L’Europe a voté une décision historique pour le droit des femmes : les pays de l’Union pourront utiliser des fonds européens pour permettre aux femmes d’interrompre leur grossesse partout en Europe.
Dans l’Union européenne, les lois sur le droit à l’IVG sont très différentes d’un pays à l’autre. Dans 25 pays sur les 27, l’avortement est légal sans conditions. Sans conditions ? Pas tout à fait : dans plusieurs pays, c’est un parcours difficile pour les femmes qui veulent avorter. C’est en Pologne et à Malte que ce parcours est le plus difficile.
Voir l’infographie L’avortement en Europe
La pétition My voice, my choice (Ma voix, mon choix) a été déposée le 1er septembre 2025 auprès de la Commission européenne. La pétition demande “un avortement sans danger et accessible”. Elle a été lancée pour aider toutes les femmes européennes vivant dans des pays où il est encore compliqué d’avoir accès à l’avortement. Elle a réuni plus de 1 million de signatures.
Sur base de la pétition, la Commission européenne a décidé que chaque pays membre peut utiliser les fonds (l’argent) européens pour assurer un avortement sécurisé et abordable à toute femme qui en a besoin. 10 pays de l’Union ont participé et poussé dans le sens de cette décision. La Belgique n’a pas pris de position.
La belge Hadja Lahbib, la Commissaire européenne chargée des droits des femmes se réjouit de cette décision : une femme « pourra aller n’importe où dans l’Union Européenne pour avoir un avortement digne de ce nom … C’est révolutionnaire, ça va changer la vie des femmes»
Concrètement, une femme polonaise ou maltaise pourrait aller dans un des pays qui appliquent cette décision. Les frais de transport et de soins seraient totalement ou en partie pris en charge par le pays membre. Et le pays se fera rembourser par le Fonds social européen.
La décision est historique, oui ! Elle est aussi imparfaite et peu contraignante.
La loi est quand même imparfaite : il n’y a pas de financement propre de l’Union pour accueillir et prendre en charge les femmes dans le besoin. Comme il faudra puiser dans les financements qui existent, cela n’encouragera peut-être pas les pays à accueillir et aider les femmes.
Elle est peu contraignante. En effet, chaque pays membre est libre d’appliquer ou pas cette décision. Et les pays devront aller chercher l’argent dans les financements du fonds social européen qu’ils reçoivent déjà. Mais peut-être que cet argent était prévu pour d’autres projets. On peut se poser la question de savoir quels seront les pays qui appliqueront cette décision.
On peut dire que cette décision est une avancée importante pour les femmes européennes. Surtout pour les femmes qui vivent dans des pays où c’est difficile d’avoir accès à l’avortement. Par exemple, dans certains pays, l’avortement n’est pas remboursé par la sécurité sociale et c’est très cher. Cette décision donne donc de l’espoir entre autres aux femmes qui n’ont pas beaucoup de moyens financiers.

My Voice, My Choice est une initiative citoyenne européenne visant à garantir l’accès à un avortement sûr et accessible dans toute l’Europe