leçon : que j’aimerais bien retourner dans mon pays. Ces souffrances vécues, au moins je les sacrifierais dans mon propre pays, pour conserver ma dignité dignité Respect pour un être humain . La meilleure chose à faire, c’est de commencer par prendre l’initiative pour mon pays, car aucune personne étrangère ne peut se sacrifier à notre place. C’est à nous de le faire !

J’écris une critique du film

Saïda et Büsra

Une saison en France, film dramatique, triste réalité des réfugiés d’aujourd’hui. Dans ce film, on retrouve Eriq Ebouaney qui joue le rôle d’Abbas Mahadjir, père d’Asma et Yassine dans le film.
Les acteurs incarnent merveilleusement bien leurs rôles. Les scènes sont émouvantes. On retrouve dans ce film deux langages : le verbal et surtout le non-verbal. Dans le regard, on découvre la peur, la tristesse, l’insécurité mais aussi la colère.
Une colère qui se traduit par une France hostile à l’arrivée de ces réfugiés venus trouver une sécurité qu’ils n’ont pas dans leur pays.
En regardant ce film, nous avons été aussi prises de colère et d’incompréhension. Comment peut-on fermer les yeux sur la misère du monde ? Comment peut-on envoyer les gens à la mort en les renvoyant dans leur pays en guerre ?
En sortant de la séance, notre incompréhension ne s’est pas dissipée. L’histoire du film nous ramène à notre propre histoire, même si elle est moins dramatique. Enfants d’immigrés, nous pouvions ressentir à travers ce film les sentiments que nos parents ont jadis connus.
Ce film parle du parcours remarquable de ces hommes, de ces femmes et surtout de ces enfants qui sont les premières victimes de la folie des hommes. Il nous remet face à nous-mêmes, face à nos peurs, mais surtout à la chance que nous avons de vivre en sécurité.
En sortant du cinéma, la vie a repris son cours, mais nous sommes plus conscients du sort qui est réservé à ces personnes. N’oublions pas que les accueillants d’hier sont les réfugiés d’aujourd’hui.
Aujourd’hui eux et peut-être nous demain…

Je partage mes réflexions à partir des articles de l’Essentiel

On accueille toute la misère du monde, n’importe quoi !

Yamina Le sujet des réfugiés est un débat de la population ces derniers temps. Les gens qui s’inquiètent sur leur avenir, la venue des migrants sur leur terre, les conséquences économiques, le chômage…et cette peur de l’inconnu.

Sachons que selon les statistiques, il n’y a pas plus de demandeurs d’asile qu’en 2000 ou avant. Et il faut bien savoir que presque les trois-quarts sont des gens qui fuient leur pays par manque de sécurité, leur pays étant en guerre. Ils risquent leur vie sur des barques pour venir, un risque chaque jour de leur traversée. Vous croyez qu’ils viennent ici par plaisir ? Si leur pays était bien, ils seraient restés là-bas, car ils laissent derrière eux tout ce qu’ils possèdent, leur famille, avec le risque de ne plus les voir.

En plus, la Belgique a aussi besoin des migrants, car il faut savoir qu’en Belgique la population est de plus en plus vieillissante et donc, on a besoin de ces gens.

En finale, c’est un avantage et un échange bénéfique pour les réfugiés et pour nous. Nous aurons toujours besoin l’un de l’autre. Il faut voir le bon côté et pas seulement le mauvais. Il faut apprendre à vivre ensemble et on fera un monde meilleur. Accepter de tendre la main à son prochain, car personne ne sait ce que la vie lui réserve !

Froid et misère dans les camps de réfugiés…

Cassandra et Isabelle

Beaucoup de migrants partent de leur pays et doivent se réfugier dans des camps. Ils se rendent sur différentes îles grecques (Samos, Kos, Leros, Chios). Depuis janvier, ils sont exposés aux intempéries. Dans ces endroits, rien n’est aménagé pour passer l’hiver. Ils habitent sous une tente ; leurs conditions de vie sont déplorables : pas de chauffage, pas d’eau.
Sont compris les enfants, les femmes et les personnes handicapées.
Les chefs d’Etats sont bien responsables de cette situation.
En 2015, un enfant syrien est mort sur une plage de Turquie. Il devient l’emblème du drame.
Les migrants s’évadent pour atteindre l’Europe et laisser derrière eux la guerre et la misère. Beaucoup de ceux-ci meurent noyés chaque année . Certains pays comme la Hongrie et la Slovénie barricadent leurs frontières avec des murs et des barbelés pour les empêcher d’entrer en Europe.
Sur l’île de Lesbos ils choisissent les migrants qui pourraient avoir l’asile et le statut de réfugié et l’autre partie qui n’auront jamais l’asile. Ceux-ci retournent en Turquie et sont troqués pour un « bon migrant ».

Parler de l’immigration reste très personnel. Mais l’immigration apporte dans notre pays de nouvelles cultures.

J’écris un témoignage

Càtia

Etant immigrée moi-même, je connais un peu la difficulté d’arriver dans un pays qu’on ne connaît pas, de devoir habiter dans des endroits parfois insalubres. Heureusement, je suis européenne, donc ça a été plus facile.
Malheureusement, pour les réfugiés, ce n’est pas la même chose. Ils doivent se cacher car ils n’ont pas de papiers, malgré leurs nombreuses demandes d’asile qui sont souvent refusées.
Ils fuient leur pays parce qu’il y a la guerre, ils risquent leur vie sur des bateaux pneumatiques avec des enfants, des bébés.
Pourquoi ne pas aider ces personnes ? Il y a assez de place pour tout le monde.

Je compose un Haïku

Beity

Là-bas pour une belle vie
Colère et déception
Un rêve brisé

Saïda

Un feu
Dévalant l’escalier
Ma vie part en fumée

Büsra

À genoux dans le hall
Devant les fleurs
Tu m’apparais

Latifa

Elle caresse les roses
Tendresse
Devant elle, un homme souffre


Version imprimable de cet article Version imprimable Réagir

Dans la même rubrique

Les mots pour le dire (4)
Les mots pour le dire (4)
Le 20 juin 2018
Les participants du groupe CEB ont fait un atelier d’écriture avec leur formatrice Marina...
Luc, le passeur de monde
Luc, le passeur de monde
Le 4 octobre 2017
Charleroi est une ville industrielle de Wallonie. Beaucoup d’usines sont fermées. Même si...
274 millions de francophones dans le monde
274 millions de francophones dans le monde
Le 21 mars 2018
274 millions de personnes parlent le français dans le monde. Le français est la 5e langue parlée...
Parler pour ne rien dire
Parler pour ne rien dire
Le 21 juin 2018
Raymond Devos était un grand humoriste et il aimait jouer avec les mots. Voici un sketch amusant...

Un message ?


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sondage


Vous pensez que Mai 68

Clôture du précédent sondage "Sondage du cahier Le pouvoir des mots", pour voir l'analyse cliquez ici

Newsletter

Restez informé, inscrivez-vous à notre newsletter, c'est gratuit et utile !

Facebook

L'Essentiel

Editeur responsable

19, Avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique
Joëlle Van Gasse
19, avenue des Alliés
6000 Charleroi
Belgique

Rédactrice en chef : Lydia Magnoni
Secrétaire de rédaction : Thierry Verhoeven
L'ESSENTIEL L'information simple comme bonjour
Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs © Tous droits réservés.
Journalessentiel 2018 .
Squelette et Graphisme par Banlieues asbl

L'Essentiel est une production de la FUNOC.


L'Essentiel est réalisé avec l'appui du SAJ, dans le respect des droits d'auteur.


Avec le soutien de