L’enfer au paradis


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Le 1er janvier 2005 | |  1 messages


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Raz-de-marée ou tsunami.
Tout le sud-est asiatique a vécu des moments
de fin du monde le lendemain de Noël. Un séisme sous-marin a provoqué des
ondes de vagues gigantesques qui ont ravagé de nombreux pays, de la Malaisie
jusqu’aux côtes est-africaines.

On dénombre aujourd’hui plus de 160 000 morts, sans tenir compte
des disparus. Le bilan va encore s’alourdir dans les semaines qui viennent.
On ne connaîtra sans doute jamais le nombre de victimes de ce phénomène
naturel. Les secours se sont mis en place avec beaucoup de difficultés.
Les problèmes sont multiples et complexes. Il faut faire face à tout,
partout et en même temps.

Un séisme sous-marin

Phénomène naturel, les tsunamis se
forment sur une côte
peu profonde suite à un séisme sous-marin. Le séisme provoque
le déplacement soudain d’une énorme quantité d’eau.
Ce mouvement engendre des vagues d’une grande amplitude et d’une
hauteur relativement faible. Ces vagues progressent sur l’océan à la
vitesse d’un avion de ligne, environ 800 à 900 kilomètre/heure !
L’importance du tsunami dépend de l’intensité du
séisme, de la profondeur de son épicentre et de l’importance
des mouvements verticaux qu’il a provoqués. Au large et dans les
eaux profondes, les vagues ont une longueur d’onde très importante,
de quelques dizaines jusqu’à 300 kilomètres. La hauteur
des vagues est très faible. En mer, elles sont quasi invisibles d’un
bateau. Cela n’a donc rien avoir avec un phénomène météorologique
comme une tempête qui peut provoquer des vagues de trente mètres
au milieu de la mer et broyer des bateaux.

Trois heures pour traverser l’océan
indien !

Mais à l’approche des côtes, l’avant de la
vague du tsunami est rapidement freiné tandis que l’arrière
arrive à toute
vitesse. La vague se contracte. Elle prend donc de la hauteur. A ce moment,
c’est un véritable mur d’eau qui s’abat sur les côtes.
Cette masse d’eau varie de six mètres à trente mètres
de hauteur. Généralement, la première vague n’est
pas la plus forte. Les suivantes peuvent survenir plusieurs minutes ou même
une heure plus tard. L’énergie de ces vagues dépasse l’imagination.
Elles balaient tout sur leur passage : bateaux, constructions diverses. On a
notamment pu voir sur les images télévisées un train emporté comme
un vulgaire jouet ! Il faut imaginer la hauteur d’une vague égale à un
immeuble de trente étages qui vous tombe dessus ! Dans le cas du tsunami
du 26 décembre, deux trains d’ondes sont partis de la zone de
l’épicentre du séisme situé dans l’océan
indien au large du nord de Sumatra (voir carte).

La puissance de la vague a été telle
que même l’Afrique a été touchée. La Somalie
enregistre environ 200 victimes. Le niveau de la mer a brusquement augmenté de
22cm en Californie, de 50cm au Chili et même de 2,6 mètres sur
la côte mexicaine où l’énergie s’est trouvée
concentrée.

Au secours, oui mais...

Le macabre décompte des victimes du 26 décembre
atteint déjà plus
de 160 000, mais il reste encore de nombreux disparus. Et chaque jour apporte
toujours de nouveaux cadavres. Certaines zones parmi les plus sinistrées
n’ont encore été visitées fautes de moyens humains
et matériels, mais surtout parce qu’elles restent quasi inaccessibles.
Comment s’y rendre quand il n’y a plus de routes, plus de ports
ou de zones d’atterrissages ? Les côtes basses ont été les
plus meurtries. Le tsunami aurait pénétré jusqu’à dix
kilomètres à l’intérieur des terres. En réalité,
on ne connaîtra sans doute jamais le nombre exact de victimes de cette
immense catastrophe. Bien sûr, le séisme d’Atjeh (au nord
de Sumatra), par sa puissance, « n’est que » le cinquième
des grands séismes connus. Mais il a frappé, entre l’Inde
et l’Indonésie, dans une zone de grande densité de population.
Ces populations comptent parmi les plus pauvres et se situent en zone tropicale.
Les constructions légères habituelles dans ce type de climat
n’ont pu résister à un tel raz-de-marée. Huit pays
du sud-est asiatique ont été violemment touchés par le
tsunami : l’Indonésie, le Sri Lanka, l’Inde, la Thaïlande,
les Maldives, la Malaisie, la Birmanie, le Bangladesh, sans compter l’est
de l’Afrique avec la Somalie et le Kenya.

Visions de cauchemars

Tous les témoignages vont dans le même sens.
La situation est catastrophique. Certaines villes côtières sont
carrément
rayées de la carte. Les images satellites le montrent. L’eau potable
manque cruellement, la nourriture aussi malgré les efforts déployés
par l’aide internationale. Mais malgré cet élan de générosité,
la situation sanitaire se dégrade de jour en jour. Les stocks de vivres
et d’eau arrivent, mais il est très difficile de les acheminer
là où ils sont le plus nécessaires. Les zones à couvrir
sont immenses. Les routes sont souvent coupées. Les véhicules
sont hors d’usage et le carburant manque. Pendant ce temps, les survivants
se débrouillent comme ils le peuvent... en attendant. Pêcheur à Sumatra,
touriste à Phuket, riche, pauvre, puissant ou misérable aux Maldives,
chrétien, musulman ou athée, le tsunami n’a pas vraiment
fait dans le détail.

Solidarité bien ordonnée...

Les médias du monde entier
ont montré, passé en boucle
les images atroces de ce cataclysme. Mais que se serait-il passé si
des milliers de touristes occidentaux Occidentaux Etats-Unis, Canada et pays d’Europe de l’Ouest n’avaient pas été sur
place pour les vacances de fin d’année ? Aurait-on parlé si
longtemps et si souvent de ce séisme dans des pays si lointains ? La
plupart de ces touristes ont été rapatriés par les agences
de voyages, les avions militaires ou sur des lignes régulières.
Il reste malheureusement plusieurs centaines de disparus de toutes nationalités.

En 1991, le Bangladesh était ravagé par un cyclone qui a fait
140 000 morts. Les médias en ont parlé pendant quelques jours,
et puis... sont passés à autre chose... Ajoutons à cela
la période creuse au point de vue actualité pendant la période
des fêtes, et on comprend comment les médias ont rempli leurs
pages et leurs écrans avec cette terrible catastrophe.

De l’espoir

Cette couverture médiatique aura eu le mérite
de susciter des élans
de générosité sans précédent. Générosité des
particuliers, des entreprises et des Etats dans leur grande majorité.
Beaucoup de promesses ont été faites pour aider à la reconstruction
des zones sinistrées. Le 6 janvier, le sommet de Djakarta devrait permettre
de coordonner les aides et les opérations en cours dans le sud-est asiatique,
le tout sous la direction de l’ONU ONU Organisation des Nations Unies, presque tous les Etats du monde sont à l’ONU, En principe, l’ONU défend le droit international, la sécurité et la paix. . Reste à souhaiter que les
promesses faites soient tenues. Là-bas, le plus dur est peut-être
passé, mais le plus difficile reste à faire et pour longtemps
 !

Nicolas Simon


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Vos commentaires

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