mardi 25 juin 2024

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La dette, y’a pas que les Grecs

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320 milliards d’euros, c’est la dette de la Grèce ! Cela représente 177 % des richesses totales que le pays crée en un an. Impossible à rembourser. D’ailleurs le nouveau gouvernement Syriza dirigé par Alexis Tsipras demande d’annuler une partie de la dette et d’allonger le temps de remboursement. Pourtant, on entend partout : « Cette dette, c’est quand même bien les Grecs qui l’ont fait. » Eh bien, oui et non… La faute aux Grecs Depuis 6 ans, les finances de l’Etat grec sont catastrophiques. A cause de quoi ? Tout le monde le dit : les gouvernements grecs et la population grecque ont trop dépensé avant 2009. Les gouvernements ont emprunté et emprunté encore. Ils ont menti sur la situation financière du pays. L’Etat est corrompu. Les services de l’Etat ne sont pas efficaces. Beaucoup de Grecs travaillent au noir et ils ne paient pas leurs impôts. Tout ça est un peu vrai. D’ailleurs, le nouveau gouvernement dirigé par Syriza va s’attaquer à la corruption. Il va améliorer les services de l’Etat, lutter contre la fraude fiscale organisée par les grandes entreprises et les Grecs les plus riches. Ce qui est vrai aussi, c’est que la Grèce n’est pas la seule responsable de sa dette. Le système financier international a encouragé la Grèce à s’endetter et il en a bien profité. La faute à la zone euro En 2001, la Grèce entre dans la zone euro. Pour relancer la croissance économique du pays, la Grèce emprunte beaucoup d’argent aux banques et financiers privés. Les banques et financiers privés, eux, touchent des intérêts. Et ça marche, l’économie se porte bien. Pour qu’elle se porte encore mieux, l’Etat grec emprunte encore et dépense plus. Les banquiers et les financiers privés continuent à prêter puisqu’ils touchent des intérêts. Personne ne s’inquiète car il y a la croissance économique. Pourtant, on sait que les finances publiques de la Grèce ne doivent pas être très bonnes. Par exemple, la Grèce a dépensé trop d’argent pour les Jeux olympiques de 2004. Et elle dépense beaucoup trop d’argent pour son armée. L’entrée dans la zone euro n’a pas que des avantages. La Grèce doit appliquer la politique européenne. Elle doit s’ouvrir complètement au marché international et européen. La Grèce exporte peu et importe beaucoup. Cela déséquilibre les finances publiques. La Grèce doit baisser les taxes sur les grandes entreprises et le capital. Cela augmente le déséquilibre. Et puis, c’est la catastrophe. La faute aux banques En 2007, c’est le début d’une grande crise financière à cause des banques américaines. En 2008 et 2009, la crise devient mondiale. En Grèce, un nouveau gouvernement arrive au pouvoir et donne les vrais chiffres de la dette grecque pour accuser l’ancien gouvernement. La dette est beaucoup plus élevée que prévu. Résultat ? Les banques et les financiers continuent à prêter à la Grèce mais demandent des intérêts très élevés. Et les spéculateurs gagnent alors beaucoup d’argent sur le dos de la Grèce. Comment ? C’est très compliqué à expliquer. Pour résumer le fonctionnement du système financier international, on peut reprendre ce que dit un homme politique grec : « C’est comme si votre voisin prenait une grosse assurance incendie pour votre maison. S’il veut toucher l’assurance, il a intérêt à mettre le feu à votre maison. » La faute à l’Europe Après de longues négociations, les dirigeants européens acceptent d’aider la Grèce. C’est-à-dire que les Etats européens prêtent à la Grèce pour qu’elle puisse rembourser les banques privées qui ont déjà gagné beaucoup d’argent. En échange, les dirigeants européens exigent que l’Etat grec fasse une politique d’austérité. On diminue toutes les dépenses sociales : on baisse les salaires, les pensions, les allocations sociales. On consacre moins d’argent à la santé, etc. On augmente les taxes comme la TVA. On vend à bas prix les biens de l’Etat au privé. Résultat ? La population est plus pauvre, elle achète moins, l’économie va moins bien, le chômage augmente. Le déficit de l’Etat augmente. L’Europe exige de la Grèce encore plus d’austérité. C’est une spirale sans fin… La preuve ? En 2008, la dette grecque représentait 113% des richesses totales produites en Grèce pendant un an. En 2015, elle en représente 177%. Depuis six ans, la situation des Grecs ne fait qu’empirer. Depuis six ans, les Grecs sont soumis aux lois de l’Union européenne et des marchés financiers. Ils ne peuvent plus décider de leur avenir. Depuis six ans, les Grecs sont devenus plus pauvres. Depuis six ans, les Grecs sont humiliés. En votant pour le mouvement de gauche Syriza, les Grecs redressent la tête.

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Pour cet article, nous nous sommes basés, entre autres, sur 3 analyses détaillées

Une analyse du groupe ATTAC Une analyse du groupe « Economistes atterrés » Une analyse de l’Institut du Travail de la Confédération générale des travailleurs de Grèce 0._etui_grece_crise_austerite_impacts_1_.pdf

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La dette, y’a pas que les Grecs

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320 milliards d’euros, c’est la dette de la Grèce ! Cela représente 177 % des richesses totales que le pays crée en un an. Impossible à rembourser. D’ailleurs le nouveau gouvernement Syriza dirigé par Alexis Tsipras demande d’annuler une partie de la dette et d’allonger le temps de remboursement. Pourtant, on entend partout : « Cette dette, c’est quand même bien les Grecs qui l’ont fait. » Eh bien, oui et non…

La faute aux Grecs

Depuis 6 ans, les finances de l’Etat grec sont catastrophiques. A cause de quoi ? Tout le monde le dit : les gouvernements grecs et la population grecque ont trop dépensé avant 2009. Les gouvernements ont emprunté et emprunté encore. Ils ont menti sur la situation financière du pays. L’Etat est corrompu. Les services de l’Etat ne sont pas efficaces. Beaucoup de Grecs travaillent au noir et ils ne paient pas leurs impôts.

Tout ça est un peu vrai. D’ailleurs, le nouveau gouvernement dirigé par Syriza va s’attaquer à la corruption. Il va améliorer les services de l’Etat, lutter contre la fraude fiscale organisée par les grandes entreprises et les Grecs les plus riches. Ce qui est vrai aussi, c’est que la Grèce n’est pas la seule responsable de sa dette. Le système financier international a encouragé la Grèce à s’endetter et il en a bien profité.

La faute à la zone euro

En 2001, la Grèce entre dans la zone euro. Pour relancer la croissance économique du pays, la Grèce emprunte beaucoup d’argent aux banques et financiers privés. Les banques et financiers privés, eux, touchent des intérêts. Et ça marche, l’économie se porte bien. Pour qu’elle se porte encore mieux, l’Etat grec emprunte encore et dépense plus. Les banquiers et les financiers privés continuent à prêter puisqu’ils touchent des intérêts. Personne ne s’inquiète car il y a la croissance économique. Pourtant, on sait que les finances publiques de la Grèce ne doivent pas être très bonnes. Par exemple, la Grèce a dépensé trop d’argent pour les Jeux olympiques de 2004. Et elle dépense beaucoup trop d’argent pour son armée.

L’entrée dans la zone euro n’a pas que des avantages. La Grèce doit appliquer la politique européenne. Elle doit s’ouvrir complètement au marché international et européen. La Grèce exporte peu et importe beaucoup. Cela déséquilibre les finances publiques. La Grèce doit baisser les taxes sur les grandes entreprises et le capital. Cela augmente le déséquilibre.
Et puis, c’est la catastrophe.

La faute aux banques

En 2007, c’est le début d’une grande crise financière à cause des banques américaines. En 2008 et 2009, la crise devient mondiale. En Grèce, un nouveau gouvernement arrive au pouvoir et donne les vrais chiffres de la dette grecque pour accuser l’ancien gouvernement. La dette est beaucoup plus élevée que prévu. Résultat ? Les banques et les financiers continuent à prêter à la Grèce mais demandent des intérêts très élevés.

Et les spéculateurs gagnent alors beaucoup d’argent sur le dos de la Grèce. Comment ? C’est très compliqué à expliquer. Pour résumer le fonctionnement du système financier international, on peut reprendre ce que dit un homme politique grec : « C’est comme si votre voisin prenait une grosse assurance incendie pour votre maison. S’il veut toucher l’assurance, il a intérêt à mettre le feu à votre maison. »

La faute à l’Europe

Après de longues négociations, les dirigeants européens acceptent d’aider la Grèce. C’est-à-dire que les Etats européens prêtent à la Grèce pour qu’elle puisse rembourser les banques privées qui ont déjà gagné beaucoup d’argent. En échange, les dirigeants européens exigent que l’Etat grec fasse une politique d’austérité. On diminue toutes les dépenses sociales : on baisse les salaires, les pensions, les allocations sociales. On consacre moins d’argent à la santé, etc. On augmente les taxes comme la TVA. On vend à bas prix les biens de l’Etat au privé.

Résultat ? La population est plus pauvre, elle achète moins, l’économie va moins bien, le chômage augmente. Le déficit de l’Etat augmente. L’Europe exige de la Grèce encore plus d’austérité. C’est une spirale sans fin… La preuve ? En 2008, la dette grecque représentait 113% des richesses totales produites en Grèce pendant un an. En 2015, elle en représente 177%.

Depuis six ans, la situation des Grecs ne fait qu’empirer. Depuis six ans, les Grecs sont soumis aux lois de l’Union européenne et des marchés financiers. Ils ne peuvent plus décider de leur avenir. Depuis six ans, les Grecs sont devenus plus pauvres. Depuis six ans, les Grecs sont humiliés. En votant pour le mouvement de gauche Syriza, les Grecs redressent la tête.

Exercice

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Et bien sûr sa correction

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A voir

On explique la dette publique. Le point de départ est la Belgique mais c’est la même chose pour les autres pays.

4 minutes pour comprendre à qui profite la dette. Une vidéo du CEPAG

La dette légitime ou pas ?

A lire sur notre site

Pour savoir qui intervient dans le système de la dette

Les grands acteurs

Sur le manque d’aide de l’Europe à la Grèce

Poids de la dette et légèreté politique

Ce que les banques et l’Europe ont imposé à la Grèce

La Grèce souffre, la construction européenne aussi

[(

Pour cet article, nous nous sommes basés, entre autres, sur 3 analyses détaillées

Une analyse du groupe ATTAC

Une analyse du groupe « Economistes atterrés »

Une analyse de l'Institut du Travail de la Confédération générale des travailleurs de Grèce

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2 Responses

  1. La dette, y’a pas que les Grecs
    y en a marre d’entendre a la télé que les grecs disposent de seulement 60euros par jours ce qui fait 1800euros par mois
    en cequi me concerne je vis avec 980euros par mois alors les pauvres chéris je veux bien changer avec eux

    1. La dette, y’a pas que les Grecs
      Les Grecs pouvaient retirer au maximum 60 euros par jour, à la banque. A condition bien sûr de les avoir sur leur compte.
      Cela ne veut absolument pas dire que tous les Grecs ont 1800 euros par mois. Loin de là… Les allocations de chômage sont très basses ( entre 300 et 600 euros ) et limitées dans le temps. Les pensions ont été diminuées et les salaires des fonctionnaires ne sont parfois pas payés.
      Pas vraiment enviable, le sort des Grecs…

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