mardi 23 avril 2024

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Mort du leader


Yasser Arafat aura passé toute sa vie à
défendre
la cause palestienne – Photo: Belga

Yasser Arafat, le Président de l’autorité
palestinienne est mort à l’hôpital militaire de Clamart,
près de Paris. Coiffé de son éternel keffieh,
Arafat était une figure, le symbole de la lutte des Palestiniens pour
leurs libertés. L’homme au keffieh n’est plus. Reste le symbole.

Arafat est le chef historique de la Palestine. Le symbole de ce
que l’on appelle aujourd’hui la cause palestinienne. Il s’est
battu pour la cause palestinienne pendant toute sa vie. Pour comprendre le combat
d’Arafat, il suffit de regarder les cartes du Moyen-Orient. Juifs, musulmans,
chrétiens, non-croyants ont partagé très longtemps les
mêmes terres en
bonne intelligence
. Au-delà de leurs croyances, ces gens faisaient
du commerce, échangeaient des idées, se respectaient. Bien des
éléments de notre culture viennent de cette région. En
1948, avec la création de l’état d’Israël, les
Palestiniens ont dû quitter les territoires où ils vivaient. Depuis,
les Palestiniens revendiquent un territoire à eux. Et c’est le
début d’un conflit qui n’a pas encore trouvé de solution
aujourd’hui. Pour Israël et la Palestine, cette histoire est terrible.
Lourde de morts de part et d’autre.

Lutte armée…

Yasser Arafat est né à Gaza un 24 août 1929 sous le nom
d’Abel Raul Arafat al Kudwa. Il passe sa jeunesse à Jérusalem
et ensuite en Egypte et à Gaza. Pendant ses études d’ingénieur
à l’université du Caire (de 1952 à 1956), il devient
président de l’Union des étudiants palestiniens. En 1959,
il fonde avec d’autres le Fatah, un groupe de résistance. A cette
époque, les Palestiniens n’existent plus. Ils n’ont même
plus de nom. En 1970, Madame Golda Meir, Premier ministre israélienne
disait “les Palestiniens n’existent pas, ce sont des Arabes.”
Le Fatah prend le contrôle de l’Organisation de Libération
de la Palestine, l’OLP. Arafat devient son président en 1969. Il
est soutenu à l’époque par le président égyptien
Nasser. Dans sa base de Beyrouth, au Liban, l’OLP fournit des services
sociaux aux réfugiés palestiniens. Elle arme et organise des groupes
armés qui lancent des attaques incessantes sur Israël. En 1982,
l’armée israélienne envahit le Liban. Yasser Arafat va s’établir
en Tunisie. De cette nouvelle base, il continue son combat pour la reconnaissance
de la Palestine. Yasser Arafat aura par tous les moyens- terrorisme et voie
diplomatique-, essayé de rendre son unité au peuple palestinien.

Et négociations

En 1988, Arafat renonce officiellement à la lutte armée contre
Israël. Il reconnaît aussi l’existence de l’Etat d’Israël.
A la suite de négociations secrètes, Yitzhak Rabin et Arafat signent
un accord de reconnaissance mutuelle à Washington le 9 septembre 1993.
Grâce à ce geste, Rabin, Arafat et Pérès reçoivent
le prix Nobel de la paix. Le traité est signé. L’armée
israélienne se retire et Yasser Arafat est acclamé par la foule
lorsqu’il devient chef de la Palestine. Suite aux accords d’Oslo,
la Palestine obtient une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la
bande de Gaza. En 1995, Rabin est assassiné. Netanyahou est élu
Premier ministre de l’Etat israélien. L’application des accords
d’Oslo est freinée. Arafat ne cessera jamais de dénoncer
ce fait. En janvier 1996, plus d’un million de personnes désignent
Arafat comme président de l’exécutif du Conseil législatif
palestinien.

En 2000, Clinton en fin de mandat présidentiel essaye une nouvelle fois
de trouver un accord entre Israéliens et Palestiniens. En vain.

Ariel Sharon arrive au pouvoir en 2001. Il considère que Yasser Arafat
n’est pas un interlocuteur valable. Il ne veut pas négocier avec
lui. Il veut le placer en dehors du jeu politique. Arafat est alors bloqué
à Ramallah par l’armée israélienne. Beaucoup d’observateurs
et d’historiens jugeront cet homme et cette période de l’histoire.
Il est certain qu’après Arafat, le Moyen-Orient ne sera plus le
même. Arafat aurait-il dû accepter les accords que Bill Clinton
proposait en 2000? Qui va demain porter le keffieh d’une réelle
autorité politique pour la Palestine ? Au Moyen-Orient, il y a beaucoup
de questions et peu de réponses.

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