dimanche 25 février 2024

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Réfugiés, pauvres otages

Depuis plusieurs mois, des milliers de réfugiés venus surtout de Syrie et du Kurdistan irakien sont bloqués en Biélorussie à la frontière avec la Pologne, pays de l’Union européenne. Ils ont fui la misère et la guerre et sont une nouvelle fois des victimes. Victimes d’une crise diplomatique entre la Biélorussie et l’Union européenne.

La Syrie et l’Irak

Aux origines de cette situation, des pays qui ont été en guerre ou le sont encore. Il y a eu la guerre en Syrie de 2011 à 2020. 5 millions de personnes ont fui leur région de vie. Beaucoup vivent dans des camps de réfugiés dans les pays voisins comme le Liban, la Jordanie et la Turquie. Il y a eu plusieurs guerres en Irak. Même situation : des millions de personnes ont fui. Près de 1,5 million de personnes ont trouvé refuge au Kurdistan irakien. Ces gens veulent une vie meilleure, simplement avoir un avenir.

La Biélorussie

On change de région du monde. On est en Biélorussie. Un pays d’Europe de l’est qui a des frontières avec 3 pays de l’Union européenne, la Pologne et la Lituanie. La Biélorussie n’est pas un Etat démocratique. Il y a des élections, mais elles sont en grande partie truquées. Le président biélorusse Loukatchenko dirige le pays de façon très autoritaire.

La Biélorussie a des frontières avec 3 pays de l’Union européenne

L’Union européenne

En mai 2021, la Biélorussie force un avion de Ryan air à atterrir sur son territoire pour arrêter un opposant politique biélorusse qui était dans l’avion. En réaction, l’Union européenne a sanctionné la Biélorussie. Aucun avion biélorusse ne peut survoler les pays de l’Union, les entreprises de l’Union ne peuvent vendre ou acheter certains produits à la Biélorussie comme des logiciels informatiques et des nouvelles technologies. Les relations sont donc très mauvaises entre la Biélorussie et l’Union européenne. Le président a trouvé le moyen de faire pression sur l’Union européenne pour améliorer ces relations. Ce moyen : les réfugiés.

Chantage

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie accorde des visas de touristes à des réfugiés syriens et irakiens qui sont en Irak ou en Turquie. Ils arrivent par avion en Biélorussie. Ils sont encadrés par la police biélorusse et poussés vers les frontières avec la Pologne et la Lituanie, deux pays membres de l’Union européenne. Le pouvoir biélorusse fait une sorte de chantage à l’Union européenne : supprimez les sanctions et je ne vous envoie plus de réfugiés…

Otages

Ces réfugiés sont devenus des otages. Otages et même plus désespérant que cela encore. Car une expression apparait maintenant pour parler de ce genre de situation: une « attaque hybride ». Les réfugiés seraient des armes, pas tout à fait comme les autres certes, mais des armes. Des armes utilisées par un pays contre un autre pays. Les réfugiés n’ont pas d’armes. Ils fuient la misère et la guerre. Et on les lance dans ce que l’on appelle une attaque hybride. C’est une tragédie. Une tragédie de plus car ce n’est pas la première.

L’Union a peur

Si le président Loukachenko fait ce chantage, c’est parce qu’il sait que l’Union européenne a tendance à fermer ses frontières aux réfugiés. Et plus encore certains pays membres de l’Union européenne, comme la Pologne. Que vont devenir ces réfugiés ?

En attendant la mort?

En Biélorussie, les réfugiés ne trouveront pas asile, ils ne servent que pour le chantage du président Loukachenko. En Pologne et dans l’Union européenne, on ne les veut pas. Ils pourraient être renvoyés dans leur pays d’origine, dans la guerre et la misère… Mais en attendant ils errent à la frontière de l’Union européenne et ils risquent la mort.

Aucune douleur n’a de frontières

On dit que la Biélorussie est une dictature ? D’accord ! Face à elle, l’Union européenne est un grand espace de démocratie, de liberté et de droits ? D’accord ! Alors, les dirigeants de l’Union européenne doivent trouver une solution à cette situation dramatique. La solution n’est pas simple, mais elle peut commencer par faire sienne cette phrase du grand écrivain Patrick Chamoiseau dans son livre Frères migrants : «Aucune douleur n’a de frontières.»

Lire aussi notre article sur le livre de Patrick Chamoiseau Frères migrants, parmi nous, vivez!

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