Le Mai 68 des Présidents


 Cahiers  Mai, mai Paris Mai
Le 20 novembre 2017 | Mise en ligne : Thierry Verhoeven
Auteur : Thierry Verhoeven

Ce que l’on appelle « Mai 68 » est un grand mouvement de grèves et de manifestations d’étudiants et de travailleurs en France. Le président Emmanuel Macron a pensé commémorer commémorer rappeler un événement, une date de l’histoire par une cérémonie officielle l’événement. Puis, il y a renoncé. Depuis Mai 68, les présidents de la République ont, chacun à leur manière, pris position sur ce grand mouvement social et politique.

Par Thierry Verhoeven


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Avant Emmanuel Macron, chaque président de la République a eu un avis et pris des positions sur Mai 68. Petit retour en arrière.

1. De Gaulle


En Mai 68, le général de Gaulle est président de la République depuis 10 ans. Il semble maitriser toutes les situations. Avec les manifestations et les grèves étudiantes et ouvrières de mai et juin 1968, le général de Gaulle est débordé, désemparé même pendant plusieurs semaines. Finalement, il appelle à des élections. Son parti en sort grand vainqueur. Mais Mai 68 marque la fin d’un pouvoir ancien, le général de Gaulle démissionne en 1969.

2. Georges Pompidou

Georges Pompidou est premier ministre de la France en Mai 1968. Il est plus conciliant avec les étudiants et les ouvriers. Le 13 mai 1968, il fait réouvrir l’université de la Sorbonne fermée par la police depuis le 3 mai. Il négocie des augmentations de salaire avec les syndicats. Il dénonce ce qu’il appelle les provocateurs, mais il comprend que le mouvement est profond. Il déclare ainsi devant les députés en Mai 68 : « Traditionnellement la jeunesse était vouée à la discipline et à l’effort. La discipline a disparu. Ce n’est pas le gouvernement et les institutions ni même la France qui est en cause c’est notre civilisation elle-même. Georges Pompidou deviendra président de la république en 1969. Il dira alors vouloir que les citoyens participent plus à la vie politique du pays, vouloir développer la démocratie locale et abaisser l’âge du vote de 21 à 18 ans.

3. Valéry Giscard d’Estaing

Certains disent que le président de droite Giscard d’Estaing est un héritier de Mai 68. Giscard apparaît en 1974 comme un homme sportif, plus sympathique que les hommes politiques de droite qui étaient avant lui. Et il ne faut pas oublier que, sous la présidence de Giscard d’Estaing, la majorité est passée de 21 à 18 ans, qu’il y a eu la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). C’est dans l’idée de Mai 68. Mais il ne faut pas oublier non plus que, Giscard d’Estaing voulait quand même contrôler les médias et a interdit les radios libres. Cela n’est pas très Mai 68.

4. François Mitterrand

Et Mitterrand ? Ce vieil habitué de la politique. Quand il est élu président en 1981, Mitterrand fait de la politique depuis presque 40 ans et il a 65 ans. Mais quel était son slogan slogan phrase courte et frappante pour défendre une idée, une opinion.  ? « Changer la vie » ! Un slogan qui va bien avec Mai 68. Le jour de l’élection de Mitterrand, beaucoup de jeunes ont manifesté leur joie en chantant et en portant des drapeaux rouges. Au début de sa présidence, Mitterrand a autorisé les radios libres et a rendu les chaines de télévision plus indépendantes. Cela faisait très Mai 68.

5. Jacques Chirac

En mai 68, Chirac est un jeune politique. Il est nommé Secrétaire d’État à l’emploi. Il a un travail difficile : la grève est générale, la France est un pays paralysé et peut-être au bord d’une révolution. Chirac négocie avec les syndicats. Finalement, il y a les accords de Grenelle accords de Grenelle Accords entre le gouvernement, les patrons et les syndicats pour augmenter le salaire et les droits des travailleurs, accords obtenus dans un ministère, rue de Grenelle à Paris, le 26 mai 1968. qui améliorent beaucoup les conditions de travail des ouvriers. Les syndicats se calment. Chircac dira plus tard de Mai 68 : « Je n’étais pas choqué par les revendications d’une jeunesse pour une plus grande liberté de mœurs. Le désir de changement est naturel chez les jeunes, comme je voulais le faire comprendre à mes collègues du gouvernement. Sans doute, au même âge, j’aurais rejoint les étudiants de 68. Comme eux, j’ai mal vécu mon époque et ressenti l’incompréhension des adultes. »

6. Nicolas Sarkozy


Avant d’être élu président, Sarkozy annonce clairement les choses : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes . » Et Sarkozy affirme : « Les héritiers de Mai 68, la gauche, avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant. Il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie. »

7. François Hollande


En 2011, François Hollande est le candidat du Parti socialise à la présidence de la République contre Nicolas Sarkozy. Hollande salue les manifestants de Mai 68 en disant : « Les piétons de Mai 68, qui marchaient la tête dans les étoiles et qui avaient compris qu’il fallait changer dans une "société étriquée, archaïque". Leur utopie, c’était celle d’une société fraternelle qui puisse respecter l’Homme et la nature, et refuse de faire de la prospérité matérielle la mesure de toute chose. »


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