L’Union européenne a décidé de durcir encore plus sa politique contre les réfugiés sans-papiers. En Europe, environ 25 % des demandeurs d’asile refusés quittent l’Union européenne. L’Union veut tous les renvoyer…. Mais pas forcément chez eux.
Lorsqu’un réfugié arrive dans un pays de l’Union Européenne, il doit introduire une demande d’asile. La procédure est souvent assez longue. Certains demandeurs sont officiellement reconnus comme réfugiés. Ils peuvent rester et vivre dans le pays. D’autres n‘obtiennent pas ce statut. Ils reçoivent alors un « ordre de quitter le territoire ». Ils doivent partir.
Malgré cet ordre de quitter le territoire, certains choisissent de rester. Ils sont alors en situation illégale. En Belgique, comme dans beaucoup d’autres pays européens, on enferme ces réfugiés sans-papiers dans des centres fermés. L’Union européenne veut aller plus loin.
Le Parlement européen vient de voter pour autoriser les pays de l’Union européenne à créer des « hubs » de retour en dehors de l’Union. C’est quoi un « hub » ? C’est un mot anglais. En français, cela veut dire « plateforme », « centre ». Dans ce cas, le mot “hub” cache une réalité: une prison pour migrants.
Ces hubs seront construits en dehors de l’Union européenne. Cela pourra être dans un pays d’Afrique ou d’Asie… On y enfermera les immigrés qui n’ont pas de papiers. Cette loi permettra de renvoyer des personnes sans-papiers plus vite sans attendre l’autorisation du pays d’origine. C’est une victoire pour les partis de droite et d’extrême droite. Les ONG et les partis de gauche sont inquiets pour le respect des droits humains.
L’Italie déjà
L’Autriche, l’Allemagne et le Danemark sont preneurs. Ils pensent déjà aux pays dans lesquels ils pourraient créer ces hubs de retour : l’Ouganda, le Rwanda et l’Ouzbékistan. Les pays européens paieront pour construire ces centres et ensuite verseront annuellement une somme d’argent au pays qui « accueille » les sans-papiers. On risque de donner de l’argent à des pays qui ne respectent pas les droits humains. Cela se fait déjà dans certains pays européens.
En 2023, l’Italie a passé un accord avec l’Albanie pour ouvrir un hub (une prison) pour y enfermer des hommes arrêtés en mer par la marine italienne. Le projet coute environ 160 millions d’euros par an à l’Italie.
Quels droits humains pour les sans-papiers?
Les organisations de défense des droits humains sont très inquiètes et protestent contre ce projet européen. Les pays de l’Union européenne ont signé la Déclaration des droits humains. Dans cette déclaration, il est dit qu’il faut protéger les personnes en situation vulnérablefragile, précaire. C’est le cas des personnes sans-papiers. Pourtant, le projet de créer des “hubs” en dehors de l’Union européenne, ce n’est pas protéger ces personnes.
En fait, on ne renvoie même pas ces personnes dans leur pays d’origine. On les renvoie dans un pays qu’ils ne connaissent pas, dont ils ne comprennent pas la langue, et où les droits humains sont peu ou pas respectés.
Une fois dans ces prisons, est-ce qu’il y aura un contrôle ? Qui contrôlera que les personnes ne sont pas torturées, violentées ? Qui sera chargé de faire respecter les droits humains et le droit international ?
L’Europe copie les USAAbréviation de United States of America, en français États-Unis d’Amérique. ?
Alors, l’Union européenne veut-elle copier les USA? Aux Etats-Unis, les immigrés vénézuéliens sans papiers ou soupçonnés de crime sont arrêtés par la police de l’immigration. Ils sont arrêtés dans les rues, sur leur lieu de travail, dans les églises… Une fois arrêtés, ils sont envoyés au Salvador. Ils sont alors détenus dans des prisons où ils sont battus et torturés jusqu’à leur renvoi au Venezuela. C’est l’Amérique de Trump. C’est l’Amérique que beaucoup de dirigeants européens critiquent. Et pourtant, ils sont presque prêts à le faire dans l’Union européenne.
Les immigrés sans papiers sont chassés aussi dans certains pays de l’Union européenne. En Belgique par exemple, la loi sur les visites domiciliaires a été adoptée. C’est contraire au respect à la vie privée. Des élus de droite proposaient même des contrôles dans les transports pour traquer des migrants sans-papiers. Et maintenant, avec cette loi européenne, une fois “attrapés”, on pourra les envoyer dans un pays qu’ils ne connaissent pas et où ils seront emprisonnés…