En Belgique francophone, les médias appliquent ce que l’on appelle un cordon sanitaire médiatique. Cela veut dire qu’ils ne diffusent pas en direct les propos contraires aux droits humains, racistes ou discriminatoiresQuelque chose est discriminatoire quand une personne ou un groupe est traité moins bien que les autres. Le cordon sanitaire médiatique est une exception dans le monde des médias. A quoi sert-il ?
Un cordon sanitairesert à protéger une population d’un danger, par exemple d’une maladie. Il y a le cordon sanitaire politiqueen politique belge, le cordon sanitaire veut dire que les partis politiques refusent toute alliance avec l'extrême droite.. C’est quand les partis politiques refusent de s’allier avec des partis d’extrême droite. Il y a aussi, en Belgique francophone, le cordon sanitaire médiatique. Cela veut dire qu’ils ne diffusent pas en direct des propos racistes, discriminatoires, antidémocratiques ou contraires aux droits humains. Cette règle concerne surtout l’extrême droite, mais pas seulement. Elle concerne des personnes et des mouvements belges et étrangers.
Les origines
En 1991, un parti d’extrême droite flamand, le Vlaams Blok, gagne beaucoup de voix aux élections. Les médias sont sous le choc. Les journalistes et la direction de la RTBF lancent alors le cordon sanitaire médiatique. Cela veut dire que la RTBF ne diffuse pas en direct des propos antidémocratiques, discriminatoires, racistes ou contraires aux droits humains. Cette règle concerne surtout l’extrême droite, mais pas seulement. Cette règle concerne des personnes et des mouvements belges, mais aussi étrangers. Les télés, journaux et magazines francophones de Belgique appliquent, eux aussi, le cordon sanitaire médiatique.
Informations expliquées
Les dirigeants d’extrême droite belges ou étrangers ne sont jamais invités en direct sur une chaine de télé francophone comme RTBF, RTL ou LN24. C’est aussi le cas dans la presse écrite. Les dirigeants du parti d’extrême droite flamand, Vlaams Belang"Intérêt flamand" en français, nouveau nom du Vlaams Blok, parti d'extrême droite flamand, ne sont jamais interviewés directement. Les journalistes rapportent ce qu’ils disent. Ils donnent les informations, mais elles sont expliquées, mises dans leur contexteEnsemble d'explications qui permettent de mieux comprendre une information. Et le cordon vaut pour tous les dirigeants belges et étrangers, même pour Donald Trump.
Trump aussi…
On est le 20 janvier 2024, Donald Trump devient officiellement président des Etats-Unis. Il fait un discours. La RTBF a diffusé le discours de Trump, mais avec un décalage de 2 minutes. Pourquoi ? Donald Trump a déjà tenu des propos antidémocratiques. S’il avait dit ce genre de choses dans son discours, les journalistes de la RTBF se laissaient 2 minutes pour expliquer et contextualiser les propos de Trump. Pour certains c’est de la censure.
Une censure ?
La censure serait de ne pas donner l’information au public. Avec le cordon sanitaire médiatique, on donne l’information au public et on l’explique. Un journaliste doit expliquer l’information. Il doit dire d’où elle vient et ce qu’elle veut dire. C’est une responsabilité morale et sociale du journaliste. C’est son rôle en démocratie.
Questions ?
Evidemment, le cordon sanitaire médiatique n’est pas un remède miracle pour empêcher la montée de l’extrême droite et des propos antidémocratiques. Sur les chaines de télévision françaises, par exemple, les dirigeants d’extrême droite Jordan Bardella et Marine Le Pen sont souvent invités. Et puis, la télé, la radio et la presse écrite ne sont plus les seules sources d’information. Il y a les réseaux sociaux. Il y a tous les messages antidémocratiques sur X, Facebook, Instagram, Tik Tok. Le cordon sanitaire reste quand même un moyen de lutter contre les discours antidémocratiques. Donc, autant ne pas couper ce cordon.
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