lundi 22 avril 2024

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Putain de guerre!

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On a surnommé la Guerre 14-18, la Grande guerre parce que jusque là, on n’avait jamais vu une guerre pareille. On a même parlé de guerre totale. Cette guerre s’est déroulée dans le monde entier : en Europe mais aussi en Asie, en Océanie et en Afrique. Et plus de 60 millions de soldats ont participé à cette guerre. Cette guerre a détruit plus que toute autre guerre avant elle. Une vraie boucherie organisée. Pendant les 4 ans de cette guerre, 9 millions de personnes sont mortes, 20 millions ont été blessées. Centenaire de la première guerre Le Musée des Beaux-Arts de Charleroi commémore à sa façon le centième anniversaire de la grande guerre. L’exposition organisée à cette occasion rassemble 40 oeuvres d’artistes et de journalistes. Des photos de presse, des tableaux, des sculptures, des assemblages montrent les dégâts de la guerre, de toutes les guerres. Le titre de l’exposition ? « Putain de guerre » comme le titre d’une bande dessinée(1) consacrée à la guerre 14-18. Comme la bande dessinée, l’exposition parle du prix que les hommes ont payé dans cette guerre. Car la guerre a un prix. Et pas seulement économique. Elle a surtout le prix que les hommes paient, certains étaient volontaires mais d’autres pas. De toute façon, c’est un prix de souffrance, de destruction, de mort, de mutilation du corps et de l’esprit. Un prix énorme de douleur. La BD «Putain de guerre» tarditome2.jpg Dans «Putain de guerre», Tardi raconte en deux volumes, la guerre 14-18. La bande dessinée commence avec des couleurs éclatantes. Les couleurs du costume d’un petit soldat français qui, en 1914, part pour une guerre qu’il croit pouvoir terminer bien vite et rentrer chez lui. « C’était nous, les petits soldats français, sous un soleil de plomb, les pieds dans les champs de blé, la tête au champ d’honneur, la peur au ventre et la merde au cul. » Mais au fil des années de guerre, ce n’est plus l’enthousiasme mais la réalité brutale de la guerre qui envahit les pages de la BD. L’ambiance devient de plus en plus grise, de plus en plus pesante. Comme la boue des tranchées où des hommes vivent, se battent, et meurent par milliers. La réalité devient aussi de plus en plus horrible, comme ces corps mutilés, ces gueules cassées… Au fil de la guerre, tout prend la couleur de la mort, de la boue et du sang. Pas seulement la guerre 14-18 Les œuvres de cette exposition ne parlent pas seulement de la guerre 14-18. Cette guerre, on l’avait appelée la Der des der. Elle n’a malheureusement pas été la dernière. Beaucoup des photos, des tableaux, des sculptures exposées évoquent d’autres guerres d’hier et d’aujourd’hui… Elle nous montre que toutes les guerres, très technologiques ou très « artisanales », ont au final, les mêmes résultats de destruction. Ainsi l’affiche de l’expo (2) nous montre la guerre en Syrie. Elle nous montre un rebelle syrien monté sur un cheval, arme au poing. Ses bottes sont tachées de sang. Il se dresse, seul au beau milieu d’un champ, prêt à aller au combat. Sa révolte semble dérisoire et pourtant son regard est déterminé… Ce cavalier guerrier est pourtant entouré d’oliviers, des arbres qui symbolisent la paix… Le contraste est fort. Le vidéaste espagnol Jose Noguero, lui, nous propose Ton. Cette vidéo montre une sculpture en plâtre qui se brise avec bruit sur le sol et se recompose aussitôt. La vidéo passe en boucle. Elle veut dire que la guerre détruit inutilement et quand on reconstruit, elle détruit à nouveau. C’est un cycle sans fin, une destruction et une reconstruction sans cesse recommencées. Il y a aussi cette photo de Massoud Hossaini qui a obtenu le prix Pulitzer en 2012. Une petite fille afghane en costume de fête y crie sa douleur et son impuissance au milieu de ses proches, juste après un attentat. Elle est seule, debout au milieu des morts et des blessés. Ces dégâts intimes L’expo nous parle aussi des dégâts intimes de la guerre. Des blessures du corps, bien cachées sous les vêtements. Ces blessures sont au centre du livre de photographies de Bryan Adams. Il y a enfin ces dégâts qu’on ne voit pas, ces ravages de l’âme au centre des photos de Nina Berman et du film documentaire « L’âme en sang » d’Olivier Morel. oliviermorel.jpg On découvre les souffrances psychologiques des vétérans. Et la solitude dans laquelle ils sont enfermés après les horreurs qu’ils ont vues ou faites. « Ce film, écrit Jonathon Leubner n’a pas montré le côté graphique, « gore », d’une explosion de bombe artisanale, mais au lieu de ça, (…) plongé dans l’après-coup sans hémoglobine des survivants.» De cette solitude, certains ne parviennent à s’échapper que par le suicide. Au fil de ces oeuvres, l’expo « Putain de guerre » montre que toutes les guerres ont toujours un résultat de destruction et de chaos. Et les hommes paient toujours un prix énorme dans une guerre : « Il n’y a pas de victoire; Il n’y a que des hommes et des drapeaux qui tombent. » (1) une bande dessinée de Tardi (2) photo de Giorgos Moutafis, un reporter et réalisateur grec.

L’exercice

exputainguerret.doc

Et sa correction

corexputainguerret.doc La RTBF interroge Jacques Cerami qui a conçu l’exposition cerami_1413552593.mp3 Le site officiel de l’âme en sang d’Olivier Morel Le film « L’âme en sang » d’Olivier Morel

Documents joints

Une réponse

  1. Putain de guerre!
    J’ai visité l’expo il y a quelques semaines, avec un groupe d’adultes en formation. Il y avait dans le groupe que j’encadrais une jeune femme afghane. Elle a été bouleversée par les images de guerre qui lui rappelaient trop de douleurs. Alors que dans les cours, elle n’en parle jamais.
    Du coup, les autres participants du groupe ont réalisé à côté de qui ils étaient. Et quels drames les réfugiés fuyaient parfois.
    Cela a changé des choses dans les relations. Cette visite, cette réaction ont fait plus que tous les discours pour faire progresser le vivre ensemble.

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