Silence radio…actif


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Le 1er mai 2006 | |  1 messages


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20 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, on n’a
pas encore répondu à toutes les questions. Combien de morts ?
Quelles retombées radioactives ? Les réponses sont contradictoires.
Selon l’organisme qui a mené ou commandé l’enquête.


Photo : Belga

Résumons les choses. Le 26 avril, à 1h23, très exactement.
Suite à une expérience sur le quatrième réacteur,
la centrale des machines de la centrale Lénine à Tchernobyl explose.
Tchernobyl est en Ukraine, une des régions de l’ex-URSS.
A l’époque, le monde est encore divisé en deux blocs qui
s’affrontent : le Bloc de l’Est, dominé par l’URSS et
le Bloc de l’Ouest, dominé par les Etats-Unis. L’URSS est
encore communiste. Elle est encore derrière le rideau de fer. Les informations
passent mal. Quand le réacteur de Tchernobyl explose, les autorités
soviétiques ne le disent pas tout de suite. Par la suite, elles essaieront
de minimiser la catastrophe.

Puissante comme l’URS

Le réacteur de Tchernobyl va brûler pendant dix jours. Il va
envoyer des particules radioactives en Russie, en Ukraine, en Biélorussie … et
dans le reste de l’Europe. Ce sera, la plus grande catastrophe nucléaire
civile.
Inaugurée en 1977, la centrale nucléaire de Tchernobyl devait être
l’une des plus puissantes du monde. Elle pouvait produire 4000 mégawatts.
Cette centrale devait, en fait, ressembler à l’URSS de cette époque.
Pourtant en 1977, l’Union soviétique n’a pas vraiment besoin
de l’énergie produite par cette centrale. Mais la nation soviétique
voulait se montrer à la pointe du progrès industriel et rivaliser
avec les Etats-Unis et avec le reste du monde occidental. C’était
une question de prestige . Il fallait faire vite. Le retard était grand.
A l’époque, l’électricité n’arrivait
pas dans certaines régions de l’URSS.


Photo : Belga

Quand le réacteur
4 de cette énorme centrale explose, personne
n’y est vraiment préparé. Pour les dirigeants soviétiques,
il était impensable qu’un tel accident puisse arriver. Une telle
catastrophe n’était pas prévue au programme . Ils réagiront
tard et mal.

Combien…

Vingt plus tard, on pose la question. Combien de personnes sont mortes des
suites de cette catastrophe ? Combien de personnes dans différents
pays ont été contaminées par la radioactivité ?
Point d’interrogation sur toute la ligne. On parle de 16 000 morts,
mais c’est probablement plus. Les « liquidateurs »,
ceux qui sont allés enfermer le réacteur dans un sarcophage de
béton sont pour la plupart morts. Après la catastrophe, et jusqu’en
1992, plus de 600 000 personnes ont travaillé sur le site pour le décontaminer.
Ils étaient très peu et très mal protégés.
Certains l’ont fait par héroïsme, d’autres pour l’argent
qui leur était promis. La plupart ne connaissaient pas les dangers auxquels
ils s’exposaient. Morts ou malades, ils ont reçu une médaille
qui représente une goutte de sang traversée par les rayons alpha,
bêta et gamma.

De victimes ?

Chiffres de décès par cancer, chiffres de mégawatts de
la puissance énergétique, chiffres de substances radioactives
répandues sur la planète entière. Les différents
organismes chargés d’établir ces chiffres ont des résultats
très différents selon pour qui ils travaillent. Quatre mois après
l’explosion de la centrale, lors d’une conférence à Vienne,
l’AIEA devait interpréter cet accident. Les représentants
soviétiques étaient présents : dans leur rapport, ils disent
que 44 000 personnes des régions touchées mourraient des suites
de cancers. Or, la conférence a conclu sur un chiffre dix fois inférieur.
De plus, le rapport soviétique a disparu de la circulation officielle !
Silence et secret ! Il faut dire que l’AIEA était chargée
de promouvoir l’énergie nucléaire.
Aujourd’hui encore, on évalue mal pas les dégâts
de Tchernobyl. En vies humaines ou en dégâts pour la nature ! Vingt
après, ne laissez pas les grands jouer avec des allumettes.

Nicolas Simon

P.S : Igor Kostine a été le premier photographe de presse à se
rendre là-bas.

 


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Vos commentaires

  • Christian (Liège, Belgique)

    Le 31 mai 2006 à 10:17

    J’ai vu un documentaire sur le Belarus encore fort touché par la radioactivité.Les gens sont très pauvres. Ils n’ont pas beaucoup d’aide des Occidentaux Occidentaux Etats-Unis, Canada et pays d’Europe de l’Ouest . Ils n’aiment pas quand des spécialistes étrangers vont analyser leur environnement. Car ils se sont habitués à boire du lait et à manger des champignons radioactifs ! Quand les spécialistes vont sur place, cela leur rappelle la catastrrophe et la contamination ! Ils sont mal ! Pour sortir de cette situation, il faudrait un développement du pays. Et puis, on ne fait pas beaucoup d’études très sérieuses sur les conséquences de Tchernobyl car on a toujours besoin du nucléaire et on ne veut pas trop parler des problèmes de santé après une catastrophe.

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