Gisèle Halimi a été une grande féministe. Elle a lutté pour les droits des femmes. Elle a lutté pour les droits de tous. Nous parlons ici de 3 de ses combats : contre la torture en Algérie, contre les atrocités de la guerre du Vietnam et pour le droit à l’avortement. Ce sont des combats qu’elle n’a pas pu gagner seule. Elle les a gagnés avec l’aide d’une autre grande féministe : Simone de Beauvoir. C’est parce qu’elles ont choisi la cause des femmes qu’elles défendent aussi la cause de tous les dominés.
Gisèle Halimi est née en 1927 en Tunisie dans une famille juive pauvre. Comme fille, elle doit faire les travaux de la maison et servir ses frères. À 13 ans, elle fait une grève de la faim pour que ses parents acceptent de la laisser étudier plutôt que de faire tout le temps le ménage.
À 16 ans, elle refuse un mariage arrangé avec un homme riche du village. À l’époque, la Tunisie est sous domination de la France. Gisèle obtient une bourse pour continuer ses études à Paris.
Gisèle rencontre Simone
À Paris, elle étudie la philosophie et le droit. Elle devient avocate. En 1949, Simone de Beauvoir publie Le Deuxième Sexe. Dans ce livre, Simone de Beauvoir montre comment la société enferme la femme dans son rôle de mère et dans son foyer. Gisèle a 23 ans. Elle découvre le livre. C’est une révélation. En tant que femme, Gisèle ressentait des injustices. Le Deuxième Sexe lui explique les raisons de ces injustices. En 1958, Gisèle rencontre Simone. Ensemble, elles vont mener des combats pour les droits des femmes et pas seulement.
Contre la torture en Algérie
En 1960, l’avocate Gisèle Halimi va défendre Djamila Boupacha. C’est une jeune militante pour l’indépendance de l’Algérie. À l’époque, l’Algérie est encore une colonie française. Les Algériens veulent l’indépendance. Djamila est accusée d’avoir fait un attentat. En prison, elle a été torturée et violée par des soldats français. L’État français veut garder le silence sur les tortures de l’armée française. Pour mieux défendre Djamila, Gisèle Halimi veut que les journaux parlent des viols et des tortures. Elle appelle Simone de Beauvoir, qui est déjà célèbre. Simone de Beauvoir écrit une tribune dans les journaux. Avec Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir signe un livre sur l’histoire de Djamila.
Contre les crimes des États-Unis au Vietnam
Dans les années 60, les États-Unis font la guerre au Vietnam. Ils veulent empêcher que le pays ne devienne communiste. L’armée américaine commet les pires atrocités contre les civils vietnamiens. Il y a beaucoup de manifestations contre cette guerre. En 1967, des personnalités, des intellectuels du monde entier créent le tribunal Russell. C’est un tribunal moral pour enquêter, critiquer et dénoncer les crimes des États-Unis au Vietnam. Ce n’est pas un vrai tribunal. Il sert à dire publiquement que ces crimes existent. Gisèle et Simone sont les 2 seules femmes à participer à ce tribunal.
Procès pour avortement
En avril 1971, Simone de Beauvoir lance un manifeste. Dans ce texte, 343 femmes disent qu’elles ont avorté clandestinement. À cette époque, l’avortement est interdit en France. Au même moment, Gisèle Halimi crée le mouvement “Choisir la cause des femmes”. Le mouvement est présidé par Simone de Beauvoir. Mais ce qui va surtout faire connaître Gisèle Halimi, c’est le procès de Bobigny en 1971. Voici l’affaire.
Une mère célibataire a aidé sa fille, violée à 16 ans, à avorter clandestinement. Aussitôt après, le violeur est allé dénoncer les femmes à la police. La mère, la fille et la femme ayant pratiqué l’avortement sont arrêtées. Elles passent devant le tribunal de Bobigny. Gisèle Halimi est leur avocate. Avec Simone de Beauvoir et d’autres féministes, Gisèle Halimi fait du procès une affaire médiatique et une tribune politique. Le procès montre l’injustice d’une loi qui empêche les femmes de disposer de leur corps. Il montre que la loi qui interdit l’avortement est une loi injuste. Les femmes riches ont les moyens d’aller se faire avorter en Grande-Bretagne ou en Suisse. Les femmes plus modestes peuvent être arrêtées et condamnées pour un avortement clandestin en France. Les 3 femmes accusées seront condamnées, mais condamnées à des peines très légères. Le procès est historique. Avec le Manifeste des 343, le procès de Bobigny ouvre la voie à la loi pour la légalisation de l’avortement de 1975.
Dans leur vie, Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi ont choisi la cause des femmes. Et parce qu’elles ont choisi la cause des femmes, elles ont aussi choisi la cause de tous ceux qui sont dominés et exploités. On pourrait dire que Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi étaient pour un féminisme universel.
On peut lire les vies croisées de Gisèle Halimi et de Simone de Beauvoir, plus en détails dans Clara Magazine
