La conférence ministérielle de l’OMC s’est réunie à Hong
Kong. La discussion était centrée, entre autres, sur la question
de l’agriculture. Un accord a finalement été conclu. Non
sans mal. Les intérêts des pays du Nord et du Sud sont, en effet,
très différents.
![]() Photo: Belga |
Hong Kong a accueilli la 6ème conférence ministérielle de
l’Organisation mondiale du Commerce. Du 13 au 18 décembre, les représentants
de 149 pays membres se sont réunis. Pourquoi? Pour négocier la
libéralisation les échanges commerciaux et la diminution des droits
de douane sur les produits agricoles, industriels et les services. La négociation
avait commencé à Doha, la capitale du Qatar, en 2001. En Chine, à Hong
Kong, il y avait aussi 6 000 délégués, 2 000 membres d’ONG,
3 000 journalistes. Et, dans la rue, 10 000 manifestants venus des quatre coins
du monde.
Mésententes autour de l’agriculture
On doutait des chances de réussite de cette rencontre. Les intérêts
des grands «blocs» de pays n’étaient pas les mêmes.
Ceux des pays industrialisés, par exemple, sont très différents
de ceux des pays en voie de développement. Et même, tous les pays
industrialisés n’étaient pas du même avis. L’Union
européenne était critiquée pour ses aides à l’exportation,
surtout par les pays en voie de développement, mais aussi par les Etats-Unis
et le Brésil, l’Inde ou la Chine.
Ces aides font partie la politique agricole de l’Union européenne.
Elles permettent aux agriculteurs européens d’exporter leurs produits.
Même si les subsides européens sont parmi les plus élevés
au niveau mondial, l’Union n’est pas la seule à aider financièrement
ses producteurs agricoles. D’autres pays riches, comme les Etats-Unis,
donnent aussi des aides. Or, les produits à bas prix du Nord sont vendus
au Sud. Cela empêche les paysans du Sud de vivre correctement. Les paysans
du Sud ne sont donc pas à égalité avec ceux du Nord.
Accords de dernière minute
A Hong Kong, l’Union européenne a, dans un premier temps, refusé de
supprimer ses aides à l’exportation des produits agricoles d’ici
2010, comme il lui avait été demandé. En fin de compte,
les négociations ont abouti en dernière minute. Un accord a été signé.
En 2013, les aides à l’exportation des pays riches seront éliminées.
Pour l’Union, ces aides à l’exportation ne représentent
qu’une petite partie de l’ensemble de l’aide agricole.
Autre accord conclu en fin de conférence: les 49 pays les plus pauvres
de la planète pourront vendre des produits sur les marchés des
pays riches, sans droits de douane ni quotas. Mais cela ne concernera pas tous
leurs produits. Certains pays veulent protéger leur marché. Les
Etats-Unis cherchent à se protéger des importations de textiles à bas
prix . Et le Japon veut faire de même pour le riz.
« Stop OMC!»
Dans les rues de Hong Kong, pendant la conférence de l’OMC, des
milliers de militantspersonnes qui s'engagent et qui agissent pour défendre une idée, une cause. altermondialistes ont manifesté. Ils accusent l’OMC
de vouloir imposer une libéralisation du commerce qui ne sert qu’aux
pays riches et creuse le fossé avec les pays pauvres. Craignant des débordements,
le gouvernement chinois avait mobilisé en masse ses forces de sécurité.
Près de 9 000 hommes. Lors de l’une des manifestations, des confrontations
assez violentes avec la police ont fait une centaine de blessés. 900 manifestants
ont été arrêtés, en majorité des paysans sud-coréens.
Selon les militantspersonnes qui s'engagent et qui agissent pour défendre une idée, une cause., les forces de police ont réagi de manière
trop violente.
![]() Photo: Belga |
Les manifestations n’ont pas empêché les pays de l’OMC
de conclure un accord minimum. L’accord n’a pas été très
bien accueilli par les ONG. Celles-ci doutent que les aides agricoles des pays
du Nord baissent réellement. Les ONG craignent aussi que la suite des
négociations oblige le Sud à trop ouvrir son marché aux
produits industriels et aux services. Elles vont donc suivre de près la
suite des négociations, qui devrait avoir lieu aux alentours du mois d’avril
2006.
Céline Teret

